Cowboys et cowgirls au Canada

Les cowboys et les cowgirls sont des personnes employées pour s’occuper du bétail ou des chevaux. Les premiers cowboys à travailler dans les Prairies canadiennes sont arrivés dans les années 1870. Le mode de vie traditionnel des cowboys a depuis cédé la place à un modèle de ranch plus restreint et plus corporatif. L’image romancée du cowboy de l’« Ouest sauvage » reste néanmoins un symbole des Prairies. Aujourd’hui, les termes cowboy et cowgirl peuvent faire référence aux travailleurs de ranch ou aux participants à des compétitions de rodéo.

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Les cowboys et les cowgirls sont des personnes employées pour s’occuper du bétail ou des chevaux. Les premiers cowboys à travailler dans les Prairies canadiennes sont arrivés dans les années 1870. Le mode de vie traditionnel des cowboys a depuis cédé la place à un modèle de ranch plus restreint et plus corporatif. L’image romancée du cowboy de l’« Ouest sauvage » reste néanmoins un symbole des Prairies. Aujourd’hui, les termes cowboy et cowgirl peuvent faire référence aux travailleurs de ranch ou aux participants à des compétitions de rodéo. Cliquez ici pour consulter les définitions des termes clés utilisés dans cet article.


Photographie d'un cowboy

Qu’est-ce qu’un cowboy ou une cowgirl?

Un cowboy ou une cowgirl est un éleveur ou une éleveuse d’animaux qui s’occupe principalement d’élever du bétail ou des chevaux dans des ranchs en Amérique du Nord. L’origine du mot cowboy a des racines racistes. Avant la guerre de Sécession, les femmes et hommes réduits en esclavage travaillent aux côtés des éleveurs blancs. Ceux-ci sont alors appelés cow-hands (vachers), mais les ouvriers noirs réduits en esclavage sont appelés cow-boys. Le mot boy (garçon) est utilisé pour infantiliser les éleveurs noirs et pour leur manquer de respect. Le sens du mot cow-boy évolue avec le temps. De nos jours, il désigne une personne qui s’occupe du bétail et des chevaux.

Le saviez-vous?
Les autres noms pour désigner ce travail sont bouvier, vacher ou soigneur de bovins, ou encore homme ou femme de cheval.


Traditionnellement, les cowboys gardent les animaux en plein champ et les conduisent au pâturage ou au marché au besoin. Ces travailleurs sont presque tous des hommes. À l’occasion, les épouses ou les filles de grands éleveurs font aussi ce travail. Depuis la fermeture de la prairie au début des années 1900, le terme désigne toute personne qui travaille dans un ranch ou qui participe à des démonstrations traditionnelles de techniques de cowboys, appelées rodéos. C’est pourquoi les communautés d’éleveurs et de rodéo distinguent souvent les cowboys et cowgirls « travailleurs » des cowboys et cowgirls « de rodéo ».

Les cowboys et les cowgirls sont connus pour leur tenue vestimentaire distinctive, qui fait partie d’un style de vie issu de la tradition espagnole du vaquero. Leur look comprend des chapeaux à large bord, des jambières (« chaps ») et des bottes hautes. Ils sont également reconnus pour leurs compétences, notamment le dressage des animaux têtus et l’utilisation spécialisée des cordes, dont le lasso et le laçage des animaux.

Histoire des cowboys au Canada

Les premiers colons européens, y compris les commerçants de la Compagnie de la Baie d’Hudson, amènent de petits troupeaux de bovins pour l’élevage laitier dans l’Ouest dès 1811. Les « Buckaroos » des territoires américains de l’Oregon et de l’État de Washington commencent aussi à conduire des bovins à viande en Colombie-Britannique pour les vendre aux prospecteurs pendant la ruée vers l’or du fleuve Fraser en 1858. Certains de ces hommes restent dans la région et y établissent des ranchs. John Park, qui exploite le premier grand ranch en Colombie-Britannique, s’établit près de Cache Creek aux alentours de 1860.

