Histoire des travailleurs du Canada anglais

​La plupart des Canadiens adultes gagnent leur vie en touchant des salaires et des traitements, et partagent donc les conditions de dépendance liée à l’emploi qui définissent la « classe ouvrière ». En règle générale, moins du tiers des employés canadiens sont syndiqués, mais qu’ils le soient ou non, leurs difficultés et leurs victoires jouent un rôle déterminant dans le développement du pays.

XIXe siècle

La classe ouvrière se constitue dans le Canada anglais du XIXe siècle sous l’effet de l’expansion du capitalisme industriel dans l’Amérique du Nord britannique. À l’époque, beaucoup de Canadiens, pour assurer leur subsistance, sont fermiers, pêcheurs ou artisans indépendants, et toute leur famille participe à la production des biens (voir Histoire de l’enfance). L’écart croissant entre riches et pauvres à la campagne, l’essor des industries primaires (voir Utilisation des ressources), la construction de canaux et de chemins de fer, la croissance des villes et de l’industrie de fabrication, voilà autant de facteurs qui expliquent l’émergence d’une nouvelle main-d’œuvre dont les relations avec les employeurs sont tributaires d’un marché du travail capitaliste où la participation des femmes et des enfants est moins grande qu’auparavant.

Les villes fermées (qui dépendent de la production d’une seule ressource, le charbon, par exemple) apparaissent durant la période coloniale et fournissent aux entreprises un réservoir de main-d’œuvre qualifiée tout en assurant aux travailleurs une certaine stabilité. Pour répondre aux actes de violence, les entreprises prennent diverses mesures pouvant aller de la fermeture du magasin général dont elles sont propriétaires au recours à la milice. Le travail domestique (servantes, ménagères, etc.) constitue alors le principal emploi salarié pour les femmes.

Le travail des enfants (voir Travail des enfants) atteint son sommet vers la fin du XIXe et le début du XXe siècle, et son ampleur est accrue par l’arrivée d’enfants immigrants envoyés de Grande-Bretagne par diverses sociétés d’aide à l’enfance. Les travailleurs sont souvent exploités de façon cruelle; leur sécurité d’emploi et l’aide qu’ils peuvent recevoir en cas de maladie, de blessures ou de décès sont pratiquement nulles.

Pendant la majeure partie du XIXe siècle, les syndicats sont habituellement de petites organisations locales et sont souvent illégaux. C’est ainsi qu’en 1816, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse interdit aux travailleurs de négocier de meilleurs horaires ou des hausses de salaire sous peine d’emprisonnement. Les travailleurs, qu’ils soient syndiqués ou non, ne protestent pas moins, et parfois violemment, contre leurs conditions de travail. Des grèves violentes et de grande ampleur éclatent dans les années 1840 sur les chantiers du canal Welland et du canal de Lachine. Malgré l’hostilité ambiante, des syndicats locaux sont solidement établis avant la fin des années 1850 dans beaucoup de centres urbains (et représentent des travailleurs d’origines linguistiques diverses, y compris les minorités francophones du Canada anglais), surtout chez les ouvriers qualifiés comme les typographes, les fabricants de chaussures, les fondeurs, les tailleurs, les tonneliers et les boulangers.

Montée des syndicats

Le mouvement ouvrier gagne en cohésion lorsque les syndicats créent des assemblées locales et nouent des liens avec les syndicats britanniques et américains des mêmes métiers. En 1872, les travailleurs des centres industriels de l’Ontario et de Montréal appuient massivement le Mouvement pour une journée de travail de neuf heures, qui cherche à ramener de 12 à 9 heures la journée de travail. Leurs meneurs sont James Ryan, à Hamilton, John Hewitt, à Toronto, et James Black, à Montréal. Les typographes de Toronto font la grève contre leur employeur, George Brown, tandis qu’à Hamilton, 1500 travailleurs paradent dans les rues le 15 mai 1872.

