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Georgetown

Georgetown, Île-du-Prince-Édouard, ville constituée en 1912, 351 habitants (recensement de 2021), 372 habitants (recensement de 2016). Georgetown est une commune de la municipalité de Three Rivers. La municipalité de Three Rivers a été créée en 2018 lorsque Georgetown a fusionné avec la ville de Montague, les municipalités rurales de Brudenell, Cardigan, Lorne Valley, Lower Montague, Valleyfield et 18 autres zones rurales. Georgetown est la capitale du comté de Kings et se situe à l’extrémité est de l’Île-du-Prince-Édouard, sur une péninsule de 8 kilomètres de long.


Peuples autochtones

À l’instar de l’ensemble de la province, Georgetown doit l’histoire de son peuplement aux Mi’kmaq, qui appelaient le port de Georgetown Samook, ce qui signifie « rivage sablonneux ».

Colonisation

Pendant la période de colonisation française de l’Île-du-Prince-Édouard (alors connue sous le nom d’Île St-Jean), la population s’est installée juste à l’ouest de l’actuelle commune de Georgetown, sur un site connu sous le nom de Trois-Rivières. Le 17 juillet 1731, le roi de France Louis XV a accordé une concession à Claude Cottard, Joseph du Boccage, Joseph-Philippe Narcis et Jean-Pierre Roma, qui ont créé la Compagnie de l’Est de l’île Saint-Jean. Leur concession s’étendait sur 3 500 arpents de long et 40 arpents de profondeur (204,6 km sur 2,3 km) sur la côte est de l’île Saint-Jean. Elle comprenait les terres drainées par les rivières Brudenell, Montague et Cardigan.

Au printemps 1732, Roma embarqua pour la Nouvelle-France, arriva à Louisbourg le 6 juin et, après avoir prêté serment d’allégeance au roi George II (une exigence suite à la cession de l’Acadie à l’Angleterre), il navigua jusqu’à ce qui est aujourd’hui le port de Georgetown. En août 1734, Roma avait défriché des terres à Trois-Rivières, creusé des puits, construit deux jetées, cinq maisons, un entrepôt, une boulangerie, une forge, une écurie et une glacière. Au cours des dix années suivantes, cependant, la colonie connut des relations tumultueuses avec le clergé local ainsi qu’avec les partenaires de Roma en France. Elle subit une invasion de souris qui dévasta les récoltes et éprouva des difficultés à attirer de nouveaux colons. La colonie de Roma sur l’île Saint-Jean prit fin le 20 juin 1745 lorsque les troupes de la Nouvelle-Angleterre, envoyées par William Pepperrell après son expédition victorieuse à Louisbourg, détruisent ses installations.

Développement

Le roi George III nomma Samuel Holland arpenteur général de l’Île-du-Prince-Édouard (aujourd’hui connue sous le nom d’Île Saint-Jean). Holland, lors de son arpentage en 1764, choisit le site de l’actuelle ville de Georgetown et lui donna le nom du roi. La ville fut tracée sur papier en 1768 par l’arpenteur Charles Morris, qui avait également dessiné le plan d’Halifax, en Nouvelle-Écosse. Georgetown s’est développée lentement à la fin du 18e et au début du 19e siècle. Un rapport électoral publié dans le journal Weekly Recorder daté du 31 août 1811 indique que le nombre de maisons dans la ville peut être considéré comme nul.

Ce n’est que dans les années 1830 que Georgetown a commencé à se développer avec l’arrivée d’immigrants d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande (voir Immigration au Canada; Canadiens anglais (Canadiens d’origine anglaise ou britannique); Canadiens écossais (Canadiens d’origine écossaise); Canadiens irlandais (Irlando-Canadiens ou Canadiens d’origine irlandaise)). Lors du recensement de 1833, Georgetown comptait 59 habitants. En février 1836, une réunion publique fut organisée pour créer un comité chargé d’obtenir des fonds pour la construction d’une école. Au printemps 1837, un avis fut publié dans la Royal Gazette, demandant des offres pour la construction d’une chapelle.

Le saviez-vous?
Voici quelques organisations qui existaient à Georgetown au 19e siècle :

  • Société d’abstinence totale de Georgetown (1839)
  • Société agricole de Georgetown (1849)
  • Alliance pour la sobriété de Georgetown (1861)
  • Institut de mécanique de Georgetown (années 1860)
  • Juvenile Lodge – associée à l’Ordre des Templiers britanniques (1875)
  • Société pour l’abstinence totale de St. James (1877)
  • Société de David pour l’alphabétisation et la musique (1880 s)
  • Loge Georgetown de l’Ordre indépendant des bons templiers (1894)
  • Société de l’effort chrétien (1895)
  • Loge maçonnique de l’Ordre de l’Étoile de Bethléem (1895)
  • Club nautique (1898)
  • Club nautique de Three Rivers (1900)

Water Street, Georgetown, Île-du-Prince-Édouard, c. 1910.

