Gallois

Le pays de Galles (annexé à l'Angleterre par l'Acte d'union de 1536) a toujours été dans l'ombre de l'Angleterre, de l'Irlande et de l'Écosse.

Gallois patagoniens quittant l

Le pays de Galles (annexé à l'Angleterre par l'Acte d'union de 1536) a toujours été dans l'ombre de l'Angleterre, de l'Irlande et de l'Écosse. Un historien écrit que les Gallois, « exception faite de leur langue, n'avaient pratiquement aucun des attributs d'une nation, à part la conviction perverse et persistante qu'ils en étaient une ». La population du pays de Galles (moins de 3 millions d'habitants en 1988) s'est tournée vers l'émigration pour améliorer sa situation.

En ne tenant aucun compte du voyage improbable de Madoc (le prince gallois quasi historique qui aurait découvert l'Amérique du Nord vers 1170), mais en acceptant la probabilité que les Gallois aient navigué avec Jean CABOT à partir de Bristol, lors de son voyage épique de 1497, on peut admettre qu'il existe un lien vieux de 500 ans unissant les Gallois à Terre-Neuve et à l'île du Cap-Breton. Selon un autre point de vue non attesté, le navigateur gallois John Lloyd (John l'Habile) aurait atteint la baie d'Hudson dès 1475. En 1612, sir Thomas BUTTON, un officier naval gallois qui commande l'HMS Resolution, recherche en vain le PASSAGE DU NORD-OUEST et l'explorateur Henry HUDSON. Sir William VAUGHAN, un ardent défenseur de l'expansion coloniale, fonde une colonie galloise dans la partie sud de la péninsule d'Avalon en 1617. En dépit de l'échec de cette entreprise, Vaughan écrit deux livres pour promouvoir Terre-Neuve. Il s'agit des livres les plus anciens portant sur l'Amérique du Nord anglaise. En 1759, pendant le siège de Québec, un certain major Gwillim sert sous les ordres du général James WOLFE. Sa fille (Elizabeth SIMCOE) épouse plus tard le premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada. L'explorateur David THOMPSON, bien qu'il soit Anglais, a des ancêtres gallois. Au début du XVIIIe siècle, Bartholomew ROBERTS, pirate puritain et esclavagiste gallois, hante les eaux territoriales de la côte Est, tandis que la population acadienne instable de la Nouvelle-Écosse fait l'expérience de l'autorité britannique avec un gouverneur sincère et pragmatique, Richard PHILIPPS.

Migration et peuplement

Les Gallois qui servent dans les forces britanniques en Amérique du Nord britannique, pendant la GUERRE DE L'INDÉPENDANCE AMÉRICAINE, la GUERRE DE 1812 et des RÉBELLIONS DE 1837, restent. Ils peuplent une région précise le long du lac Érié, laquelle absorbe les immigrants des XVIIIe et XIXe siècles. En 1862, la ruée vers l'or de la région de Cariboo (Colombie-Britannique) entraîne une deuxième vague d'immigration. Les chiffres de l'immigration galloise sont plus détaillés pour le XXe siècle et, comme dans le cas de leurs cousins ANGLAIS, IRLANDAIS et ÉCOSSAIS, ils reflètent le flux et le reflux des récessions économiques et des tensions internationales. Après la visite de David Lloyd George, en 1899, l'Ouest du Canada a la réputation d'être prometteur pour les nouveaux arrivants. En 1902, une troisième vague d'immigrants, les « Gallois de Patagonie » (appelés ainsi parce qu'ils fondent une colonie en Argentine où ils restent 35 ans), sont relocalisés en Saskatchewan. Le record absolu de l'immigration galloise date de 1906, à l'arrivée de 5018 colons. L'immigration s'accroît après la Première Guerre mondiale, et à nouveau de 1926 à 1929. Elle est également importante en 1946 (1 294), ainsi qu'après la crise du canal de Suez, en 1957 (2 629). Globalement, entre 1900 et 1950, plus de 50 000 Gallois sont venus au Canada.

Depuis 1960, l'immigration galloise est demeurée faible mais constante, représentant un mince pourcentage de l'immigration britannique. Dans le recensement de 1961, 143 942 personnes se disent d'ascendance galloise. En 1971, ces chiffres baissent à 74 415, peut-être parce que beaucoup de Gallois d'origine sont inscrits comme étant anglais. En 1981, il n'y a plus que 46 620 personnes (0,2 p. 100) qui se disent d'ascendance galloise. Les Gallois ne sont pas enregistrés séparément dans le recensement de 1986, mais celui de 1991 estime leur nombre à 28 190 (réponse unique). Le recensement de 2006 dénombre 27 115 Gallois (réponse unique) et 413 855 autres personnes ayant une certaine ascendance galloise (réponse multiple). C'est en Ontario (182 825) que les Gallois s'avèrent les plus nombreux. Viennent ensuite dans l'ordre la Colombie-Britannique (104 275), l'Alberta (76 115), le Manitoba (16 945), la Saskatchewan (16 640), la Nouvelle-Écosse (16 970), le Québec, (9815), le Nouveau-Brunswick (9970), Terre-Neuve (3385), l'Île-du-Prince-Édouard (2250), le Yukon (925), les Territoires du Nord-Ouest (735), et le Nunavut (110). Si les Gallois se sont un tant soit peu regroupés, c'est dans les régions minières de l'Ontario, de la Colombie-Britannique, de l'Alberta et des Maritimes. Leur présence est attestée par des toponymes comme Newport et Pontypool (Ontario), Cardiff (Alberta) et Bangor (Saskatchewan).

Religion et langue

La religion (le MÉTHODISME et le presbytérianisme) et la langue ont de l'importance pour les premiers colons gallois. Certaines communautés s'organisent autour d'un petit groupe et d'un prédicateur de langue galloise. Cependant, ces caractéristiques se maintiennent rarement passé la deuxième génération. La plupart des activités culturelles galloises ont lieu dans la communauté locale. Il n'y a pas de société nationale vouée à la conservation de la culture galloise. Cependant, les Gallois gardent certains de leurs organismes culturels et de leurs festivals historiques. La plupart des villes canadiennes ont une société Saint-David (du nom du saint patron du pays de Galles) et quelques-unes ont des chorales galloises, dont Montréal, Ottawa, Toronto et Edmonton. Les Canadiens d'origine galloise célèbrent la Saint-David, le 1er mars, ainsi que les festivals traditionnels du Gymanfa Ganu et de l'eisteddfod, qui sont consacrés à la musique, à la chanson et à la poésie.

La contribution des Gallois au développement du Canada est impressionnante. Parmi les Gallois et les Canadiens d'origine galloise qui marquent le Canada d'hier et d'aujourd'hui, citons les missionnaires Peter JONES et James EVANS; l'artiste Robert HARRIS; les scientifiques Stanley J. HUGHES et George L. PICKARD; le philosophe George S. BRETT; les écrivains sir Charles G.D. ROBERTS et Robertson DAVIES; l'administrateur Leonard W. BROCKINGTON; l'athlète Diane JONES KONIHOWSKI et le dessinateur Yardley Jones.


Lecture supplémentaire

  • Association of Family History Societies of Wales, Welsh Family History: A Guide to Research (1993); Calgary Welsh Society, Welsh Heritage in Calgary, 1906-1983 (1983); C. Bennett, In Search of the Red Dragon: The Welsh in Canada (1985); P. Thomas, Strangers from a Secret Land (1986).

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