L’Union ouvrière canadienne, au nom ambitieux, se constitue en 1873 et représente surtout les syndicats du Sud de l’Ontario. En 1883 lui succède le Congrès des métiers et du travail du Canada (CMT), qui servira longtemps de porte-parole aux travailleurs du pays. En Nouvelle-Écosse, la Provincial Worksmen’s Association (1879) se fait le porte-parole des mineurs d’abord, puis d’autres travailleurs des Maritimes.

La plus importante organisation de l’époque est celle des Chevaliers du Travail, qui organise plus de 450 assemblées comptant plus de 20 000 membres partout au pays. Ils forment un syndicat industriel (voir Syndicalisme industriel) qui rassemble les travailleurs sans égard au métier, au sexe ou à la race (l’exclusion des Chinois est l’unique exception). Particulièrement forts en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique, les Chevaliers du travail sont des partisans convaincus de la démocratie économique et sociale, et critiquent souvent la société capitaliste industrielle qui se développe. Parmi leurs dirigeants les plus illustres, citons A. W. Wright, Thomas Phillips Thompson et Daniel J. O’Donoghue.

Vers la fin du XIXe siècle, l’importance de la « question ouvrière » est reconnue. La grève des typographes de Toronto, en 1872, amène le premier ministre du Canada, sir John A. Macdonald, à déposer la Loi des unions ouvrières, qui établit qu’il ne faut pas considérer les syndicats comme des conspirations illégales. Le rapport que publie en 1889 la Commission royale sur les relations entre le capital et le travail démontre les profondes répercussions de l’industrialisation au Canada, et les commissaires appuient fermement les syndicats comme mode valable d’organisation des travailleurs. Un autre signe de cette reconnaissance a lieu en 1894 lorsque le gouvernement fédéral institue la fête du Travail, jour férié national fixé au premier lundi de septembre.

Croissance de la classe ouvrière

Le renforcement du capitalisme canadien au début du XXe siècle accélère la croissance de la classe ouvrière. Venus des campagnes, et de Grande-Bretagne et d’Europe, des centaines de milliers de gens affluent vers les centres urbains et les chantiers des régions pionnières du pays (voir Hommes de chantiers). La plupart des travailleurs restent pauvres, devant peiner quotidiennement pour s’assurer de quoi manger, se vêtir et se loger. Dans les années 1920, la plupart ne sont pas dans une meilleure situation financière que leurs prédécesseurs.

Il n’est donc pas étonnant que la majorité des grèves portent sur les salaires, mais elles servent aussi à protester contre les conditions de travail, des contremaîtres impopulaires et de nouveaux règlements, et à défendre des collègues licenciés. Les travailleurs qualifiés craignent particulièrement que l’avènement de nouvelles machines et de nouvelles conceptions de la gestion d’entreprise ne les prive de certains aspects traditionnels de leur autorité sur les lieux de travail.

Divisions syndicales

L’augmentation du nombre de leurs membres n’empêche pas l’apparition de dissensions entre les syndicats, ce qui réduit leur efficacité. Les plus agressifs sont les syndicats de métier, qui n’admettent habituellement que les travailleurs les plus qualifiés. Les syndicats industriels sont moins courants, même si certains, comme les Travailleurs unis de la mine, sont importants. La Fédération américaine du travail unifie les syndicats de métier américains et, par l’entremise de l’organisateur canadien John Flett, accrédite plus de 700 syndicats locaux au Canada entre 1898 et 1902; la plupart d’entre eux sont affiliés au Congrès des métiers et du travail (CMT). Lors des assemblées du CMT en 1902, les syndicats de métiers de la AFL votent l’exclusion de tous les syndicats canadiens, y compris les Chevaliers du travail, qui sont en conflit de juridiction avec les syndicats américains. Cette démarche creuse le fossé entre les syndicats au Canada.

Ministère du Travail

Les attitudes des gouvernements n’aident pas non plus la cause des syndicats. Ceux-ci sont certes légaux, mais la loi leur accorde peu de droits. Les employeurs peuvent licencier à volonté les syndiqués, et la loi ne les oblige pas à reconnaître un syndicat choisi par leurs employés. En cas de grève, ces employeurs peuvent demander au gouvernement de faire intervenir l’armée et la milice pour rétablir l’ordre, ce qui se produit effectivement plus de 30 fois avant 1914 (voir Grève des manutentionnaires de Fort William).

