Ulu

Un ulu est un outil de coupe propre à la culture matérielle inuite. Objet pratique, l’ulu revêt une grande importance dans les stratégies de subsistance traditionnelles, à savoir la chasse et la cueillette. Toutefois, l’ulu possède également une signification culturelle, en particulier pour les femmes, qui l’utilisent depuis longtemps pour couper la viande dans la préparation des repas et les peaux d’animaux dans la confection de vêtements. Aujourd’hui, les Inuits utilisent encore parfois les ulus pour la préparation d’aliments; d’autres reconnaissent surtout sa valeur traditionnelle.

Ulu
Ulu (Inuit knife), Western Arctic style.

Définition

Un ulu est un type de couteau utilisé chez les Inuits. (Voir aussi Peuples autochtones de l’Arctique au Canada.) En inuktitut, ulu (ᐅᓗ) signifie « couteau de femme », ce qui établit sans équivoque l’utilisation historique de cet outil par les femmes inuites. Les femmes utilisent les ulus pour différentes tâches domestiques, y compris la préparation des repas et la séparation des peaux d’animaux en préparation à la confection de vêtements. Certaines femmes inuites utilisent toujours aujourd’hui des ulus à ces fins. Tout au long de l’histoire, les hommes utilisent différents types de couteaux et d’outils à la chasse et à la pêche. Même si l’ulu conserve une signification traditionnelle en tant que couteau utilisé par les femmes, l’objet est aussi généralement considéré comme un élément important de la culture inuite au sens large.

Conception

Les ulus se caractérisent surtout par leurs lames minces en forme de croissant, très distinctives, fixées sur un manche robuste. Aujourd’hui, les lames d’ulu sont généralement faites d’acier et les manches, de bois. La longueur et la forme des lames et des manches varient d’une collectivité à l’autre.

À travers l’histoire, on fabrique les lames d’ulus à partir de différentes pierres (généralement, l’ardoise, le schiste ou le quartzite), tandis que les manches sont faits d’os, d’ivoire ou de bois. Les ulus anciens et contemporains varient légèrement du point de vue de leur forme physique et matérielle. Alors qu’il effectue des recherches dans la baie de Cumberland dans les années 1880, l’anthropologue Franz Boas note que les Inuits de l’île de Baffin emploient un adhésif à base d’argile, de poils de chien et de sang de phoque pour fixer les lames au manche de l’ulu. Dans les années 1890, certains Inuits de l’ouest utilisent du cuir brut, des fanons de baleine et des racines de pin pour coudre ensemble les lames et le manche au moyen d’un trou commun. Les Inuinnait (Inuits du cuivre) sont reconnus pour leur conception de lames en cuivre, un métal qu’ils extraient dans ce qui est aujourd’hui le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest.

Importance culturelle

Certains Inuits utilisent l’ulu, vestige d’un mode de vie traditionnel passé, afin de faire revivre certaines pratiques culturelles érodées par la colonisation. Rebecca Veevee, une cuisinière inuk, utilise par exemple principalement l’ulu dans son émission de cuisine Niqitsiat (Healthy Food), diffusée de 2009 à 2018 sur les ondes de la Inuit Broadcasting Corporation et du Réseau de télévision des peuples autochtones. Afin de promouvoir le maintien des traditions inuites dans le monde moderne, Rebecca Veevee encourage les cuisiniers invités à son émission à utiliser eux aussi l’ulu.

L’ulu revêt une signification toute spéciale pour les femmes inuites. Ainsi, une femme inuk pourrait utiliser le même ulu pendant de longues années, voire pendant toute sa vie d’adulte. L’objet comporte parfois des dessins et des gravures élaborés sur son manche, illustrant l’identité personnelle et culturelle de sa propriétaire. Shelia Watt-Cloutier, militante pour les droits inuits, note que lorsqu’une femme inuk meurt, son ulu conserve son énergie. Il s’agit donc d’un objet spirituel d’une grande puissance. (Voir aussi Droits des Autochtones au Canada.)

Aujourd’hui, les ulus sont également utilisés à des fins symboliques. Aux Jeux d’hiver de l’Arctique, on remet aux athlètes non pas des médailles, mais bien des ulus d’or, d’argent et de bronze. En 2009, un ulu cérémoniel est décerné aux premiers diplômés du programme de maîtrise en enseignement du Nunavut, offert conjointement par l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, le ministère de l’Éducation du Nunavut, l’Université St. Francis Xavier et le Collège de l’Arctique du Nunavut.


Les oeuvres sélectionnées de
Ulu

Guide pédagogique perspectives autochtones

Collection Inuit

Collection des peuples autochtones

Lecture supplémentaire

  • L. Frink, B. Hoffman and R. Shaw, “Ulu Knife Use in Western Alaska: A Comparative Ethnoarchaeological Study,” Current Anthropology Vol. 44 Iss. 1 (2003): 116-122.

  • Otis Mason, “The Ulu, or Woman’s Knife of the Eskimo,” Annual Report of the Board of Reagents of the Smithsonian Institution for the Year Ending (30 June 1890).

  • Mark Sutton, An Introduction to Native North America (2004).

Liens externes