Turp, André

André Turp. Ténor (Montréal, 20 décembre 1925 - 25 février 1991). Il étudia le chant avec Édouard Woolley et Frank H. Rowe, puis au CMM avec Ruzena Herlinger. Boursier du gouvernement du Québec en 1949, il se rendit en Italie étudier avec Hélène Vita.

Turp, André

André Turp. Ténor (Montréal, 20 décembre 1925 - 25 février 1991). Il étudia le chant avec Édouard Woolley et Frank H. Rowe, puis au CMM avec Ruzena Herlinger. Boursier du gouvernement du Québec en 1949, il se rendit en Italie étudier avec Hélène Vita. Il débuta à la scène en 1950, dans des rôles d'opérette avec les Variétés lyriques et participa à plusieurs émissions de la SRC. En 1956, il chanta les premiers rôles de Tosca, La Bohème et Roméo et Juliette à la Nouvelle-Orléans. Avec l'Opera Guild de Montréal, il chanta les rôles de Cavaradossi (Tosca, 1957), Fenton (Falstaff, 1958) et Macduff (Macbeth, 1959). La même année, il tint le rôle de Jason dans Medea de Cherubini, présenté par l'OSM. Peu après, il fit ses débuts à New York avec l'American Opera Society dans une version de concert de La Grande Duchesse de Gérolstein d'Offenbach (Fritz), opérette qu'il avait chantée à la télévision de la SRC en 1958. Le 5 février 1960, Turp fit ses débuts avec le Royal Opera, à Covent Garden, dans Lucia di Lammermoor (Edgardo), aux côtés de Joan Sutherland. Il resta attaché à ce théâtre durant plusieurs saisons, interprétant de nombreux rôles dont Turridu, des Grieux, Rodolfo, Pinkerton, Cavaradossi, Alfredo, Rinuccio (Gianni Schicchi), en plus d'oeuvres comme Iphigénie en Tauride (Gluck), Troilus and Cressida (Walton) et The Midsummer Marriage (Tippett). En 1961, il fut invité à Glyndebourne où il chanta notamment Elegy for Young Lovers (Henze).

À Paris, il participa à de nombreuses représentations à l'Opéra et à l'Opéra-Comique, reprenant ses rôles habituels ainsi que Louise et Werther. Il se produisit sur plusieurs scènes, en Suisse, au Portugal, en Espagne où, en 1963, le Teatro del Liceo de Barcelone lui décerna sa médaille d'or pour son interprétation de Werther, rôle qu'il a repris avec succès près de 500 fois en Europe et en Amérique. La critique reconnut en lui un chanteur à la voix « noble, ardente, au timbre glorieux d'un équilibre égal dans tous ses registres » (cité par Renée Maheux dans Le Devoir, Montréal, 12 avril 1976). À Montréal, il chanta Così fan tutte (Ferrando, 1962) puis L'Opéra d'Aran (Angelo) de Gilbert Bécaud (1965). En 1967, il tint le rôle titre des Contes d'Hoffmann avec la COC, à Toronto et à Montréal, rôle qu'il chantera au New York City Opera en 1973. Turp fut le partenaire de cantatrices comme Montserrat Caballé, Régine Crespin, Rita Gorr, Victoria de los Angeles et Beverly Sills. À la BBC, il chanta en 1972 le rôle titre de Don Carlos de Verdi, repris en français pour la première fois depuis un siècle, entouré des Canadiens Édith Tremblay, Émile Belcourt, Robert Savoie et Joseph Rouleau. En 1976, il fut membre fondateur du Mouvement d'action pour l'art lyrique du Québec. Il évoqua sa carrière à l'émission « Propos et confidences » à la télévision de la SRC (28 février, 7 et 14 mars 1978). En 1983, il chanta son dernier rôle, interprétant Macduff dans Macbeth à l'Opéra de Montréal. Il enseigna l'art vocal au CMM (1979-89) et fut juge aux concours internationaux de Toulouse et de Verviers.


Lecture supplémentaire

  • Nadeau, Monic. 'André Turp se vide le coeur au sujet de la piètre situation des chanteurs d'opéra du Québec,' Télé-Radiomonde, 9 Oct 1965

    Bergeron, Raymonde. 'La merveilleuse histoire d'André Turp, chanteur d'opéra,' Perspectives, vol 21, 6 Jan 1979

    Routhier, Jean-Luc and Moisan, Daniel. 'André Turp: "Quand on a le feu sacré, on peut tout faire!",' Aria, vol 4, Winter 1981-2

    Routhier, Claude. 'Mon ami André Turp,' Aria, vol 14, Summer 1991