Avec la création du ministère du Travail, en 1900, le gouvernement fédéral s’implique progressivement dans le règlement des conflits de travail. La Loi sur les enquêtes en matière des différends industriels (1907), conçue par William Lyon Mackenzie King, exige que certains groupes importants de travailleurs, tels que les mineurs et les cheminots, passent par une période de conciliation avant d’entamer une grève « légale ». Comme les employeurs restent libres d’ignorer les syndicats, de licencier des employés, d’embaucher des briseurs de grève et de quérir l’aide des militaires, les syndicats finissent par s’opposer à cette loi.

Militantisme

Une des étapes les plus marquantes du mouvement ouvrier d’avant 1914 est l’apparition du syndicalisme industriel révolutionnaire, un mouvement international prônant le rassemblement de tous les travailleurs en un seul organisme syndical en vue de renverser le système capitaliste et de redonner aux travailleurs le contrôle de la vie politique et économique. Les Industrial Workers of the World (IWW), association fondée en 1905 à Chicago, gagnent rapidement l’appui de travailleurs de l’Ouest du Canada, tels que les pêcheurs, les bûcherons et les cheminots. En 1912, les Wobblies font la manchette partout au pays lors de la grève menée par 7000 cheminots immigrants maltraités contre le Canadian Northern Railway dans le canyon du Fraser. Une série de facteurs, y compris son interdiction par le gouvernement, accélère la disparition de ce mouvement durant la guerre.

La Première Guerre mondiale exerce une influence profonde sur le mouvement ouvrier. Alors que les travailleurs portent le poids de l’effort de guerre au pays et versent leur sang sur les champs de bataille, beaucoup d’employeurs connaissent la prospérité. Les travailleurs sont exclus de la planification du temps de guerre, et protestent contre la conscription et autres mesures de guerre. De nombreux travailleurs s’affilient pour la première fois aux syndicats, dont les effectifs se gonflent pour atteindre 378 000 personnes en 1919. Avec la fin de la guerre, les grèves se multiplient partout au pays; en 1919, on en compte plus de 400, dont la plupart sont en Ontario et au Québec.

Trois grèves générales sont aussi déclenchées cette année-là, soit à Amherst (Nouvelle-Écosse), à Toronto et à Winnipeg. L’arrestation des dirigeants de la grève de Winnipeg et la répression violente des grévistes montrent que dans le cas d’un conflit de travail de cette envergure, le gouvernement ne reste pas neutre (voir Grève générale de Winnipeg). C’est aussi en 1919 qu’est fondée à Calgary la One Big Union (OBU), syndicat radical né des cendres des IWW, qui ne tarde pas à revendiquer l’affiliation de 50 000 membres provenant des secteurs de la forêt, des mines, des transports et de la construction.

Parti communiste du Canada n’empêchent pas le mouvement ouvrier de reculer durant les années 1920, à l’exception des mineurs de charbon et des sidérurgistes de l’île du Cap-Breton, qui, sous l’impulsion de J. B. McLachlan, se rebellent à plusieurs reprises contre une des entreprises les plus importantes du pays (voir Grèves au Cap-Breton dans les années 1920).

Crise des années 1930

Les années 1930 marquent un tournant décisif pour les travailleurs. Le chômage constitue le principal problème de la décennie. Au plus fort de la Crise des années 1930, plus d’un million de Canadiens sont sans travail, soit près de 25 %. L’aide d’urgence s’avère inadéquate et est souvent dispensée dans des conditions humiliantes (voir Camps de secours pour les chômeurs). Les associations de chômeurs se battent contre les mises à pied et recueillent des appuis en faveur de l’assurance-chômage, qui sera finalement instaurée en 1940.

