Walker, Corliss Powers

Corliss Powers Walker, C.P., directeur de théâtre et impresario (Poultney, Vermont, 19 sept. 1853 -- Winnipeg, 24 sept. 1942).
Corliss Powers Walker, C.P., directeur de théâtre et impresario (Poultney, Vermont, 19 sept. 1853 -- Winnipeg, 24 sept. 1942).


Walker, Corliss Powers

Corliss Powers Walker, C.P., directeur de théâtre et impresario (Poultney, Vermont, 19 sept. 1853 -- Winnipeg, 24 sept. 1942). Fils de Jason Walker, un pasteur épiscopalien qui déménage avec sa famille de la Nouvelle-Angleterre à Rochester (Minnesota) au début des années 1860, Walker reçoit une formation d'imprimeur. À Fargo, dans le Dakota du Nord, il fonde avec ses frères une imprimerie prospère qu'il administre jusqu'à ce qu'il se laisse attirer par la gestion de théâtre dans les années 1890.

En effet, au cours de ces années, Walker devient directeur du Fargo Opera House et acquiert des théâtres à Grafton et Grand Forks dans le Dakota du Nord, et à Crookston et Fergus Falls, au Minnesota. En 1897, il loue l'ancien théâtre Bijou à l'angle des rues Notre Dame et Adelaide à Winnipeg (Manitoba), le rénove et le nomme Winnipeg Theatre, puis il déménage à Winnipeg pour l'administrer personnellement. Le Winnipeg Theatre devient le théâtre le plus important de son petit circuit de théâtres de la vallée de la rivière Rouge (ou du Grenier de l'univers), situés le long du chemin de fer Northern Pacific de Fargo à Winnipeg. Ce circuit profite du système global de tournées mis sur pied à New York (1895) par le Theatre Syndicate nouvellement établi. Walker exploite le Winnipeg Theatre et les autres théâtres de son circuit douze mois par année.

Le marché constitué par cette chaîne de théâtres lui permet de se réserver tout le programme de spectacles du Syndicat pour la tournée de l'Ouest, ce qui lui assure le monopole des meilleurs spectacles présentant les grandes vedettes. Les spectacles de New York forment la majeure partie de sa programmation annuelle, que Walker complète avec des spectacles indépendants (ceux qui ne figurent pas explicitement sur la liste noire du bureau de New York), des compagnies à répertoire (Shakespeare, moderne et opéra), des spectacles de l'oncle Tom, des spectacles de minstrels, du théâtre d'amateurs, des comédies musicales d'auteurs locaux, des concertistes en tournée, des fanfares militaires et des orchestres symphoniques. En achetant d'autres théâtres dans l'Ouest canadien et en formant des alliances avec d'autres exploitants de petits circuits dans l'Ouest des États-Unis, Walker devient l'impresario des théâtres de tout le Nord-Ouest des États-Unis et du Canada dont, souvent, il finance et monte lui-même les productions.

Dans le sillage du désastreux incendie du Iroquois Theatre à Chicago en décembre 1903, le Service des incendies de Winnipeg tente de fermer, pour contravention aux règles de prévention des incendies, le Winnipeg Theatre installé à l'étage d'un bâtiment en bois. Walker résiste aux efforts visant à tuer son entreprise jusqu'à l'achèvement de la construction du Walker, un théâtre moderne, à charpente d'acier et à l'épreuve du feu, qu'il ouvre en 1907, à l'angle des rues Smith et Notre Dame (voirWALKER THEATRE; CONCEPTION DE THÉÂTRES JUSQU'EN 1950).

En 1910, Walker rompt avec le Syndicat et se joint à d'autres administrateurs de circuits dans le Nord-Ouest pour appuyer la lutte des Shubert Brothers contre les pratiques restrictives du monopole des théâtres. En 1911, le Syndicat capitule et permet à ses clients de réserver les Shubert Brothers et d'autres spectacles indépendants, rendant ainsi tous les plus grands spectacles itinérants disponibles partout. Walker renouvelle alors son contrat avec le Syndicat mais poursuit une politique de libre réservation.

Dans les années 1920, le déclin des compagnies américaines de théâtre itinérant pousse Walker à signer des contrats d'engagement prolongé avec de grandes compagnies à répertoire britanniques. Mais, au début des années 1930, le cinéma monopolise déjà les salles de théâtre, ce qui met fin aux tournées canadiennes de ces compagnies. Walker tente de lancer une compagnie à répertoire locale, mais l'entreprise échoue. En 1933, à l'âge de 80 ans, il ferme le Walker Theatre et se retire de l'administration théâtrale. En 1936, la Ville de Winnipeg saisit le bâtiment du Walker Theatre pour taxes impayées.


Lecture supplémentaire

  • Ruth Harvey, Curtain Time (1949); Reg Skene, "C.P. Walker and the Business of Theatre: Merchandising Entertainment in a Continental Context," in James Silver and Jeremy Hull, eds, The Political Economy of Manitoba(1990).