Jean Talon

Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France (baptisé le 8 janvier 1626 à Châlons-sur-Marne, en France; décédé le 24 novembre 1694 en France). De 1665 à 1668, puis de 1669 à 1672, il est « intendant de la justice, de la police et des finances » de la Nouvelle-France, de l’Acadie et de Terre-Neuve. Il est aussi un serviteur déterminé, énergique et ingénieux du roi et de son ministre, Jean-Baptiste Colbert.

Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France (baptisé le 8 janvier 1626 à Châlons-sur-Marne, en France; décédé le 24 novembre 1694 en France). De 1665 à 1668, puis de 1669 à 1672, il est « intendant de la justice, de la police et des finances » de la Nouvelle-France, de l’Acadie et de Terre-Neuve. Il est aussi un serviteur déterminé, énergique et ingénieux du roi et de son ministre, Jean-Baptiste Colbert.


Jean Talon

Jean Talon, intendant de la Nouvelle France de 1665 à 1668. Jean Talon a mené le premier recensement colonial au Canada en 1665 1666.
(portrait par le frère Luc/Musée des augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec)

Intendant de la Nouvelle-France

En tant que premier intendant de la Nouvelle-France, Jean Talon est chargé de transformer ce faible petit avant-poste de traite des fourrures et de missionnaires, alors sous l’autorité d’une compagnie, en une province royale rentable, bien peuplée et capable de se défendre. Pour diversifier l’économie, Jean Talon fait évaluer les ressources minérales et forestières, encourage l’agriculture commerciale, les arts ménagers, la  construction de navires et la pêche. Il crée aussi une brasserie et favorise le commerce avec les Antilles françaises.

Plan de la brasserie de Jean Talon, Québec

(avec la permission des Archives nationales)

Jean Talon cherche à accroître la colonisation en Nouvelle-France. Par conséquent, il voit à l’établissement sur des terres de près de 2000 immigrants et soldats démobilisés – provenant notamment du régiment de Carignan-Salières. Il supervise également l’arrivée de Filles du roi dans la colonie. Au départ, on prévoit que la population croîtra grâce aux mariages entre des Français et des Autochtones à qui on avait appris la religion et les coutumes de la France. Toutefois, peu d’entre eux abandonnent leur culture pour s’approprier les traditions françaises. Jean Talon décide donc plutôt, pour peupler la colonie, d’imposer des amendes aux hommes célibataires et de récompenser les mariages précoces et les grandes familles chez les colons français.

(Oeuvre de Frank Craig/Bibliothèque et Archives Canada/2000811339)

Quand son rêve d’un empire territorial se heurte au désir de Jean-Baptiste Colbert d’établir une colonie dense et défendable, l’intendant obtempère et change de stratégie. Il encourage la colonisation continue de la vallée du Saint-Laurent, où il fonde trois villages.

Rentrée en France

Jean Talon avait accepté son poste au Canada en considérant qu’il lui ouvrirait la voie vers une promotion supplémentaire. En 1671, il demande au roi la permission de rentrer en France étant donné son « obéissance à partir de l’Europe pour l’Amérique », ce qui avait exposé sa « vie dans les différents périls de mer et de maladie […] dans un pays aussi rude que celui-ci l’était dans ses commencements. »

Après son retour en 1672, il est nommé secrétaire du roi et membre de la Maison du roi, et se voit élevé au rang de comte d’Orsainville.

Héritage

En Nouvelle-France, les industries encouragées par Jean Talon, l’agriculture commerciale et le commerce avec les Antilles sont un échec. La colonie demeure trois ans sans intendant et la Couronne refuse d’investir d’importantes sommes d’argent dans le développement colonial. On se souvient de Jean Talon en tant qu’industriel et inventeur de l’allocation familiale, mais son héritage durable est le fait d’avoir instauré le régime centralisé d’administration royale et légale.