Jeunesses musicales du Canada/Youth and Music Canada

Jeunesses musicales du Canada(JMC 1949-1984)/Youth and Music Canada(YMC 1949-1984 ). Organisme sans but lucratif créé en vue de propager la culture musicale chez les jeunes Canadiens et d'aider les interprètes et compositeurs de talent à développer leur carrière au Canada et à l'étranger.

Jeunesses musicales du Canada/Youth and Music Canada

Jeunesses musicales du Canada(JMC 1949-1984)/Youth and Music Canada(YMC 1949-1984 ). Organisme sans but lucratif créé en vue de propager la culture musicale chez les jeunes Canadiens et d'aider les interprètes et compositeurs de talent à développer leur carrière au Canada et à l'étranger.

Historique

Les JMC voient le jour le 23 août 1949 à la suite d'une rencontre entre l'abbé J.H. Lemieux, Anaïs Allard-Rousseau et Laurette Desruisseaux-Boisvert réunis à Saint-Hyacinthe (Qc) à l'instigation de Gilles Lefebvre. Ce dernier leur propose un regroupement de sociétés existantes vouées à la culture artistique des jeunes et leur soumet un plan d'action prévoyant des tournées de concerts, la création de nouveaux groupements, des bourses d'études, un camp d'été, un foyer permanent et des échanges entre jeunes artistes. Une association nommée l'Hélicon est fondée, se composant des clubs musicaux des villes de Grand-Mère, Mont-Laurier, Saint-Hyacinthe, Shawinigan, Sherbrooke et Trois-Rivières. Le comité des Compagnons de l'art de Saint-Hyacinthe organise la première tournée (1949-1950) pendant que Gilles Lefebvre profite d'un séjour d'études en Europe pour établir des contacts, notamment avec les JM. Suite à la demande de Gilles Lefebvre, membre de la délégation des JM de France au congrès de Vienne (1950), les JMC deviennent membre de la Fédération internationale des JM, succédant aux Amis de l'art qui représentent brièvement le Canada en 1949-1950. Un premier congrès national des JMC se tient à Trois-Rivières en 1950. Gilles Lefebvre accepte alors la présidence nationale du mouvement pour devenir en 1953 son directeur général, poste qu'il occupe jusqu'en 1972. Il est suivi de Gaston Germain (1972-1976), Jean-Claude Picard (1976-1987), Micheline Tessier (intérim, 1987-1988), Claude Lafontaine (1988-1990), Nicolas Desjardins (1990-1998), Jacques Boucher (1998-2002) et Jacques Marquis (2002- ). À la présidence nationale se succèdent Gaston Arel (1949-1950), Gilles Lefebvre (1950-1954), Anaïs Allard-Rousseau (1954-1956), Sylvio Lacharité (1956-1958), Victor Bouchard (1958-1960), Raoul Jobin (1960-1962), sir Ernest MacMillan (1962-1964), Léopold Simoneau (1964-1967), Wilfrid Pelletier (1967-1969), Clermont Pépin (1969-1972), Maureen Forrester (1972-1976), Gilles Potvin (1976-1980), John Roberts (1980-1983), Mario Duschenes (1983-1985), Mavor Moore (1985-1987), Boris Brott (1987-1989) et Joseph Rouleau (de 1989-). Les JMC sont administrées par un conseil national où siègent des représentants des comités provinciaux.

Les trois premières tournées d'artistes canadiens s'effectuent sous les auspices conjoints des JMC et de l'Hélicon; le violoniste Noël Brunet, accompagné au piano par Suzette Pratte, le soprano Marthe Létourneau, avec la pianiste Géraldine Lavallée, et le pianiste Gilles Breton se produisent dans les six villes fondatrices durant cette première saison (1949-50). Le premier échange d'artistes avec la France a lieu durant la saison 1951-1952 et s'effectue entre Brunet et le pianiste Pierre Sancan. En 1954, Gilles Lefebvre est élu pour une première fois président de la Fédération internationale des JM, un organisme qui regroupe au-delà de 40 pays en 1990. Le premier congrès mondial de l'organisme à être tenu au Canada a lieu à Montréal en 1955. Un grand mouvement d'expansion des JMC hors du Québec, vers les provinces de l'Est et de l'Ouest, se fait à partir de 1958. Depuis la fin des années 1950, des centres et sections sont ainsi actifs au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan. La Festival Concert Society, affiliée aux JMC, parraine déjà les tournées d'artistes en Colombie-Britannique. La province de Terre-Neuve fait partie des JMC dans les années 1960. En 1990, les JMC sont présentes dans près de 40 villes au Nouveau-Brunswick, au Québec et en Ontario, et les opérations sont coordonnées par un secrétariat national situé à Montréal. En 1982, on établit un secrétariat à Toronto pour voir à la gestion des activités en Ontario. En 1999, on célèbre le 50e anniversaire des JMC, avec une série de concerts et d'évènements hommages, dont un concert pour souligner le 70e anniversaire de Joseph Rouleau, le lancement du livre des JMC de Gilles Lefebvre et un gala-concert en hommage à Lefebvre présentant une œuvre commandée, Ouverture en forme de passacaille sur le nom de Gilles Lefebvre de C. Pépin.

