Théâtre Saint-Denis

Théâtre Saint-Denis. Salle de 2380 places construite en 1915 à Montréal, sur la rue du même nom, au nord de la rue Sainte-Catherine. Inaugurée le 4 mars 1916, elle fut vouée d'abord au cinéma français et à la comédie de boulevard ainsi qu'à l'opérette.

Théâtre Saint-Denis

Théâtre Saint-Denis. Salle de 2380 places construite en 1915 à Montréal, sur la rue du même nom, au nord de la rue Sainte-Catherine. Inaugurée le 4 mars 1916, elle fut vouée d'abord au cinéma français et à la comédie de boulevard ainsi qu'à l'opérette. À partir de 1920, elle accueillit des noms célèbres comme le ténor Hipolito Lazaro, le violoniste Jascha Heifetz et, en 1921, l'orchestre de la Scala de Milan sous la direction de Toscanini, celui de Boston, direction Monteux avec Vincent d'Indy comme soliste et la troupe d'Antonio Scotti. En 1922, la San Carlo Opera Company y présenta cinq ouvrages dont Lohengrin, et, durant un mois, le Grand Opéra russe présenta un répertoire qui incluait Boris Godounov et Le Démon de Rubinstein. Outre des célébrités comme Emma Calvé, Alfred Cortot, Jacques Thibaud, Mischa Elman, Tita Ruffo et le barde breton Théodore Botrel, cette salle accueillit en 1923 le Choeur Mendelssohn de Toronto et fut le théâtre de la création de Jean le Précurseur de Couture. Casals s'y fit entendre en 1925 et un grand concert au profit d'Emma Albani fut présenté cette même année. Maurice Ravel y exécuta ses propres oeuvres en 1928.

Après plusieurs changements de propriétaire, le Saint-Denis fut acheté en 1925 par Joseph Cardinal qui le céda en 1933 à la compagnie France-Film dirigée par Alexandre De Sève. À cette époque, la salle était consacrée à peu près exclusivement au film français.

La Deuxième Guerre mondiale ayant interrompu la production cinématographique française, France-Film s'associa aux Festivals de Montréal pour une brève saison d'opéra avec des artistes du Metropolitan (1941), et poursuivit seule cette présentation annuelle jusqu'en 1945. En 1943, France-Film s'associa à Canadian Concerts & Artists pour organiser les Vendredis artistiques du Saint-Denis. Aux spectacles lyriques et chorégraphiques s'ajoutèrent récitals et concerts symphoniques avec l'Orchestre philharmonique de Montréal (direction Fitelberg, Horenstein, Kostelanetz, Kurtz, Maazel, Monteux, Pelletier, Stravinsky, avec les solistes Dorfman, Elman, Francescatti, Heifetz, Malcuzynski, Stern, etc.) et des orchestres invités, tels ceux de Detroit, Minneapolis, Pittsburgh et Toronto. On y présenta aussi des spectacles de music-hall (Gilbert Bécaud, Maurice Chevalier, Fernandel, Luis Mariano, Yves Montand, Tino Rossi, etc.) et, à partir de 1960, les premiers artistes d'Union soviétique à venir au Canada (Ashkenazy, Gilels, Kogan, Oistrakh père et fils, Richter, Vishnevskaya), ainsi que les orchestres d'État de Moscou et de Leningrad.

Les Festivals de Montréal occupèrent le théâtre pour leurs saisons (1955-57), y présentant notamment Le Nozze di Figaro et Don Giovanni. Suite à l'inauguration de la PDA en 1963, le Saint-Denis redevint une salle surtout consacrée au cinéma français. En 1972, une petite salle attenante fut construite. Les deux salles portent le nom de Saint-Denis 1 et 2. En 1977-78, d'importants travaux de modernisation ont fait du Saint-Denis 1 une salle de 2300 places équipée pour recevoir les grands spectacles de variétés et les récitals. L'agence Kébecspec y a présenté entre autres CANO, Chick Corea, Claude Dubois, Diane Dufresne, Raoul Duguay, Jean Lapointe, Paul Piché et Jean-Luc Ponty. Dans les années 1980, le théâtre Saint-Denis a été l'hôte des principaux spectacles de jazz présentés dans le cadre du FIJM. En 1989-90, d'autres travaux de rénovation ont transformé une fois de plus l'allure du théâtre. Le Saint-Denis 1, équipé entre autres d'une nouvelle régie de son et d'éclairage, dispose dorénavant de 2353 fauteuils tandis que le Saint-Denis 2, auquel on a ajouté un balcon, peut contenir 980 spectateurs.


Lecture supplémentaire

  • Bernatchez, Raymond. 'Le Saint-Denis redevient la salle la plus moderne de Montréal,' Montreal La Presse, 26 Apr 1990