Tommy Douglas

Issu d’une famille religieuse, fière de sa condition ouvrière, il y puise les fondements autant de sa politique que de sa foi. Sa famille, arrivée au Canada en 1919, s’installe à Winnipeg, où il sera témoin de la GRÈVE GÉNÉRALE DE WINNIPEG la même année.

Douglas, Tommy
Tommy Douglas, sous un panneau d'affichage de la Co-operative Commonwealth Federation peu de temps après son élection, en compagnie de C.M. Fines et de Clarence Gillis (avec la permission de la Saskatchewan Archives Board).
Douglas, Tommy (1961)
Tommy Douglas, lors de son élection comme chef, au congrès pour le lancement du nouveau Parti démocratique, en 1961 (avec la permission du Bibliothèque et Archives Canada/C36222)
Thérèse Casgrain et Tommy Douglas, 1955

Éducation et ministère

Issu d’une famille religieuse, fière de sa condition ouvrière, il y puise les fondements autant de sa politique que de sa foi. Sa famille, arrivée au Canada en 1919, s’installe à Winnipeg, où il sera témoin de la GRÈVE GÉNÉRALE DE WINNIPEG la même année. Il quitte l’école à 14 ans et commence son apprentissage d’imprimeur. Il s’implique dans les activités de l’église et, en 1924, décide de devenir pasteur. Il fréquente le Collège Brandon pendant 6 ans. C’est là qu’il prend contact avec le MOUVEMENT SOCIAL GOSPEL et qu’il se rallie à cette croyance suivant laquelle le christianisme est avant tout une religion sociale, soucieuse de l’amélioration du monde autant que de la vie dans l’au-delà.

Quand il s’installe à Weyburn, en Saskatchewan, après son ordination en 1930, il découvre la souffrance dans cette province durement frappée par la crise économique et la sécheresse. Il s’engage rapidement dans un ministère sensible aux besoins matériels et spirituels des gens, en même temps qu’il poursuit ses études de morale chrétienne. Liées à son expérience de la CRISE DES ANNÉES 30, ces dernières l’amènent à la conclusion que la souffrance qu’il voit autour de lui doit passer par l’action politique. En 1931, il fonde l'association locale de l’Independent Labour Party et, deux ans plus tard, il assiste au premier congrès national de la nouvelle CO-OPERATIVE COMMONWEALTH FEDERATION (CCF), ouvertement socialiste.

Début de carrière politique

Il se présente aux élections de la Saskatchewan de 1934, sans succès. Des amis le convainquent alors de se présenter pour la CCF aux élections fédérales de 1935. Cette fois, il réussit, en partie parce qu’il a appris à exploiter un talent spécial, son aptitude à faire rire les gens. La Seconde Guerre mondiale le convainc davantage que l’option socialiste est valide. Bien qu’il ait entendu ressasser au Parlement l’argument selon lequel on ne pouvait trouver d’argent pour donner du travail aux gens, on en trouvera pour financer la guerre. Au cours de ses deux premiers mandats au Parlement, il se taille une réputation de débatteur habile et plein d’esprit. Il revendique les démunis et les exploités comme membres de sa circonscription et prend des positions impopulaires dans la défense des libertés civiles.

Premier ministre de la Saskatchewan

En 1944, il abandonne son siège fédéral pour faire campagne aux élections générales de la Saskatchewan. Premier ministre de la province au cours des 17 années suivantes, il devient le symbole des promesses du socialisme. Son gouvernement est novateur et efficace. Il est le premier à introduire des programmes que d’autres adopteront plus tard, notamment dans le domaine des services sociaux.

Pendant son mandat comme premier ministre, sa principale innovation est la mise en œuvre d’un régime de soins de santé universel. Le Saskatchewan Hospital Services Plan [Programme de service hospitalier de Saskatchewan] entre en vigueur en 1947. Il s’agit du premier régime d’assurance-maladie au Canada. Il pousse le gouvernement fédéral à créer un régime national qui aide à financer les services diagnostics et les services hospitaliers conjointement avec les provinces. Cependant, la Saskatchewan est encore la première à mettre en œuvre un système de soins de santé complet. Tommy Douglas joue un rôle moteur dans cette initiative, bien que la loi sur le régime de soins de santé universel en Saskatchewan ne soit adoptée qu'en 1961, lorsqu’il a quitté le pouvoir. En 1966, le gouvernement fédéral suit l’exemple de la Saskatchewan en adoptant la Loi sur les soins médicaux (voir politique en matière de santé).

Chef du Nouveau Parti démocratique

Tommy Douglas démissionne comme premier ministre en 1961 pour prendre la direction du NOUVEAU PARTI DÉMOCRATIQUE (NPD) fédéral, résultat d’une alliance formelle entre la CCF et les syndicats ouvriers. Le choix de Tommy Douglas va de soi pour le nouveau parti, surtout en raison de son succès en Saskatchewan et parce qu’il est universellement reconnu comme le porte-parole le plus éloquent de la gauche. Il peut inspirer et motiver les travailleurs du parti et expliquer le socialisme démocratique en termes moraux, éthiques et religieux.

Malgré toutes ces qualités, il est défait aux élections fédérales de 1962, en grande partie à cause de la réaction provoquée par la mise en place du régime d’assurance-maladie, qui a débouché sur une longue et féroce grève des médecins de la province (voir GRÈVE DES MÉDECINS DE LA SASKATCHEWAN). Élu lors d’une élection partielle, il demeure chef du NPD jusqu’en 1971, année où il devient critique du parti en matière d’énergie jusqu’à sa retraite en 1979. Il est nommé compagnon de l’Ordre du Canada en 1980.

Legs

Bien qu’il n’ait pas réalisé son rêve d’un Canada socialiste, Tommy Douglas et ses collègues ont eu une influence considérable sur le gouvernement. C’est lui et son parti qui entreprennent la lutte pour des programmes comme l’assurance-maladie, un régime de pension à l’échelle du Canada et le droit de négociation pour les fonctionnaires, des programmes aujourd’hui universellement reconnus au Canada.

Les oeuvres sélectionnées de
Tommy Douglas

Lecture supplémentaire

  • T.C. Douglas, The Making of a Socialist, ed, L.H. Thomas (1982); T.H. McLeod and I. McLeod, Tommy Douglas: The Road to Jerusalem (1987); Doris Shackleton, Tommy Douglas (1975).