Une des protestations les plus spectaculaires est la Marche sur Ottawa de 1935, dirigée par un ancien Wobbly, Arthur « Slim » Evans, un organisateur de l’Association nationale des travailleurs en chômage. La Crise vient de démontrer la nécessité pour les travailleurs de s’organiser, de sorte qu’en 1949, les syndicats comptent plus d’un million de membres. L’essor des organisations syndicales vient en bonne partie des nouvelles industries de production de masse dont les travailleurs n’intéressent pas les syndicats de métiers : caoutchouc, électricité, sidérurgie, automobile et emballage.

Dans nombre de ces industries, la ligue pour l’unité ouvrière (1929-1936) d’obédience communiste a déjà fait un travail de pionnier en faveur du syndicalisme industriel. La grève d’Oshawa (du 8 au 23 août 1937), qui voit 40 000 travailleurs affronter la General Motors, est l’une de celles qui contribuent le plus à asseoir le nouveau syndicalisme industriel au Canada. Beaucoup de ces nouveaux syndicats, reliés au Congrès des organisations industrielles des États-Unis, sont exclus du CMT et forment alors le Congrès canadien du travail(CCT) en 1940.

Deuxième Guerre mondiale

Vers le début de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement fédéral cherche à bâillonner les syndicats par des contrôles des prix et des restrictions au droit de grève (voir Commission des prix et du commerce en temps de guerre et Conseil national du travail en temps de guerre), mais beaucoup de travailleurs refusent d’attendre la fin des hostilités pour obtenir de meilleurs salaires et la reconnaissance syndicale. Des grèves comme celle des ouvriers des mines d’or de Kirkland Lake, en 1941, convainquent le gouvernement de changer de politique. En janvier 1944, le décret en conseil CP 1003, adopté d’urgence, protège le droit des travailleurs à se syndiquer et oblige les employeurs à reconnaître les syndicats choisis par leurs employés. Cette réforme longtemps attendue devient, après la guerre, la pierre angulaire des relations industriellesau Canada et s’exprime dans la Loi sur les relations industrielles et sur les enquêtes visant les différends du travail (1948) et dans des mesures législatives provinciales.

Au lendemain de la guerre, une vague de grèves balaie le pays. Les travailleurs font des gains importants en salaires et en heures de travail, et beaucoup de conventions collectives comportent des procédures de grief et des innovations comme les congés payés. Quelques grèves d’envergure nationale cherchent à contester les disparités régionales des salaires. La grève aux usines Ford de Windsor, en Ontario (du 12 septembre au 29 décembre 1945), commence par le débrayage de 17 000 travailleurs. Cette grève longue et acerbe donne lieu à la décision historique du juge Ivan C. Rand, qui accorde la retenue obligatoire des cotisations syndicales (voir Formule Rand, Grève de Windsor). Cette retenue contribue à assurer aux syndicats la sécurité financière, même si certains affichent leur crainte de voir s’installer ainsi la bureaucratie dans les syndicats.

Vers la fin de la guerre, les travailleurs sont plus politisés qu’autrefois. Le mouvement ouvrier apparaît sur la scène politique en 1872, lorsque le premier travailleur (Henry Buckingham Witton, de Hamilton) est élu au Parlement comme député conservateur, comme le sera aussi en 1888 A. T. Lépine, un dirigeant des Chevaliers du travail à Montréal. En 1874, le typographe d’Ottawa D. J. O’Donoghue est élu à l’Assemblée législative de l’Ontario comme candidat travailliste indépendant. Les candidats et les partis travaillistes obtiennent souvent l’appui des syndicats locaux. En 1900, A. W. Puttee, un des fondateurs du Parti travailliste, et Ralph Smith, président du CMT, sont élus au Parlement. Le Parti socialiste du Canada a l’appui des éléments radicaux, et fait élire quelques députés en Alberta et en Colombie-Britannique.