Un cowboy et sa fille, vers 1870

Les premiers éleveurs qui se disent « cowboys » arrivent dans les Prairies canadiennes dans les années 1870. Ils conduisent du bétail provenant des territoires américains de l’Idaho et du Montana. L’image romantique du cowboy émerge autour de cette culture américaine à l’est de Rocheuses, et les Buckaroos de la Colombie-Britannique adoptent à un certain point le nom et le look des cowboys.

Les cowboys demeurent rares au Canada jusqu’à la fin des années 1870. À cette époque, dans les Prairies, les chasseurs ont tué les bisons, une importante source de nourriture des peuples autochtones des Plaines, jusqu’à leur quasi-extinction. Poussées en partie par le besoin de nouvelles sources de nourriture, les Premières Nations commencent à signer des traités avec la Couronne. Les traités déplacent ces nations dans des réserves. Grâce à ce processus, le gouvernement fédéral ouvre les prairies aux Blancs et à l’agriculture. Ces changements, ainsi que la création de la Police à cheval du Nord-Ouest, attirent davantage d’éleveurs dans les Prairies canadiennes (voir aussi Histoire de la colonisation des Prairies canadiennes).

En 1886, on compte 100 000 têtes de bétail à l’est des Rocheuses. Les bêtes paissent dans des pâturages en plein air loués par le gouvernement canadien. Les locataires embauchent des cowboys pour garder les troupeaux pendant l’hiver et l’été. Deux fois l’an, ils se réunissent pour « rassembler » les animaux en liberté. Le rassemblement printanier sert à marquer les bêtes et le rassemblement automnal permet de compter les vaches et d’amener les plus matures au marché. Ces rassemblements consistent généralement à conduire le bétail à travers les plaines ouvertes à dos de cheval, à destination soit des parcs de stockage locaux, soit des gares ferroviaires pour l’expédition à travers le pays ou à l’étranger (voir aussi Industrie de la transformation de la viande).

Marquage d'un veau

La plupart des cowboys de cette époque sont des Américains qui ont choisi de rester après avoir conduit des troupeaux vers le nord depuis l’Idaho et le Montana. Beaucoup considèrent les Prairies canadiennes comme plus sûres et plus ordonnées que l’Ouest américain. Cependant, la prohibition en décourage plusieurs de rester longtemps. Ceux qui le font deviennent cependant certains des cowboys les plus célèbres du Canada. Parmi eux, on compte Everett C. Johnson, qui inspire en partie le roman, le film et la série télévisée The Virginian, et John Ware, un habile cowboy et éleveur qui établit son propre ranch en Alberta.


Le saviez-vous?
Certaines sources indiquent que John Ware serait né en asservissement aux États-Unis (voir aussi ). Ses habiletés en tant qu’éleveur suggèrent qu’il aurait travaillé avec des chevaux pendant qu’il était réduit en esclavage. Il est probable que John Ware ait obtenu sa liberté à la fin de la (en 1865).

En 1882, il est embauché pour aider à transporter 3 000 têtes de bétail des États-Unis au North-West Cattle Company de. Après son contrat, il reste dans la région des contreforts de ce qui est maintenant le sud de l’Alberta. Il travaille pour plusieurs grandes compagnies d’élevage de bétail jusqu’en 1884, dont le.

John Ware établit son propre ranch en Alberta, où il est connu pour sa force, ses excellentes techniques agricoles et ses talents de cavalier.


Le romantisme perçu de la vie de cowboy — la promesse de la liberté dans un paysage accidenté et magnifique — attire de nombreux immigrants d’outre-mer, principalement de Grande-Bretagne. Il attire également d’anciens agents de la Police à cheval du Nord-Ouest et des Canadiens de l’Est. Les habitants de l’Ouest considèrent souvent les nouveaux venus comme des « cowboys de T. Eaton » ou des gens paresseux ou non qualifiés qui ne s’habillent en cowboys que pour le prestige social ou pour envoyer des photos à leur famille. De nombreux immigrants se montrent toutefois assez compétents pour passer du statut de cowboys à celui d’éleveurs.

