Quartier chinois de Vancouver

Le quartier chinois de Vancouver possède un style architectural hybride distinctif, combinant l’architecture chinoise provinciale et les motifs occidentaux qui sont communs dans la région. Les rues principales du quartier chinois suivent le modèle de quadrillage traditionnel en Occident, tandis que la partie nord se distingue par ses cours intérieures, ses allées et ses façades qui donnent à la fois sur les rues et sur les ruelles.

Le quartier chinois de Vancouver est un lieu historique national. 1886, année de l’incorporation de la ville de Vancouver, voit aussi la naissance du quartier chinois au croisement des rues Carral et East Pender (alors la rue Dupont), comptant alors une modeste population de 90 résidents chinois. Dans les années 1890, le quartier chinois de Vancouver s’étend de la rue Carral à la rue Columbia. Son centre se situe présentement sur la rue Pender, entre la rue Taylor à l’ouest et l’avenue Gore à l’est. Les bâtiments du quartier possèdent un style architectural hybride distinctif, combinant l’architecture chinoise provinciale et les motifs occidentaux qui sont communs dans la région. Les rues principales du quartier chinois suivent le modèle de quadrillage traditionnel en Occident, tandis que la partie nord se distingue par ses cours intérieures, ses allées et ses façades qui donnent à la fois sur les rues et sur les ruelles.

Histoire

En 1905, le quartier chinois compte plusieurs nouveaux immeubles à appartements et boutiques, ainsi que deux nouvelles allées, baptisées Canton et Shanghai. Pendant ce temps, les établissements chinois se déplacent vers l’est sur la rue Dupont, de la rue Carral à l’avenue Westminster (renommée Main Street en 1910). C’est à cette époque que le quartier chinois de Vancouver surpasse celui de Victoria, devenant le plus grand quartier chinois du Canada. Les nouveaux sièges sociaux des associations sont conformes aux normes occidentales, mais incluent aussi des éléments typiques de quartiers chinois, tels que des balcons en alcôve et de longs escaliers raides. Les allées et les ruelles étroites aident aussi à définir l’identité architecturale du district.

La population du quartier chinois de Vancouver atteint son zénith dans les années 1920. En plus d’un hôpital, de deux théâtres chinois, d’une bibliothèque, de six écoles, ainsi que des sièges sociaux d’une multitude d’associations chinoises, le quartier compte aussi des édifices civiques d’importance tels que l’hôtel de ville, la bibliothèque municipale de Vancouver, ainsi que plusieurs banques.

La Loi de l’immigration chinoise, aussi appelée « Loi d’exclusion des Chinois », est adoptée par le Parlement canadien en 1923 et interdit l’immigration chinoise au Canada. Bien que l’immigration soit découragée en général, les immigrants chinois sont le seul groupe à se voir interdire explicitement d’immigrer au Canada. La loi a des effets dévastateurs sur la communauté florissante du quartier chinois : en 1941, la population du quartier avait diminué de moitié, ce qui mène à la démolition des immeubles d’appartements des deux côtés de la rue Canton en 1949. L’allée Canton est détruite, mais de nouveaux commerces chinois sont fondés sur Main Street et la rue Hastings. Les démolitions se poursuivent dans les années 1960, quand deux projets de développement municipaux détruisent la plupart des bâtiments du quartier chinois afin de les remplacer par de nouveaux immeubles à revenus.

Dans les années 1970, le quartier chinois se voit revitalisé par des investissements considérables provenant de Hong Kong, une nation en plein essor, grâce à l’adoption d’une politique de la porte ouverte avec la République populaire de Chine. Par conséquent, les années 1980 sont marquées par le lancement de nombreux projets entre Main Street et East Hastings visant l’embellissement du quartier et la préservation de son identité culturelle, tels que la création de signes de rue bilingues et l’installation de réverbères chinois traditionnels. De vieux bâtiments sont rénovés pour qu’ils puissent mieux servir la communauté, et de nouveaux projets architecturaux célébrant l’histoire du quartier sont achevés en 1986, particulièrement le jardin Sun Yat-sen. En 1987, l’arche chinoise de l’Expo 86 est installée devant le Chinese Cultural Centre, sur la rue Pender.

