Peuplement

Peuplement autochtone

Yellowknife est située sur le territoire des Plats-Côtés-de-Chien, et la Première Nation Déné occupait historiquement les terres entre le Grand Lac des Esclaves et le Grand lac de l’Ours. Les Plats-Côtés-de-Chien étaient nomades, et le caribou leur servait de source de nourriture et d’étoffe pour fabriquer des vêtements, des abris et des outils. Cette nation vivait en petits groupes, mais elle se réunissait souvent en plus grands groupes à l’occasion des chasses au caribou printanières et automnales.

Peuplement européen

Il semble que Peter Pond, marchand de fourrure pour la Compagnie du Nord-Ouest, ait été la première personne non autochtone à se rendre à Yellowknife, possiblement en 1785 et presque certainement deux ans plus tard. La baie de Yellowknife apparaît sur une carte qu’il a dessinée en 1785, mais aucun document témoignant de ses voyages cette année-là n’a survécu au passage du temps, et il est possible qu’il ait dessiné cette portion de la carte à partir de l’information fournie par les trappeurs dénés. En 1786, il fonde Fort Providence, un poste de traite situé à 30 km au sud de la ville actuelle. Jusqu’en 1823, Fort Providence sert de camp avant-poste pour Fort Chipewyan (1778), en bordure du lac Athabasca, dans ce qui est aujourd’hui le nord le l’Alberta. (Le hameau actuel de Fort Providence, situé en bordure du fleuve Mackenzie, a été fondé en 1869.)

En 1789, sir Alexander Mackenzie se rend à Old Fort Providence alors qu’il est en route vers le nord à la recherche du fleuve qui porte désormais son nom. Il est suivi de sir John Franklin en 1820, qui campe près de l’emplacement de la ville actuelle en route vers la côte arctique. Toutefois, la région n’attire que très peu de visiteurs, sauf quelques chasseurs, trappeurs et prospecteurs qui campent dans la baie bien abritée. Le seul peuplement de la région, Dettah, une petite communauté de Couteaux-jaunes dénés, est situé à 12 km au sud-est de la ville actuelle.

À leur arrivée dans la région, les Européens amènent avec eux des maladies, qui touchent gravement la population autochtone. De plus, les communautés autochtones prennent goût aux marchandises européennes fournies par les marchands de fourrure, ce qui altère leur mode de vie traditionnel. Par exemple, la chasse et la pêche, autrefois collectives, deviennent des activités individuelles, après l’introduction des armes à feu et des filets de pêche.

Développement

En 1898, un prospecteur découvre de l’or pour la première fois dans la région de Yellowknife alors qu’il est en route vers le Yukon à l’époque de la ruée vers l’or du Klondike. Toutefois, de l’or libre, c’est-à-dire visible, n’est découvert qu’en 1934. S’ensuit une ruée au jalonnement, qui transforme du jour au lendemain la paisible baie en une ville frénétique en plein essor, où se côtoient cabanes, tentes et abris creusés.

La première mine à succès de Yellowknife, la mine Con, amorce sa production en 1938. Avant la découverte d’or, l’économie de la région de Yellowknife reposait sur la traite des fourrures. Toutefois, l’ouverture de la mine Con marque le début d’un boom, qui entraîne l’ouverture de 5 autres mines au cours des 15 années qui suivent. L’exploitation minière surpasse la traite des fourrures à titre de moteur de l’économie. En 1940, la population de Yellowknife atteint environ 1000 personnes. Les Autochtones, qui jouaient un rôle central dans la traite de fourrure, travaillent peu dans l’industrie minière.

Toutes les mines, à l’exception de la mine Con, interrompent leurs opérations en raison de la demande en main=-d’œuvre occasionnée par la Deuxième Guerre mondiale, mais le développement minier reprend à la fin de la guerre. En 1948, la mine d’or Giant devient la deuxième mine en exploitation à s’installer dans la ville. Le chantier immense de la mine Con, d’une profondeur de 1860 m, s’étend sous une grande partie de la ville et de la baie de Yellowknife et presque jusqu’à la collectivité de Dettah. Pour reprendre les mots du compositeur local Robin Beaumont, Yellowknife est, pendant plus de 60 ans, « une ville où l’or est pavé de rues ».