Les nouveaux droits des travailleurs et l’avènement de l’État providence sont les deux conquêtes décisives des années 1930 et 1940, assurant aux classes laborieuses du Canada une protection contre les grands revers économiques. La position du mouvement ouvrier dans la société se renforce par la formation du Congrès du Travail du Canada(CTC, 1956), qui allie la Fédération américaine du travail et le Congrès canadien du travail tout en absorbant la OBU. Le CTC joue un rôle actif dans la création du Nouveau Parti démocratique. L’apparition de centrales syndicales (voir Centrales syndicales nationales) rivales telles que la Confédération des syndicats canadiens, en 1975) et la Fédération canadienne du travail (1982) ne l’empêche pas de continuer à représenter plus de 60 % des syndiqués.

Secteur public

En raison de la croissance continue de l’emploi dans le secteur public pendant cette période, un salarié sur cinq est à l’emploi de l’État dans les années 1970. À l’exception de la Saskatchewan, qui accorde des droits syndicaux à ses employés en 1944, il faut attendre la grève nationale illégale des postiers (voir Grèves des postes) pour que les employés du secteur public obtiennent au milieu des années 1960 des droits de négociation collective semblables à ceux des autres salariés. En 1996, trois des six syndicats les plus importants du Canada sont des syndicats de la fonction publique, et leur essor renforce encore la prédominance au Canada des syndicats d’origine canadienne par rapport à ceux d’origine américaine. Plusieurs gros syndicats industriels, parmi lesquels les Travailleurs canadiens de l’automobile, renforcent cette tendance en se séparant de leurs homologues américains.

L’augmentation du nombre de femmes au travail représente un autre changement important. En 2012, les femmes âgées de 15 ans et plus forment plus de 62 % de la population active et plus de 32 % des effectifs syndicaux. Ce changement se traduit par la plus grande place que prennent les dirigeantes syndicales, et par l’attention portée aux questions des congés de maternité, de la garde des enfants, du harcèlement sexuel et de la rémunération égale pour un travail de valeur égale.

Malgré les conquêtes du mouvement syndical, les sources de conflits de travail n’ont pas disparu. Des employeurs résolus sont en mesure de s’opposer aux syndicats en embauchant des briseurs de grève et en refusant de signer une première convention collective. Les travailleurs n’ont pas plus d’influence directe qu’autrefois sur les décisions d’investissement dont dépend la répartition de l’activité économique dans le pays. Les conventions collectives attachent certes plus d’importance aux questions de santé, de sécurité et de changements technologiques, mais le droit des employeurs de gérer leurs biens l’emporte toujours sur le droit de regard que réclament les travailleurs sur les conditions et la finalité de leur travail.

Intervention publique

Les gouvernements interviennent souvent de manière à restreindre les droits des syndicats. Il leur arrive, comme dans le cas de la grève des bûcherons de Terre-Neuve, de 1959, de mettre certains syndicats hors la loi. Depuis les années 1960 et 1970, ils imposent de plus en plus souvent des règlements par voie législative, surtout lorsqu’ils sont en conflit avec leurs propres employés. En 2013, les syndicats de la fonction publique du Canada sont en débat animé avec le gouvernement Conservateur au sujet de législations fédérales qui proposent des changements en profondeur aux lois en matière de travail et à la négociation collective. S’il est adopté, ce projet de loi mettrait les fonctionnaires fédéraux sur un pied d’égalité avec les travailleurs du secteur privé en ce qui concerne leurs droits et protections. Il donnerait aussi au gouvernement le droit exclusif de déterminer les services essentiels et limiterait l’emploi de l`arbitrage pour régler les différends.

Malgré les politiques de l’État providence, beaucoup de travailleurs continuent de souffrir de l’insécurité économique et de la pauvreté. Le marché du travail capitaliste ne réussit pas à garantir le plein emploi aux travailleurs canadiens, de sorte que depuis les années 1980, les statistiques en comptent régulièrement plus d’un million en chômage. La plupart des travailleurs d’aujourd’hui sont menacés par la mondialisation de l’économie et les nouvelles stratégies des employeurs cherchant à réduire leurs frais de personnel. La récession globale, qui commence à toucher le Canada en 2008, mène également à des changements dans la sécurité du travail, dans les possibilités d’emploi et dans l’administration des prestations d’assurance-emploi.


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