Édifices notables

Le Chinese Freemasons Building est acheté en 1907 par le Chi Kung Tong, une organisation fraternelle traditionnelle chinoise. En 1920, le Chi Kung Tong est renommé Chinese Freemasons afin d’associer l’organisation à la franc-maçonnerie européenne. Avec ses caractéristiques uniques unissant les styles chinois et occidentaux, le bâtiment convient parfaitement aux besoins du groupe. La façade donnant sur la rue Pender et tournée vers le quartier chinois possède les balcons renfoncés et les ferronneries associés au style chinois traditionnel. Le côté donnant sur la rue Carrall fait face à Gastown, un quartier en majorité caucasien, et présente donc une façade victorienne. Les francs-maçons chinois assistent fameusement le Dr Sun Yat-sen dans ses efforts visant à amener la démocratie en Chine. Ils vont même jusqu’à hypothéquer le bâtiment pour financer la révolution de 1911.

L’architecture souligne les contrastes entre les façades donnant sur les rues Pender et Carrall, la rue Carral étant à l’époque une avenue commerciale d’un genre alors considéré atypique et la rue Pender reflétant le style unique du quartier chinois. Quelques altérations notables sont commandées par le célèbre architecte vancouvérois Samuel Buttrey Birds en 1913. Les façades sont tout ce qu’il reste du bâtiment original, démoli en 1975. La décision de préserver les façades constitue la première mesure adoptée par la ville de Vancouver visant à préserver des parties du quartier chinois.

Le Chinese Cultural Centre a pour raison d’être la promotion de la culture et de l’héritage chinois en Colombie-Britannique. Son architecture incorpore des éléments chinois traditionnels, notamment l’orientation nord-sud, une cour intérieure, des colonnades extérieures et des balcons couverts, le tout marqué par des touches modernes, suivant les plans réalisés par James K. M. Cheng Architects et Romses Kwan & Associates. En 1998, le Museum and Archives Building, conçu par l’architecte vancouvérois Joe Wai, est ajouté au complexe. Le nouveau bâtiment comprend des motifs traditionnels tels que des avant-toits évasés, des fenêtres avec grilles et une charpente avec poteaux et poutres.

Le Sam Kee Building : Sam Kee est en fait un personnage fictif inventé par Chang Toy, l’associé principal de la Sam Kee Co. Fondée par Chang Toy en 1888, la Sam Kee Co. devient l’une des plus grandes maisons de négociation vancouvéroises de son époque. Le succès de son entreprise fait de Chang Toy l’un des hommes les plus riches du quartier chinois. Il fait ériger plusieurs bâtiments qui existent encore aujourd’hui, notamment le 1906 Empress Rooms au croisement de Pender et Richards, abritant aujourd’hui la librairie MacLeod’s Books.

La construction du bâtiment, en 1913, est un geste de défi. En effet, la ville avait démoli l’entrepôt épicerie de Chang Toy afin de pouvoir élargir la rue, ne lui laissant qu’une bande étroite de terrain. Il commande donc aux architectes Brown et Gilliam les plans d’un bâtiment mesurant 4 pi 11 po de largeur au premier étage. Ils conçoivent pour lui un bâtiment avec une charpente en acier et une série de baies vitrées visant à maximiser la largeur utile du deuxième étage. Le sous-sol est aussi long que le bâtiment et deux fois plus large, continuant sous le trottoir afin de doubler l’espace disponible, lui permettant autrefois d’abriter des bains publics. Le bâtiment détient présentement le record mondial Guinness du bâtiment commercial le plus étroit de la planète. Le bâtiment est rénové en 1986 par son propriétaire actuel, Jack Chow, et l’architecte Soren Rasmussen.