En 1986, la mine Giant devient l’une des mines du monde ayant produit 10 000 lingots d’or, un club sélect qui compte moins d’une douzaine de membres. La mine est aussi le théâtre de ce qui est décrit comme étant l’un des conflits de travail les plus sanglants de l’histoire canadienne. En septembre 1992, les propriétaires de la mine ont recours à des travailleurs de remplacement pendant la grève au moment où les négociations du contrat de travail stagnent. Un mineur en grève pose une bombe sur un wagonnet de transport et assassine 9 hommes, dont 6 grévistes ayant franchi les piquets de grève, alors qu’ils roulent à 225 m de profondeur. En raison de l’épuisement des réserves de minerai et des coûts élevés, la mine Con ferme ses portes en 2003, suivie de la mine Giant un an plus tard.

Paysage urbain

Les immeubles de grande hauteur de Yellowknife sont apparus pendant son essor, dans les années 1970, après que la ville ait été nommée la capitale des Territoires du Nord-Ouest, en 1967, et en devienne le centre gouvernemental et administratif. Le paysage urbain compte de nombreuses tours. La plus haute, le Centre Square, s’élève à 20 étages. Elle est suivie de 2 édifices commerciaux de 11 étages chacun, soit le Scotia Centre et le Precambrian Building. Une bonne partie de l’architecture d’origine de la ville, constituée de cabanes et de chaumières érigées par les pionniers, côtoie encore aujourd’hui les constructions modernes. La ville doit entre autres composer avec un coût de la vie élevé, tout comme d’autres collectivités nordiques du Canada. Le coût des logements peut se révéler prohibitif. Par exemple, en octobre 2013, le loyer moyen d’un appartement de 2 chambres s’élève à 1664 $, faisant de Yellowknife l’un des marchés locatifs les plus chers au pays. À titre comparatif, le loyer moyen d’un appartement de 2 chambres s’élève, au même moment, à 1281 $ à Vancouver, à 1224 $ à Calgary et à 1213 $ à Toronto.

Population

La population est principalement d’origine européenne, dont une majorité est d’origine britannique. Environ 25 % de la population est constituée d’Autochtones. De plus, la population est relativement jeune. Elle affiche un âge médian de 32,6 ans, selon l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, soit 8 ans de moins que la moyenne nationale.

Économie et population active

Historiquement, les plus grands employeurs de Yellowknife sont l’industrie minière aurifère et l’administration publique. Bien que plusieurs employés de la fonction publique aient été transférés au Nunavut lors de la création du nouveau territoire, en 1999, la majorité de la population de Yellowknife travaille encore dans le secteur public. Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest est le plus grand employeur de la ville. La dernière mine d’or de Yellowknife a cessé ses opérations en 2004, mais les premières mines de diamant ont ouvert leurs portes au nord-est de la ville (Ekati en 1998, Diavik en 2003 et Snap Lake en 2008). Les mines de diamant ont mené au développement d’industries secondaires, comme les ateliers de polissage de diamants et les entreprises de tri et d’évaluation des diamants. D’ailleurs, la ville a enregistré le slogan « Capitale nord-américaine du diamant » pour en faire une marque de commerce. De plus, la ville sert de base pour l’exploration des métaux communs, du pétrole et du gaz naturel.

Le tourisme est un secteur qui prend de plus en plus d’importance dans l’économie de la ville, grâce à l’attrait touristique du plein air (par exemple l’observation de la faune, la pêche, le canotage et la randonnée pédestre), du soleil de minuit en été, des aurores boréales en hiver et des événements culturels autochtones. En plus d’être le siège de l’administration gouvernementale, Yellowknife est aussi la plaque tournante du transport et des communications du territoire.

Yellowknife est victime d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée en raison de son emplacement éloigné, de ses industries spécialisées et de son coût de la vie élevé. Bien que le revenu moyen des ménages soit le double de la moyenne nationale, les ménages de Yellowknife dépensent 50 % de plus que le ménage canadien moyen.

Transport

Jusqu’en 1960, Yellowknife n’était accessible à partir du sud que par voie aérienne et navigable, et par train routier d’hiver via la rivière Hay, sur la rive sud du Grand Lac des Esclaves. Cette année-là, l’autoroute de Yellowknife, qui comprend un transbordeur traversant la rivière Mackenzie à la hauteur de Fort Providence, ouvre à la circulation. Le transbordeur de Fort Providence est gardé ouvert à la navigation jusqu’à ce qu’un pont de glace puisse être érigé en amont. Pendant la fonte des glaces printanière de la rivière Mackenzie, qui dure de trois à six semaines, les marchandises sont expédiées depuis le sud par avion. Le 30 novembre 2012, le pont à haubans permanent Deh Cho est achevé, remplaçant ainsi le transbordeur et le pont de glace.

