Contrôle des armes et désarmement

Depuis le 19e siècle, les puissances mondiales envisagent le contrôle des armes et le désarmement, convaincues de la possibilité d’éviter les guerres par la réduction ou l’élimination des armes. Ces nations cherchent en particulier à interdire les armes destructives et inhumaines, dont les armes de destruction massive, comme les armes chimiques, biologiques et nucléaires. (Voir Le Canada et la guerre des gaz; Le Canada et les armes nucléaires.) Les armes classiques, comme les mines antipersonnel ou les armes à sous-munitions, sont également contrôlées. Le Canada mène notamment des négociations visant à interdire l’utilisation de mines terrestres. (Voir Convention d’Ottawa.) Le Canada est un signataire de multiples autres traités de contrôle des armes, dont le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, la Convention sur les armes biologiques et à toxines, et la Convention sur les armes chimiques.

Depuis le 19e siècle, les puissances mondiales envisagent le contrôle des armes et le désarmement, convaincues de la possibilité d’éviter les guerres par la réduction ou l’élimination des armes. Ces nations cherchent en particulier à interdire les armes destructives et inhumaines, dont les armes de destruction massive, comme les armes chimiques, biologiques et nucléaires. (Voir Le Canada et la guerre des gaz; Le Canada et les armes nucléaires.) Les armes classiques, comme les mines antipersonnel ou les armes à sous-munitions, sont également contrôlées. Le Canada mène notamment des négociations visant à interdire l’utilisation de mines terrestres. (Voir Convention d’Ottawa.) Le Canada est un signataire de multiples autres traités de contrôle des armes, dont le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, la Convention sur les armes biologiques et à toxines, et la Convention sur les armes chimiques.
Peace Movement in Canada (Voice of Women)

Conférences de paix de La Haye

Le désarmement et le contrôle des armes constituent d’importants sujets de discussion lors des deux conférences de la paix internationale tenues en 1899 et en 1907 à La Haye, aux Pays-Bas. Lors de la première conférence, le ministre des Affaires étrangères russe propose de limiter l’accroissement des forces armées et le nombre de nouveaux armements. Si les délégués ne consentent pas à limiter les armements, ils s’entendent toutefois pour interdire l’utilisation de gaz asphyxiants et de balles expansives, ainsi que le largage de projectiles ou d’explosifs depuis des ballons. Une troisième conférence, prévue pour 1915, n’a pas lieu en raison du déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Armes chimiques et biologiques

De nombreux pays utilisent des armes chimiques durant la Première Guerre mondiale. Des gaz toxiques (p. ex., le chlore, le phosgène, le gaz moutarde) provoquent des blessures graves, passagères ou permanentes. (Voir Le Canada et la guerre des gaz.) À l’issue de la guerre, les pays s’entendent pour interdire les armes chimiques. Le Protocole de Genève de 1925 interdit l’utilisation d’armes chimiques et biologiques en temps de guerre. Il n’interdit toutefois pas aux pays de mettre au point et de produire davantage de ces armes. Avec le temps, le Canada et 145 autres nations signent et ratifient ce protocole.

En 1972, le Canada signe la Convention sur les armes biologiques et à toxines (CABT). La CABT interdit également aux pays de mettre au point et de fabriquer des armes biologiques. Il est aussi interdit aux signataires d’acquérir de telles armes. Le Canada est également partie à la Convention sur les armes chimiques (CAC), qui entre en vigueur en 1997. En vertu de la CAC, il est interdit aux pays de fabriquer ou d’utiliser des armes chimiques, ou de les entreposer ou les transférer.

Armes nucléaires

Les Alliés mettent au point les premières armes nucléaires au cours de la Deuxième Guerre mondiale. En 1945, les États-Unis larguent des bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, au Japon. Ces deux villes sont dévastées, et de nombreux civils meurent. À la suite de ces destructions, les dirigeants politiques et scientifiques commencent à accorder la priorité au désarmement.

Contrôle des armes et désarmement durant la Guerre froide

Durant la Guerre froide, les États-Unis et l’Union soviétique (et leurs alliés) continuent de mettre au point et de stocker les technologies nécessaires aux armes nucléaires. Au moment de la crise des missiles cubains en 1962, ces deux nations ont la capacité de déclencher des attaques nucléaires à l’aide de bombardiers, de missiles balistiques intercontinentaux et de sous-marins. La menace d’une destruction mutuelle par armes nucléaires sert de facteur dissuasif à la guerre.

Les négociations destinées à prévenir la guerre nucléaire débutent dès 1946. En 1959, Nikita Khrouchtchev propose à l’Assemblée générale des Nations Unies que les pays s’engagent à un désarmement complet. Si plusieurs comités de désarmement des Nations Unies n’y parviennent pas, on atteint toutefois une certaine mesure de « contrôle des armes ». Cela comprend l’interdiction partielle d’effectuer l’essai d’armes nucléaires de 1963, ainsi que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 1968. Le Canada signe le TNP et maintient son engagement à prévenir la prolifération des armes nucléaires à travers le monde. Entre-temps, la course à la production de missiles intercontinentaux se poursuit. En 1969, les États-Unis et l’Union soviétique s’entendent pour tenir entre eux des Négociations sur la limitation des armes stratégiques (SALT). Un traité, le SALT I, entre en vigueur en 1972. Un second traité, le SALT II, n’est pas ratifié par le Sénat américain, mais ces deux pays en respectent néanmoins les conditions.

En 1972, l’Union soviétique et les États-Unis ratifient le Traité sur les missiles antimissiles balistiques (Traité ABM). Cette entente limite le nombre de missiles capables d’intercepter des missiles nucléaires. Étant donné qu’une unique et petite partie du territoire de chaque pays peut être défendu, la menace d’une destruction mutuelle demeure, dissuadant chaque partie de déclencher la guerre.