Des quatre membres fondateurs des JMC, Anaïs Allard-Rousseau (née Allard, m. Rousseau) exerce une influence marquante sur le mouvement. Administratrice et professeure (Sainte-Monique-de-Nicolet, Québec, 31 octobre 1904 - Fort-de-France, Martinique, 15 février 1971), elle fait des études de musique et de pédagogie. Établie à Trois-Rivières au moment de son mariage (1926), elle y fonde en 1942 une société de concerts, Les Rendez-vous artistiques, et des matinées pour les jeunes sous le nom de Club André-Mathieu. Elle est vice-présidente de la Fédération internationale des JM (1952-1955) et déléguée des JMC aux congrès de Genève (1952), Hanovre (1954), Bruxelles (1958), Palma de Majorque (1963), Paris (1966), Budapest (1969) et Copenhague (1970). À Trois-Rivières, elle enseigne l'initiation à la musique et aux beaux-arts à l'École normale du Christ-Roi (1956-64), au Centre des études universitaires (1963) et à l'École normale Maurice-Duplessis (1967). Par son action bénévole, elle collabore également à la fondation du Conservatoire de Trois-Rivières (1967). Elle est nommée officier de l'Ordre du Canada en 1969. La salle de concert du Centre culturel de Trois-Rivières porte son nom.

Programmes d'action

Deux projets majeurs sont réalisés en 1951 : l'établissement d'un camp musical d'été au mont Orford (voir Centre d'arts Orford) et la création du Jmc, dont Andrée Desautels est la rédactrice en chef (1951-1961). Wilfrid Sauvé est responsable de la production du journal de 1961 à 1971. Par la suite sont publiées deux éditions, française et anglaise, d'un Bulletin (1974-76), d'un Communiqué (1976-89) et d' En sourdine / Behind the Scenes (1989 -).

En 1961, les JMC lancent un Concours national ouvert aux jeunes pianistes de moins de 30 ans. Les instrumentistes à cordes et les chanteurs s'ajoutent les années suivantes. Le concours s'adressent à ceux qui poursuivent des études de perfectionnement à l'étranger ou qui ont terminé leurs études au pays dans les 12 mois précédant le concours. Une oeuvre canadienne inédite est imposée aux participants. D'une part, le CAC assure aux gagnants une participation à un concert avec dix orchestres du Canada et, d'autre part, les JMC rendent possible une tournée de récitals dans une quarantaine de centres, l'enregistrement d'un disque ainsi qu'une tournée en France sous les auspices des JM de ce pays. Les gagnants sont Marek Jablonski (piano, 1961), Andrew Dawes (violon, second prix 1962), Gloria Richard (chant, second prix 1963), et Dale Bartlett (piano, 1964). Il n'y a pas de concours en 1965 et 1966. En plus du pavillon l'Homme et la musique confié aux JMC à l'Expo 67, trois concours nationaux pour interprètes sont lancés, ainsi qu'un concours international de composition. Robert Silverman, Andrew Dawes et Annon Lee Silver sont les lauréats dans les catégories piano, violon et chant. L'autrichien Josef Maria Horvath obtient le grand prix de composition avec Redundanz II pour quatuor à cordes, et le Canadien Sydney Hodkinson, le second prix pour Interplay. Par la suite, les concours JMC sont maintenus, mais au seul niveau régional.

Le Club musical canadien du disque est fondé par les JMC en 1956, mais c'est sous le nom de Club de disques JMC (CD-JMC) que sont produits des 45 tours, notamment avec les interprètes Dale Bartlett, Josephte Clément (CD-JMC-3), Marek Jablonski, Gloria Richard, Sylvia Saurette et Robert Silverman. Trois extraits de Pirouette et d'Une mesure de silence de Blackburn sont aussi enregistrés sur cette étiquette. Les JM de France créent en 1954 le Club national du disque qui grave sur les étiquettes JMF (Pathé-Marconi) et CND. Maureen Forrester, les pianistes Victor Bouchard et Renée Morisset, entre autres, enregistrent sur CND. Pour souligner le 20e anniversaire des JMC (1969), RCI et RCA Victor réalisent conjointement un album de 10 45 tours, Jeunesses musicales 20 Canada (RCI 275 à 284), avec le concours d'artistes ayant participé aux concerts JMC et au Festival Orford : Andrew Dawes, Karl Engel, Guy Fallot, Lorand Fenyves, Kenneth Gilbert, Claude Helffer, Anton Kuerti, Alexandre Lagoya, le Quatuor à cordes Orford, le Quatuor de saxophones Pierre-Bourque, Hansheinz Schneeberger et Ronald Turini.