Les Premières Nations et les Métis adoptent aussi certaines traditions cowboys et exploitent plusieurs ranchs avec succès. Les colons les traitent toutefois rarement d’égal à égal, malgré les stéréotypes qui suggèrent qu’ils sont particulièrement doués avec les chevaux. De nombreux immigrants chinois travaillent aussi dans des ranchs, mais la cuisine est généralement le seul emploi qui leur est offert.


Cowboys et cowgirls canadiens aujourd’hui

La culture traditionnelle des cowboys commence à disparaître au début du 20e siècle. L’augmentation de la colonisation et le désir du gouvernement canadien d’agrandir les terres agricoles sonnent la fin de la prairie ouverte. Les fonctionnaires du gouvernement arpentent et vendent des terres aux agriculteurs et aux entreprises, qui refusent de plus en plus souvent de laisser le bétail se déplacer sur leur propriété. Les éleveurs continuent à mettre les animaux au pâturage et à les amener au marché, mais les grands rassemblements saisonniers disparaissent à mesure que les ranchs deviennent clairement marqués et restreints. Depuis, le propriétaire typique d’un ranch est une famille ou une entreprise ayant des liens avec l’industrie de la transformation de la viande. Le Recensement de l’agriculture canadienne de 2016 identifie 84 740 personnes travaillant dans des fermes ou des ranchs qui gagnent principalement de l’argent grâce à l’élevage des bovins à viande (voir aussi Histoire du ranch.)

Culture cowboy au Canada

Rodéo de Strathmore

La culture des cowboys et des cowgirls a peu à voir avec le travail réel d’élevage des animaux. Les rodéos sont inventés comme un moyen pour les cowboys de s’amuser entre eux et de s’exercer à des compétences nécessaires. Cependant, ils se transforment peu à peu en événements spectaculaires populaires. Le premier rodéo organisé au Canada a lieu à Fort Macleod, en Alberta, en 1891. Il comporte des épreuves de cordage de taureaux à la corde et de la chevauchée de broncos. Les courses de chevaux arrivent plusieurs années plus tard, dans des épreuves séparant les cavaliers autochtones et les cowboys.

En 1912, Calgary tient son premier Stampede, organisé par Guy Weadick, un vétéran des spectacles itinérants du Wild West américain. Weadick promeut le Stampede comme un hommage à la mémoire des cowboys de la région. Le programme met en vedette des compétiteurs de partout en Amérique du Nord, y compris des femmes dans plusieurs épreuves. L’événement introduit également des compétitions telles que « le cordage de fantaisie » et « l’équitation de fantaisie ». Le Stampede de Calgary devient un événement annuel à partir de 1923. Aujourd’hui, il est l’événement de rodéo le plus payant au monde (en termes de montant total des prix attribués) et un symbole de la ville. Plus d’un million de visiteurs viennent au Stampede chaque année. Entre-temps, les visiteurs de l’Alberta peuvent faire l’expérience d’un mode de vie traditionnel des cowboys à certains endroits, notamment au site historique national du ranch Bar U. L’Alberta compte aussi des ranchs en activité qui offrent de l’hébergement, des visites et parfois des occasions d’aider.

La figure du cowboy a fait sa marque dans la culture populaire, en grande partie grâce aux livres et aux films westerns, ainsi qu’à la musique country. Les représentations de cowboys et de cowgirls s’inspirent surtout de l’Ouest américain. Cependant, le Canada a produit plusieurs figures bien connues de la culture populaire qui ont contribué au mythe du cowboy. Les plus remarquables d’entre eux sont les musiciens Wilf Carter, aussi connus sous le nom de Montana Slim and The Yodelling Cowboy, et Ian Tyson.

Termes clés

Bétail : Tous les animaux d’un élevage à l’exception des volailles. Le mot renvoie souvent aux ruminants, qui sont des animaux qui remastiquent leur nourriture à moitié digérée quand celle-ci est renvoyée de la première poche de leur estomac à leur bouche.

Cowboy (ou vacher) : Une personne, habituellement montée à dos de cheval, qui élève et s’occupe des bovins ou des chevaux.

Marque : Inscription au fer chaud sur la peau du bétail afin d’identifier son propriétaire.

Ranch : Ferme où l’on élève des bovins ou des chevaux.