Si le Canada contribue à la production de la bombe atomique (voir Le Canada et le Projet Manhattan), il participe également à de nombreux pourparlers sur le désarmement. Le Canada préconise un désarmement équilibré et vérifiable de part et d’autre. Mais le besoin de solidarité au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord restreint la liberté d’expression du Canada. Dans les années 1980, de plus en plus de Canadiens partagent les préoccupations du gouvernement. Une destruction à l’échelle de la planète et les répercussions stratégiques d’une guerre nucléaire entre les superpuissances (en raison de l’emplacement géographique du Canada) font partie de ces préoccupations. Les dommages environnementaux sont également pris en considération. La guerre ou des essais nucléaires peuvent causer des dommages à des environnements fragiles comme l’Arctique, les Grands Lacs et les côtes. Le Canada renonce à ses armes nucléaires entre 1968 et 1984. (Voir Le Canada et les armes nucléaires.)

Les conférences internationales sur le contrôle des armes se poursuivent durant les années 1980. Ronald Reagan, président des États-Unis, et Mikhaïl Gorbatchev, dirigeant soviétique, entament les négociations. Le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire est signé le 8 décembre 1987. Il appelle à l’interdiction éventuelle des missiles à portée intermédiaire, ainsi qu’à celle de missiles à plus courte portée. Ce traité constitue la première entente visant à éliminer une catégorie complète d’armes nucléaires. Les années 1980 voient également le début des Pourparlers sur la réduction des armes stratégiques (START). Le traité START I est signé en 1991 et entre en vigueur en 1994, après un certain retard occasionné par la dissolution de l’Union soviétique. Ce traité limite le nombre d’armes nucléaires et établit les mesures de vérification, y compris les inspections sur site. Ces mesures veillent à ce que les deux pays respectent leurs obligations. Les négociations entourant le traité START II débutent également autour de cette époque.

En 1996, 44 nations (dont le Canada) signent le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). Tous les membres des Nations Unies ou presque finissent par le signer. Le TICE interdit de procéder à des explosions nucléaires, y compris à des fins d’essai. Étant donné que certains autres pays, dont les États-Unis, signent le traité sans toutefois le ratifier, il n’est pas encore entré en vigueur.

Désarmement nucléaire au 21e siècle

Les efforts de désarmement nucléaire rencontrent des difficultés grandissantes à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Le traité START II vise à réduire encore davantage la quantité d’armes russes et américaines. Ce traité n’aboutit toutefois pas en raison de la détérioration des relations entre ces deux pays, et les États-Unis se retirent du Traité ABM en 2002.

Les négociations relatives au traité START III débutent dès 1997. Ces pourparlers mènent au traité de réduction des armes offensives stratégiques, ou SORT, signé en 2002. Le nombre d’armes nucléaires y est encore moindre.

Le traité START I prend fin en décembre 2009. Les négociations visant l’élaboration d’un nouveau traité aboutissent à la conclusion du nouveau traité START (New START). La Russie et les États-Unis signent cette entente en 2010; elle entre en vigueur en février 2011. Le traité New START restreint encore davantage le nombre d’ogives nucléaires. Les deux parties doivent réduire leur arsenal et ne peuvent déployer qu’un nombre maximal de 1 550 ogives nucléaires stratégiques. Ce traité limite également le nombre de systèmes de déploiement d’armes nucléaires, comme les bombardiers et les rampes de lancement. Le traité New START comprend une mise à jour du système de vérification tel que présenté dans le traité START I. En 2021, les États-Unis et la Russie prolongent de cinq ans la date limite du traité New START.

Contrôle des armes et désarmement : armes classiques

Les pays signent également des ententes visant à limiter ou à interdire les armes classiques qui causent des blessures graves ou frappent sans discrimination. Par exemple, 50 États signent la Convention sur certaines armes classiques de 1980 (aussi connue sous le nom de Convention sur les armes inhumaines), qui réglemente et limite les armes comme les pièges, les mines et les armes incendiaires. En 1995, un autre protocole est ajouté, qui limite le nombre d’armes au laser aveuglant. Les nations signent également des ententes visant à interdire les armes comme les mines antipersonnel et les armes à sous-munitions qui sont, selon les Nations Unies, « intrinsèquement aléatoires et causent des torts inacceptables sur le plan humanitaire. »

Convention d’Ottawa

Dans les années 1990, le Canada dirige des efforts pour interdire l’utilisation de mines terrestres antipersonnel.

Les mines laissées dans les zones de guerre blessent souvent des civils innocents. Des organisations non gouvernementales intensifient leurs efforts destinés à voir l’interdiction des mines terrestres à l’échelle internationale. Le ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, encourage les pays à s’engager dans ce sens. À terme, ces efforts mènent au traité d’Ottawa, que 122 pays signent en 1997. Aussi appelée « Convention d’Ottawa », cette entente interdit la production, l’utilisation et le transfert de mines. Les pays s’engagent également à détruire leurs stocks de mines et à déminer leur territoire.

Convention sur les armes à sous-munitions

En 2008, le Canada signe la Convention sur les armes à sous-munitions. Ces munitions se présentent sous forme de missiles ou d’obus d’artillerie. Elles libèrent de plus petits explosifs (des sous-munitions) qui causent des dégâts sur une zone étendue de façon aléatoire. Les armes à sous-munitions blessent et tuent sans distinction des soldats et des civils. Les sous-munitions qui se retrouvent au sol sans avoir explosé agissent également comme des mines terrestres.

Voir aussi ARMEMENTS; PACIFISME; LIGUE INTERNATIONALE DE FEMMES POUR LA PAIX ET LA LIBERTÉ; MOUVEMENT PACIFISTE.