Comportement électoral au Canada

La décision de voter pour un parti politique particulier est influencée par de nombreux facteurs. Il s’agit notamment de facteurs sociodémographiques, tels que le sexe et le genre, la race, l’origine ethnique, la religion et le lieu de résidence. Ces facteurs peuvent influencer les valeurs et les attitudes politiques des électeurs. Ensemble, tous ces éléments se combinent pour façonner le choix d’un parti politique par un individu lors d’une élection. La dynamique électorale varie considérablement entre les individus et les groupes; il n’existe pas de règle unique.

La décision de voter pour un parti politique particulier est influencée par de nombreux facteurs. Il s’agit notamment de facteurs sociodémographiques, tels que le sexe et le genre, la race, l’origine ethnique, la religion et le lieu de résidence. Ces facteurs peuvent influencer les valeurs et les attitudes politiques des électeurs. Ensemble, tous ces éléments se combinent pour façonner le choix d’un parti politique par un individu lors d’une élection. La dynamique électorale varie considérablement entre les individus et les groupes; il n’existe pas de règle unique.


Bannière d'Élections Canada lors des élections fédérales canadiennes de 2019

Contexte social

Le milieu social de l’électeur peut avoir un effet important à long terme en façonnant ses attitudes en politique. Les facteurs sociodémographiques tels que le sexe et le genre, la race, l’origine ethnique, la religion et le lieu de résidence peuvent influencer le parti politique que l’on préfère. (Voir aussi Système de partis canadien.) Ces facteurs sont considérés comme des facteurs à long terme, car ils façonnent nos attitudes dès le plus jeune âge.

Les recherches sur les effets du sexe et du genre sur les attitudes politiques ont montré que les femmes ont tendance à être plus orientées idéologiquement à gauche et progressistes que les hommes. Cela signifie que les femmes sont plus susceptibles d’être sceptiques à l’égard du libre marché et moins susceptibles d’avoir des opinions socialement conservatrices. À ce titre, les femmes à l’extérieur du Québec sont plus susceptibles que les hommes d’appuyer des partis de gauche comme le Nouveau Parti démocratique (NPD). À l’inverse, il existe des preuves limitées que les femmes sont moins susceptibles d’appuyer les partis de droite comme le Parti conservateur. De plus, les données montrent que les électeurs qui s’identifient comme lesbiennes, gais, bisexuels ou transgenres sont nettement moins favorables aux conservateurs. (Voir aussi Droits des lesbiennes, des gais, des bisexuels et des transgenres au Canada.)

L’ethnicité, la race et l’immigration jouent un rôle important dans le façonnement des préférences des partis politiques. Les Canadiens racialisés ont beaucoup plus tendance à soutenir le Parti libéral que les autres Canadiens. (Voir Minorité visible.) Cela correspond à la façon dont, historiquement, les immigrants ont été plus susceptibles de soutenir les libéraux. Toutefois, il est prouvé que le Parti conservateur a réalisé des gains importants chez les immigrants blancs ces dernières années, en particulier sous la direction de l’ancien premier ministre Stephen Harper, à tel point que les libéraux n’ont plus d’avantage distinct.

Un facteur sociodémographique de longue date et de grande importance est la religion. Historiquement, les catholiques ont été plus enclins à soutenir les libéraux, tandis que les protestants ont préféré les conservateurs. Par ailleurs, les Canadiens qui n’ont pas d’appartenance religieuse ont été plus attirés par le NPD. Toutefois, le clivage religieux entre catholiques et protestants s’est affaibli au cours des dernières années. À la suite du scandale des commandites, le soutien des catholiques aux libéraux a chuté. (Voir  Commission Gomery.) Au contraire, la religiosité est devenue un facteur de plus en plus important : les personnes non religieuses ont tendance à moins soutenir les conservateurs et à être plus favorables aux libéraux et au NPD.

Le facteur sociodémographique à long terme le plus influent est peut-être le régionalisme : le lieu de résidence des électeurs et l’impact qu’il a sur leur comportement électoral. Dans un pays aussi vaste et diversifié que le Canada, les différentes régions du pays finissent souvent par développer des attitudes différentes et, parfois, des intérêts opposés. L’exemple le plus évident de régionalisme est celui du Bloc québécois, un parti fédéral qui ne représente que le Québec. Le régionalisme a également une immense influence sur le façonnement du soutien des conservateurs et des libéraux. Lors des élections de 2015 et de 2019, le soutien des conservateurs était solidement ancré dans l’Ouest, soit en Alberta, au Manitoba et en Saskatchewan. Pendant ce temps, les partisans libéraux se trouvaient principalement en Ontario et au Québec, ainsi que dans les provinces de l’Atlantique.

Le saviez-vous?
Le Bloc obtient principalement l’appui des Québécois francophones; les non-francophones vivant au Québec sont plutôt attirés par les libéraux et le NPD.

Attitudes et valeurs

Les attitudes et les valeurs des Canadiens sur les questions sociales et économiques ont un effet important sur leur choix de parti politique. Les opinions sur des sujets importants comme l’avortement, l’immigration, la politique économique et les droits des LGBTQ2 peuvent avoir une influence sur le choix du vote.