Le deuxième congrès de la Fédération internationale des JM tenu au Canada a lieu à Montréal lors de l'Expo 67. Un orchestre international composé d'une centaine de jeunes instrumentistes de nombreux pays est alors placé sous la direction de Zubin Mehta et joue la 9e symphonie de Beethoven à la PDA. Trois ans plus tard, l'Orchestre mondial des Jeunesses musicales est créé à l'initiative de Gilles Lefebvre et des JMC, grâce à l'appui financier de la direction culturelle du ministère des Affaires extérieures du Canada. Formé de jeunes instrumentistes choisis parmi les meilleurs de chaque pays membre de la Fédération internationale, l'OMJM est reconstitué chaque été dans un pays différent, et chaque hiver à Berlin-Ouest depuis 1988. Depuis sa création, l'OMJM s'est produit à quelques reprises au Canada, notamment lors du concert d'ouverture des Jeux olympiques (1976) sous la direction de Pierre Hétu, et au Festival international de Lanaudière (1990). L'OMJM se produit sous la direction de chefs d'orchestre tels que Charles Dutoit, Kurt Masur, Zubin Mehta, Leonard Bernstein et Sir Neville Mariner.

En 1972, les JMC inaugurent la série « Sons et brioches » présentée au Piano Nobile de la PDA où la proximité du public, assis par terre, favorise l'écoute et la communication avec les musiciens. Une formule semblable est adaptée plus récemment pour les enfants sous le nom de « Concerts-puces » à la PDA, de « Croque-musique » au Grand Théâtre de Québec et de « Cushion Concerts » au Roy Thomson Hall à Toronto.

Une nouvelle approche pédagogique est inaugurée par les JMC en 1975 sous forme d'ateliers consacrés aux instruments (description, histoire, répertoire). En 1988, la formule prend un nouvel essor sous le nom de « Concertino » dans lequel l'accent est mis sur l'audition d'oeuvres. Sur demande, des artistes professionnels se rendent dans les écoles et s'adressent à des groupes d'étudiants. Avant la présentation, l'école reçoit du secrétariat national des dossiers pédagogiques qui lui permettent de mieux préparer les élèves à l'audition.

En collaboration avec la ville de Lachine, les JMC organisent durant l'été (1985-1989) le Festival superphonique à Lachine consacré aux musiciens de la relève.

L'organisation d'une saison JMC est généralement prise en charge par un comité bénévole. Ce comité reçoit un dossier pédagogique fournissant les renseignements nécessaires sur les instruments et sur les formes musicales. L'exécution de chaque oeuvre est précédée de commentaires historiques et analytiques, souvent présentés par l'interprète lui-même. Les villes JM sont regroupées en régions géographiques à l'intérieur desquelles les artistes choisis effectuent leurs tournées. La liste de ces derniers est considérable et, à diverses époques, elle compte des noms de Canadiens parmi les plus prestigieux tels que Gaston Arel, Adele Armin, Napoléon Bisson, Victor Bouchard et Renée Morisset, Lise Boucher, Hyman Bress, James Campbell, Angèle Dubeau, le Duo Morel-Nemish, Michel Dussault, Maureen Forrester, Kenneth Gilbert, Richard Gresko, Marek Jablonski, Jean-Paul Jeannotte, Bernard Lagacé, André Laplante, Arthur LeBlanc, Joan Maxwell, John Newmark, le Quatuor à cordes Orford, Louis Quilico, Charles Reiner, Joseph Rouleau, Claude Savard, William Stevens et Ronald Turini. Parmi les artistes étrangers figurent Karl Engel, Philippe Entremont, Guy Fallot, François Glorieux, Claude Helffer, John Lill, l'Orchestre de chambre Paul Kuentz, Ida Presti et Alexandre Lagoya, Henryk Szeryng, Paul Tortelier, le Trio de Stuttgart et Jean-Claude Vanden Eynden. Des troupes d'opéra comme l'Opéra de Poche de Paris ou des troupes de danse, telle la compagnie Entre-Six, effectuent aussi des tournées. Les JMC organisent également des productions lyriques, notamment Une mesure de silence et Pirouette de Blackburn (1960-1961), Le Magicien de Vallerand (1961-1962) etle Barbier de Séville (1975-1976). Pirouette et Le Magicien sont commandés par les JMC.

