Shawnadithit

Shawnadithit (également connue sous le nom Nance ou Nancy April), archiviste de l’histoire et de la culture des Béothuks (née vers 1800-1806 dans ce qui est aujourd’hui Terre-Neuve-et-Labrador; décédée le 6 juin 1829 à St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador). Shawnadithit a été capturée par des fourreurs anglais en 1823 et a ensuite travaillé comme gouvernante pour le marchand John Peyton Jr. En 1828, elle est amenée au marchand et naturaliste écossais William Cormack, qui voulait consigner des informations sur la langue et les coutumes des Béothuks. Shawnadithit a dessiné des cartes du territoire des Béothuks et des articles de la culture matérielle des Béothuks. Bien que le fait que Shawnadithit aurait été la dernière des Béothuks soit de croyance populaire, les histoires orales micmaques réfutent cette théorie. Elles soutiennent que les gens du peuple de Shawnadithit se sont mariés avec des peuples autochtones de l’intérieur des terres après avoir fui leurs propres terres natales. L’héritage de Shawnadithit en tant qu’importante gardienne des archives de l’histoire et de la culture des Béothuks demeure incontesté. En 2007, le gouvernement fédéral a annoncé le dévoilement d’une plaque de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada reconnaissant l’importance de Shawnadithit dans l’histoire du Canada.

Shawnadithit (également connue sous le nom Nance ou Nancy April), archiviste de l’histoire et de la culture des Béothuks (née vers 1800-1806 dans ce qui est aujourd’hui Terre-Neuve-et-Labrador; décédée le 6 juin 1829 à St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador). Shawnadithit a été capturée par des fourreurs anglais en 1823 et a ensuite travaillé comme gouvernante pour le marchand John Peyton Jr. En 1828, elle est amenée au marchand et naturaliste écossais William Cormack, qui voulait consigner des informations sur la langue et les coutumes des Béothuks. Shawnadithit a dessiné des cartes du territoire des Béothuks et des articles de la culture matérielle des Béothuks. Bien que le fait que Shawnadithit aurait été la dernière des Béothuks soit de croyance populaire, les histoires orales micmaques réfutent cette théorie. Elles soutiennent que les gens du peuple de Shawnadithit se sont mariés avec des peuples autochtones de l’intérieur des terres après avoir fui leurs propres terres natales. L’héritage de Shawnadithit en tant qu’importante gardienne des archives de l’histoire et de la culture des Béothuks demeure incontesté. En 2007, le gouvernement fédéral a annoncé le dévoilement d’une plaque de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada reconnaissant l’importance de Shawnadithit dans l’histoire du Canada.


Contexte historique

Shawnadithit est une Béothuque, un peuple autochtone venant de ce qu’on appelle maintenant Terre-Neuve-et-Labrador. Avec l’établissement de colonies européennes plus permanentes sur leur territoire au 18e siècle, les Béothuks se trouvent de plus en plus forcés de vivre sur de plus petites étendues de terres. L’accès des Béothuks à la nourriture et aux ressources traditionnelles est donc réduit. La tuberculose et d’autres maladies arrivées en Amérique du Nord avec les Européens réduisent la population des Béothuks de manière significative. Il en est de même pour les conflits. Dans un cas notoire survenu en mars 1819, Shawnadithit observe des commerçants européens capturer sa tante Demasduwit et assassiner son oncle, le chef Nonosasut au lac Red Indian, à l’intérieur ouest de Terre-Neuve. (Voir aussi Esclavage des peuples autochtones au Canada.)

Shawnadithit et les Européens

En avril 1823, Shawnadithit, sa mère et sa sœur, toutes affamées, sont capturées par des fourreurs anglais à Badger Bay. Elles sont emmenées à St. John’s par le marchand et magistrat John Peyton Jr. Là, les femmes sont censées être placées sous la garde du gouverneur Charles Hamilton. Cependant, ce dernier est en Angleterre au moment de leur arrivée. Comme les femmes sont en mauvaise santé, le capitaine David Buchan, qui agit au nom de Charles Hamilton, décide de les libérer après s’être assuré qu’elles reçoivent d’abord des soins médicaux. Après leur avoir donné des cadeaux à offrir à leur peuple en guise d’offrandes de paix, John Peyton laisse les femmes à Charles Brook, un endroit situé du côté ouest de la baie des Exploits et au nord de la rivière des Exploits.

Pendant ce temps, la santé de la mère et de la sœur de Shawnadithit se détériore. Elles meurent peu de temps après, probablement à la suite de complications de la tuberculose. Toute seule, Shawnadithit est emmenée au domicile de John Peyton Jr., à Exploits. Elle y travaille comme employée de maison pendant cinq ans. Les colons anglais la renomment bientôt Nance ou Nancy April.

Reconstitution de l’histoire des Béothuks

En 1828, Shawnadithit est amenée à la Beothuk (alors épelé « Boeothick ») Institution à St. John’s. Il s’agit d’un organisme créé l’année précédente pour protéger la culture béothuque. En écoutant Shawnadithit parler de son peuple, le président de l’Institution, William Eppes Cormack, l’aide à recueillir de précieuses informations sur la langue et les coutumes des Béothuks. Shawnadithit dessine de précieux croquis des établissements des Béothucks, de leurs outils, de leurs gens, ainsi que des cartes de leur territoire. (Voir aussi Territoire autochtone.) À ce jour, ses témoignages demeurent des archives inestimables sur l’histoire et la culture des Béothuks.

Le saviez-vous?
L’artiste Gerry Squires a créé Spirit of the Beothuk (2005), une statue de bronze grandeur nature de Shawnadithit. La statue est érigée à Boyd’s Cove, dans l’est de la baie Notre Dame, sur la côte nord-ouest de Terre-Neuve-et-Labrador.


Décès et legs

Atteinte de la tuberculose, Shawnadithit meurt le 6 juin 1829. Elle est enterrée dans un cimetière de St. John’s.

Les efforts de Shawnadithit pour protéger l’histoire et la culture des Béothuks sont un legs durable pour son peuple. Ses dessins donnent vie aux traditions des Béothuks, et en même temps, ils illustrent les effets dommageables de la colonisation européenne sur ces traditions. Les récits de Shawnadithit ainsi que ceux d’autres femmes béothuques comme Demasduit et Oubee ont permis à d’autres d’en apprendre davantage sur les Béothuks. Demasduit, la tante de Shawnadithit, a créé un dictionnaire béothuque, et Oubee, une jeune fille capturée en 1791, a laissé des récits sur la culture et les croyances de son peuple.