En général, les Canadiens qui soutiennent des points de vue plus conservateurs sur le plan social, comme la restriction de l’avortement et des droits LGBTQ2, ont tendance à soutenir davantage le Parti conservateur. On peut en dire autant de ceux qui préfèrent le libre marché à l’intervention du gouvernement dans l’économie. Les partisans du Parti conservateur sont également plus susceptibles de souligner que les minorités doivent « s’intégrer à la société canadienne dominante ».

D’autre part, les Canadiens qui sont plus sceptiques à l’égard du libre marché et ceux qui ont tendance à être plus progressistes sur le plan social sont plus susceptibles de soutenir le Parti libéral et le NPD. Inversement, les partisans du Parti libéral et du NPD sont plus susceptibles d’être ouverts à la diversité culturelle.

Identité partisane

Les antécédents sociaux et les attitudes des électeurs ont tendance à les rapprocher de certains partis politiques. Il n’est pas surprenant que les électeurs qui s’identifient à un parti spécifique soient plus susceptibles de voter pour ce parti. Cependant, le choix du vote et l’identité partisane ne sont pas identiques : l’un ne prédit pas parfaitement l’autre. En effet, si le choix du vote peut changer à chaque élection, l’identité partisane des électeurs tend à être plus stable dans le temps. Cependant, tout comme la dynamique des partis et les électeurs changent, l’affiliation politique peut également changer chez les individus. Cela se produit généralement chez les électeurs dont la loyauté n’est pas la plus forte et qui peuvent être influencés par d’autres facteurs.

Les données des quatre élections entre 2000 et 2008 montrent que les partisans conservateurs ont eu tendance à être les plus fidèles à leur parti au fil du temps. Les partisans du NPD étaient dans l’ensemble les moins fidèles parmi les trois principaux partis.

Facteurs à court terme

Les facteurs à court terme sont généralement liés à une seule élection. Ces facteurs comprennent les opinions des électeurs sur l’économie, les questions d’actualité et les chefs de parti. Les facteurs à court terme sont façonnés par des facteurs à long terme tels que le milieu social, les valeurs et l’identité du parti.

Vote économique

La perception qu’ont les Canadiens de l’état de l’économie peut influencer leur choix de vote. Toutefois, l’effet est généralement assez mineur. Les électeurs ont tendance à ne pas récompenser les partis au pouvoir lorsque l’économie se porte bien. Mais lorsque le désastre économique frappe, les électeurs ont tendance à punir le parti au pouvoir.

Vote sur les questions d’actualité

Les enjeux d’actualité que les électeurs jugent importants constituent l’un des facteurs clés à court terme. Il peut s’agir de la création d’emplois, de la réduction de la criminalité et des programmes sociaux. Il peut également s’agir de sujets immédiats tels que les scandales de corruption comme celui des commandites et les crises sociales comme la grève des étudiants du Québec en 2012. (Voir Commission Gomery.)

En général, le principe du vote par enjeu est que les électeurs voteront pour les partis qu’ils pensent être compétents pour gérer certains enjeux. Cependant, différents enjeux ont tendance à être priorisés dans différentes élections. Ainsi, la réputation d’un parti dans la gestion d’une question ne sera pertinente que si cette question est considérée comme importante par les électeurs.

Le choix de l’enjeu le plus important peut souvent être influencé par les partis politiques ou les médias, qui peuvent « fixer l’ordre du jour ». Cela consiste à mettre un sujet au premier plan pour attirer l’attention des électeurs et forcer le débat public. (Voir aussi Relations publiques; Opinion publique; Groupe de pression.)

Évaluation des chefs

Les chefs de parti ont pris une importance croissante dans les élections canadiennes. Il existe un degré élevé de corrélation entre le choix du parti par les électeurs et leur cote d’approbation du chef de ce parti. Cela est particulièrement vrai pour les électeurs conservateurs et libéraux, mais moins pour les électeurs néo-démocrates. Il n’est donc pas surprenant qu’un chef impopulaire ait tendance à réduire les chances de succès de son parti, alors qu’un chef populaire aura l’effet inverse.

Vote stratégique

Le système électoral canadien de scrutin majoritaire à un tour a tendance à favoriser les deux plus grands partis au détriment des plus petits. Par conséquent, les électeurs ressentent parfois le besoin de voter de façon stratégique; ils votent pour le parti qui a le plus de chances de gagner, même si ce n’est pas leur choix préféré. Le vote stratégique est souvent utilisé pour empêcher un parti que l’électeur aime le moins de gagner une élection.

Lors des élections de 2015, par exemple, plus de 14 % des électeurs de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et du Québec ont voté de manière stratégique contre leur parti préféré. Les partisans de petits partis, comme le Parti vert du Canada et le NPD, étaient particulièrement susceptibles de voter stratégiquement pour les libéraux. Cela a probablement empêché les conservateurs de remporter l’élection.

Voir aussi Réforme électorale au Canada; Participation politique au Canada; Campagne politique au Canada; Directeur général des élections.


En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • Harold D. Clarke, et al. Absent Mandate: Canadian Electoral Politics in an Era of Restructuring (1995); Jon H. Pammett and Allan Frizzell, eds, The Canadian Federal Election of 1997 (1998); Paul Fox and Graham White, eds, Politics: Canada (1995); Martin Harrop and William Miller, Elections and Voters (1987).

Liens externes