Les JMC déposent leurs archives à la BN du Q à Montréal. D'autres documents ayant trait aux Compagnons de l'art et à l'Hélicon sont conservés dans le fonds Simone-Turner à la Société d'histoire régionale de Saint-Hyacinthe. Créée en 1984, la Fondation Jeunesses musicales du Canada a pour but de soutenir l'oeuvre des JMC au moyen, entre autres, de concerts bénéfices et de levées de fonds.

Il existe plus de 40 centres et sections des JMC dans l'est du Canada qui donnent plus de 700 concerts dans environ 150 lieux chaque année au Québec, dans les Maritimes et en Ontario. Pour le moment, la série de concerts des JMC pour adultes inclut les Desjardins Concerts pour l'audience des banlieues et des centres métropolitains, Jouer dans l'île et La musique sur un plateau. Les JMC offrent aussi des concerts interactifs et éducatifs pour les jeunes présentés dans les écoles et une série de concerts pour la famille comme Music With Bite présenté au Harbour Front Center de Toronto, Kinderconcerts pour les enfants âgés de trois à six ans, présenté au Salon du Centre national des arts à Ottawa, et les concerts Sons et Brioches à Montréal au Piano Nobile à la Place des Arts. En 2000, les JMC ouvrent leur propre salle de concert à Montréal, ainsi qu'une salle de musique de chambre de 100 places à la maison des Jeunesses Musicales du Canada, permettant ainsi à l'organisme d'étendre la portée de ses activités. Le hall, avec son décor intime, est spécifiquement conçu pour convenir aux concerts interactifs et pour présenter des pièces moins connues de musique de chambre. Les JMC gèrent plusieurs prix, notamment le prix Cécile Mesnard-Pomerleau, le prix Joseph Rouleau, un prix de composition conjointement avec le Concours national des jeunes compositeurs de la SRC, un prix conjointement avec le Concours OSM et la bourse Jean Lafleur. En 2002, est créé le Concours Musical International de Montréal des Jeunesses Musicales (JMMIC), coparrainé par l'Orchestre symphonique de Montréal, qui alterne entre le chant (2002), le violon (2003) et le piano (2004). Beaucoup des jeunes musiciens qui profitent d'un soutien des JMC et de la visibilité qu'elles offrent se font connaître sur la scène internationale. Mentionnons Joseph Rouleau, Maureen Forester, Marek Jablonski, le Quatuor à cordes Orford, Louis Quilico, Kenneth Gilbert, Lyne Fortin, Richard Raymond, James Ehnes, Yegor Dyachkov et Marie-Nicole Lemieux.

Bibliographie

Gilles LEFEBVRE, « La Fédération internationale des Jeunesses musicales », Jmc, 5 (mars 1959).

Elizabeth WILSON, « Les Jeunesses musicales », OpCan(mai 1963).

Laure FINK, « Trio d'opéra on tour in Quebec », OpCan(févr. 1966).

« Projets de Centenaire des Jeunesses musicales », CompCan, 10 (sept. 1966).

Agathe KEMP, « Les Jeunesses musicales du Canada, en marche », ScM, 238 (nov.-déc. 1967).

Gilles POTVIN, « Jeunesses musicales du Canada », Arts et culture(Montréal 1976).

Pierre MOLLET, Musique d'été : Centre d'art d'Orford, JMC, Fides (Montréal 1976).

Programme-souvenir JMC du 30e anniversaire (Montréal 1980).

« Les Jeunesses musicales en plein essor » (interview de Jean-Claude Picard accordée à Daniel MOISAN), Aria, V (juill.-août 1982).

Maryse ANGRIGNON-SIROIS, « Les Jeunesses musicales... plus vivantes que jamais », Aria, VIII (été 1985).

Françoise DAVOINE, « L'Orchestre mondial des Jeunesses musicales : vivre avec la musique! », Aria, X (été 1987).

Gilles LEFEBRE et Michel RUDEL-TESSIER, La Musique d'une Vie, Éditions Fides (Saint-Laurent 1993).

Gilles LEFEBRE, Terre des jeunes: le premier demi-siècle des Jeunesses Musicales du Canada et du Centre d'arts d'Orford, Éditions Fides (Saint-Laurent 1999).

Filmographie

Jeunesses musicales du Canada / Youth and Music (ONF 1956).

Les Jeunesses musicales du Canada 1950-1980 (Ciné-Mundo 1980).

Magical Musical Days [OMJM] (Silverscreen International 1985).


Liens externes