France Théoret

France Théoret, poète, romancière et essayiste (née le 17 octobre 1942 à Montréal, au Québec).

France Théoret, poète, romancière et essayiste (née le 17 octobre 1942 à Montréal, au Québec). Professeure au cégep Ahuntsic de 1968 à 1987, elle obtient en 1977 une maîtrise de l'U. de Montréal pour un mémoire sur Claude Gauvreau, et en 1982 un doctorat de l'U. de Sherbrooke pour une thèse sur l'écriture. Figure de proue du féminisme québécois, France Théoret a participé au mouvement de la « nouvelle écriture » associé de près, dans les années 1970 et 1980, à la revue Les herbes rouges. Bloody Mary (1977), Une voix pour Odile (1978), Vertiges (1979), Nécessairement putain (1980), recueils de poèmes en prose et de courts récits, d'une écriture exigeante et emportée, témoignent de la souffrance collective des femmes, tout en explorant de façon très personnelle les profondeurs d'une subjectivité qui ne cesse d'interroger son passé, son identité, son corps et sa société. Depuis 1982, avec la publication d'un premier roman, Nous parlerons comme on écrit, elle privilégie la prose narrative sans abandonner la poésie: L'homme qui peignait Staline, récits, 1989; Journal pour mémoire, 1993; Laurence, roman, 1996; Une mouche au fond de l'il, poésie, 1998. Elle collabore à de nombreuses revues, dont La Barre du jour et cofonde la revue Spirale, dont elle assumera la direction de 1981 à 1985. En 1987, elle fait paraître un livre d'essais Entre raison et déraison. En 2004, France Théoret lance son roman les Apparatchiks vont à la mer noire, dont le récit tourne autour du mouvement stalinien qui sévissait à Montréal durant les années '70. En 2006, parait le roman Une belle éducation, qui vaut à l'auteur une renommée de romancière assurée. Situé au début du livre, dans le quartier Saint-Henri durant la fin des années '50, le récit s'attarde à un portrait de famille des plus éloquents. Alors que ce quartier était vu comme un quartier pauvre de Montréal, le père épicier, délaisse la grande ville et achète une auberge à la campagne. Toute la famille doit donc s'évertuer à la tâche pour tenir à flots l'auberge et ainsi survivre. De sacrifices devront être faits, en l'occurrence l'éducation de la narratrice, jeune fille déterminée, pour qui accéder aux études représente, à l'instar de plusieurs jeunes filles de l'époque, le seul moyen de s'en sortir.

En 2012, France Théoret se mérite le prix Athanase-David pour l'ensemble de son œuvre.