Quintuplées Dionne

Annette, Émilie, Yvonne, Cécile et Marie, quintuplées d’Oliva et Elzire Dionne, suscitent l’intérêt général dès leur naissance, le 28 mai 1934, à Corbeil, en Ontario. Alors qu’on ne connaît que deux autres cas semblables, elles sont les seules quintuplées à survivre plus de quelques jours. Ce miracle, ajouté au fait qu’elles sont mignonnes, que leurs parents Canadiens français sont pauvres, et que leur tutelle est controversée, en fait la sensation des années 1930.

Annette, Émilie, Yvonne, Cécile et Marie, quintuplées d’Oliva et Elzire Dionne, suscitent l’intérêt général dès leur naissance, le 28 mai 1934, à Corbeil, en Ontario. Alors qu’on ne connaît que deux autres cas semblables, elles sont les seules quintuplées à survivre plus de quelques jours. Ce miracle, ajouté au fait qu’elles sont mignonnes, que leurs parents Canadiens français sont pauvres, et que leur tutelle est controversée, en fait la sensation des années 1930.


Quintuplées Dionne, les
Les Quintuplées Dionne (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada).
Quintuplées Dionne - Journées à l'école, 1938

Le gouvernement de l’Ontario, craignant qu’on les exploite, les enlève à leurs parents et les place dans un hôpital construit spécialement à cette fin, sous la surveillance du Dr Allan Roy Dafoe, qui les a mises au monde. Oliva Dionne se bat pendant neuf ans pour les récupérer. Entre-temps, elles deviennent la plus grande attraction touristique du Canada et rapportent 500 millions de dollars à la province. Trois millions de personnes voyagent jusqu’au « pays des quintuplées » (Quintland) pour voir les fillettes jouer derrière un écran de verre sans tain.

Hollywood sort trois versions romancées de leur histoire dans les années 1930. Des dizaines de commandites commerciales font gonfler à près d’un million de dollars les fonds placés en fidéicommis. Le retour dans leur famille, en novembre 1943, est difficile. Quelques années plus tard, elles déménagent finalement à Montréal. Trois des quintuplées, Marie, Annette et Cécile, se marient, mais ces unions ne durent pas et elles divorcent. Émilie, qui est épileptique, entre au couvent et meurt à la suite d’une crise, en août 1954. Les quatre survivantes racontent leur histoire, souvent pénible, dans We Were Five (1965). Cinq ans plus tard, Marie, la plus fragile, meurt en février 1970 de ce qui semble être un caillot sanguin au cerveau (la cause du décès demeure toutefois incertaine). Les trois autres se partagent, en 1979, le peu qui reste des biens en fidéicommis.

En 1997, Annette, Cécile et Yvonne accusent leur père de les avoir agressées sexuellement dans leur livre, Les secrets de famille des sœurs Dionne, co-écrit par Jean-Yves Soucy. En mars 1998, le gouvernement de l’Ontario annonce qu’il paiera aux trois survivantes des quintuplées 4 millions de dollars en dommages pour les neuf années qu’elles ont passées sous les regards de tous dans une attraction touristique. Trois ans plus tard, Yvonne décède des suites d’un cancer. Ce n’est qu’en septembre 1987 que sont nés les seuls autres quintuplés canadiens : deux garçons et trois filles.


Lecture supplémentaire

  • Pierre Berton, Les jumelles Dionne et leur époque (1979 [1977])

  • Jean-Yves Soucy, Annette Dionne, Cécile Dionne et Yvonne Dionne, Les secrets de famille des sœurs Dionne (1996)