Économie et main-d’œuvre

Dotée de l’un des ports les plus profonds d’Amérique du Nord et désignée comme port franc par le gouvernement britannique en 1839, Georgetown est devenue une plaque tournante des transports du milieu à la fin du 18e siècle (voir Ports et havres). Suffisamment profond pour accueillir de grands navires et sans glace la plupart des mois d’hiver, le port de Georgetown fut, dans les années 1840 et 1850, le deuxième port le plus actif de l’île après celui de Charlottetown.

Conçu par l’architecte de Charlottetown Isaac Smith, qui avait également dessiné la Province House à Charlottetown, le bâtiment du marché a été construit en 1844 sur la rue Kent Street à Georgetown.

Georgetown a également bénéficié du Traité de réciprocité de 1854 qui accordait aux Américains des droits de pêche sur l’île. Les pêcheurs américains amarraient souvent leurs bateaux dans le port, ce qui permettait aux marchands locaux de faire des affaires. Voici ce que l’annuaire Hutchinson PEI Directory de 1864 mentionne à Georgetown : 14 magasins généraux; 9 taverniers; 7 hôtels; 6 constructeurs de navires; 5 couturiers et tailleurs; 4 charpentiers, droguistes et chapeliers pour dames; 3 forgerons et fabricants de selles et de harnais; 2 commissaires-priseurs, fabricants de voitures et épiciers; 1 boulanger, fabricant de blocs et de pompes, pension de famille, brasseur, ébéniste, tonnelier, marchand, médecin, géomètre, tanneur, ferblantier, horloger et charron.

La construction du chemin de fer en 1871, le développement des routes et autoroutes de l’île et l’entrée dans la Confédération en 1873 ont cependant amorcé le début du déclin de ports comme Georgetown. (Voir aussi L’Île-du-Prince-Édouard et la Confédération.) À la fin du 19e siècle, les habitants de Georgetown revinrent à la construction navale et aux industries traditionnelles comme l’agriculture, le bois et la pêche (voir Agriculture au Canada; Industrie de la pêche).

Port de Georgetown, Georgetown, Île-du-Prince-Édouard, c. 1931.

Le saviez-vous?
Andrew Archibald MacDonald (1829-1912) était un entrepreneur, un constructeur naval, un armateur et un homme politique de Georgetown. L’un des Pères de la Confédération, MacDonald fut d’abord un contre elle, car il estimait que l’île n’avait rien à gagner de l’union. Cependant, comme beaucoup d’autres habitants de l’île, il s’est finalement laissé convaincre d’adhérer à cause de la faillite imminente de l’île, conséquence de l’énorme dette contractée pour la construction du chemin de fer. (Voir aussi L’Île-du-Prince-Édouard et la Confédération.) MacDonald devint le 7e lieutenant-gouverneur de l’Île-du-Prince-Édouard en 1884 et fut nommé au Sénat en 1891.


Pendant une quarantaine d’années, de 1920 à 1965, Georgetown déclina et les industries fermèrent. En 1963, cependant, une nouvelle industrie s’établit avec l’ouverture de Gulf Garden Foods et des chantiers navals de Georgetown. Dans la dernière partie du 20e siècle, le seul chantier naval de l’île (East Isle Shipyard) et la plus grande scierie de l’île (qui a débuté sous le nom de Henderson’s Lumber) appartenaient tous deux à J.D. Irving Limited et étaient situés à Georgetown.

Georgetown, Île-du-Prince-Édouard, c. 1940.

Gouvernement et politique

La municipalité de Three Rivers est administrée par un maire et huit conseillers qui sont élus pour un mandat de quatre ans et reçoivent des honoraires (voir Gouvernement municipal au Canada). La gestion de la municipalité est dans des bâtiments situés à Montague et Georgetown et emploie environ 16 personnes.

Vie culturelle

Construit en 1887, le King’s Playhouse faisait office d’hôtel de ville et accueillait des événements communautaires et culturels. Ce théâtre, l’un des plus anciens du Canada, a brûlé lors d’une tempête en mars 1983, puis a été reconstruit et a rouvert ses portes en juillet 1984. En plus de servir de théâtre et de lieu de concerts, la salle de spectacle dispose d’une galerie d’art et est un lieu de réception pour les mariages.

Situé à Kent Square et nommée en l’honneur du Père de la Confédération de Georgetown, les jardins MacDonald Memorial Gardens s’étendent sur 1,5 hectare et sont parsemés de soixante parterres de fleurs avec 15 000 plantes annuelles et des centaines de plantes vivaces. Le point central des jardins est un cénotaphe de guerre. (Voir aussi Andrew Archibald MacDonald.)

Liens externes