Les Lignes aériennes Canadien Pacifique (CP Air) construisent l’aéroport de Yellowknife en 1944. Le ministère des Transports prend le relais en 1946 et ajoute deux nouvelles pistes gravelées à celle d’origine. Au début, seuls Northern Flights Limited et CP Air desservent l’aéroport. L’augmentation du trafic aérien en raison de son statut de plaque tournante du territoire rend nécessaire la construction d’installations modernes. Un nouveau terminal est construit en 1963, auquel s’ajoute une nouvelle tour de contrôle en 1972. L’aéroport a connu plusieurs phases d’expansion, et des rénovations importantes ont été réalisées en 2006.

Le camionnage est une industrie majeure à Yellowknife, au même titre que le transport aérien. Les routes d’hiver, qui sillonnent surtout des lacs et des rivières gelés, desservent les mines isolées, comme la mine d’or Lupin, et les gisements de diamant de la région du lac de Gras à partir de Yellowknife après le gel. Le service de transport en commun par autobus de la ville est assuré par Yellowknife Transit.

Communications

Northern News Services publie trois journaux locaux, soit le Yellowknifer, le News/North et le Deh Cho Drum. Il existe aussi un journal de langue française, L’Aquilon. Plusieurs stations de radio servent la région de Yellowknife. Les services de télévision sont offerts par CBC North, et les chaînes spécialisées sont accessibles par satellite. Aussi, le magazine Up Here, distribué à l’échelle nationale, est publié à Yellowknife.

Gouvernement et politique

Yellowknife est constituée en district municipal en 1953. La même année, elle élit son premier maire, John G. McNiven. En 1967, Yellowknife est désignée comme capitale des Territoires du Nord-Ouest lorsque le gouvernement fédéral décide de transférer au territoire certaines responsabilités administratives. Le commissaire des Territoires du Nord-Ouest et les bureaux du gouvernement territorial, qui résidaient jusque-là à Ottawa, déménagent au nord. Trois ans plus tard, Yellowknife est constituée en ville, ce qui fait d’elle à la fois la première et la seule ville des Territoires du Nord-Ouest.

L’édifice de l’Assemblée législative à Yellowknife est l’une des législatures les plus récentes du Canada. Le conseil municipal est formé du maire et de huit conseillers élus pour un mandat de trois ans. Le conseil est responsable de l’urbanisme et du zonage, de l’aménagement du territoire, de l’impôt foncier, du transport, des parcs et des loisirs, des services d’eau et d’égouts, et de la collecte des déchets.

Vie culturelle

Le Wildcat Cafe, un bâtiment en rondins de bois construit en 1937-1938 par les pionniers William Wiley et Smokey Stout, a été désigné comme lieu historique en 1992. Il s’agit de l’une des plus anciennes constructions de la ville. Il constitue un exemple bien préservé d’architecture rustique des débuts. Jusqu’à sa première fermeture, en 1951, le café sert de lieu de rencontre pour les prospecteurs, les mineurs, les pilotes et les résidents. Yellowknife abrite également le Ragged Ass Road, nommé ainsi par trois résidents qui ont placé un panneau peint à la main à la suite d’une soirée bien arrosée pour décrire les taudis du coin. Tom Cochrane s’en est inspiré pour son album du même nom. Le quartier où ces deux endroits sont situés, Old Town, est le lieu où les mineurs et les prospecteurs se sont d’abord installés dans les années 1930.

Il y a huit autres lieux historiques à Yellowknife : la base d’hydravions du Canadien Pacifique, le Weaver & Devore (le plus vieux poste de traite de Yellowknife), l’entrepôt de la Compagnie de la Baie d’Hudson, le cimetière Back Bay, le Fireweed Art Studio, l’Old Log School House, l’édifice de la Bank of Toronto et le bureau de poste de Yellowknife.

Le Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles joue le rôle de musée et de service d’archives du territoire. Le Northern Frontier Visitors Centre présente des expositions ayant trait à l’histoire, à l’exploitation minière, à la géologie, à la culture autochtone et à l’histoire naturelle de Yellowknife. Le Northern Arts and Cultural Centre est un théâtre qui accueille des productions théâtrales locales et des artistes invités.

En tant que ville nichée dans la nature, Yellowknife est l’hôte d’une panoplie d’activités de plein air et de festivals tout au long de l’année, notamment le Dog Island Film Festival et le Diavik 150 Canadian Championship Dog Derby. Les visiteurs peuvent explorer plusieurs sentiers de randonnée et des chutes d’eau, faire de la pêche sur glace, se balader en traîneau à chiens et admirer de magnifiques aurores boréales.