Communauté afghane au Canada

La communauté afghane du Canada est relativement nouvelle. Jusqu’en 1978, environ 1 000 Afghans vivaient au Canada. Depuis 1978, toutefois, des décennies d’instabilité politique, d’invasions et de guerre en Afghanistan ont poussé de nombreuses personnes à partir vers d’autres pays. Depuis, la population afghane au Canada n’a cessé de croître. (Voir Réfugiés au Canada.) Selon le recensement de 2016 de Statistique Canada, environ 84 000 Afghans vivent au Canada, dont la majorité est établie en banlieue des grandes villes.

La communauté afghane du Canada est relativement nouvelle. Jusqu’en 1978, environ 1 000 Afghans vivaient au Canada. Depuis 1978, toutefois, des décennies d’instabilité politique, d’invasions et de guerre en Afghanistan ont poussé de nombreuses personnes à partir vers d’autres pays. Depuis, la population afghane au Canada n’a cessé de croître. (Voir Réfugiés au Canada.) Selon le recensement de 2016 de Statistique Canada, environ 84 000 Afghans vivent au Canada, dont la majorité est établie en banlieue des grandes villes.


Contexte

L’Afghanistan est un pays sans littoral situé au carrefour de l’Asie centrale, du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud. C’est un pays membre de l’Association sud-asiatique pour la coopération régionale (ASACR) que beaucoup considèrent comme faisant partie du Grand Moyen-Orient. Ainsi, à travers l’histoire, l’Afghanistan sert de passerelle pour nombre de conquérants, d’empires, de caravanes commerciales et de peuples. Les villes de Kaboul, Kandahar, Herat, Bamiyan et Balkh sont, il y a plusieurs siècles, d’importants arrêts sur la route de la soie. En raison de son emplacement géographique central, le célèbre poète Iqbal Lahori donne à l’Afghanistan le surnom de « cœur de l’Asie ».

L’Afghanistan est bordé par le Pakistan, l’Iran, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et la Chine. Sa population est très diversifiée. Presque toutes les grandes ethnies et nationalités de la région sont représentées en Afghanistan. Ainsi, on y retrouve des Pachtounes, des Tadjiks, des Hazaras, des Ouzbeks, des Aimak, des Turkmènes, des Baloutches, des Brahouis, des Pamiris, des Gujjars, des Arabes, des Jatt, des Kirghiz, des Hindous, des Qizilbash, des Bayat et de nombreux autres peuples. Le persan (Farsi-Dari) et le pachto sont les deux langues officielles et les langues les plus répandues au pays. Cela étant dit, on y parle également plus de 30 autres langues.

La majorité des Afghans sont des musulmans sunnites. On retrouve également en Afghanistan d’importantes minorités chiites et chiites ismaéliennes. (Voir Islam.) Les Hindous et les Sikhs sont représentés en faible nombre, surtout dans les grandes régions urbaines. Toutefois, en raison d’une guerre continuelle, de l’insécurité économique et de la discrimination, ces populations s’amenuisent, allant s’établir dans d’autres pays. Autrefois, l’Afghanistan abritait une petite population juive. Cependant, au cours des quatre dernières décennies, marquées par la guerre, les Juifs quittent graduellement le pays, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un seul. (Voir aussi Juifs canadiens.) L’Afghanistan ne dispose pas de données statistiques fiables. En effet, aucun recensement n’a été réalisé avec succès afin de déterminer sa population exacte ou la taille des différents groupes ethniques et religieux qui le composent. (Voir aussi Recensement canadien.) On estime la population actuelle de l’Afghanistan à environ 30 millions d’habitants.

Guerre et migrations

L’Afghanistan est ravagé par la guerre depuis le coup d’État militaire prosoviétique d’avril 1978, dirigé par le Parti démocratique populaire d’Afghanistan, et l’invasion soviétique de 1979 qui s’ensuit. Le coup militaire de 1978 marque le début d’une période d’agitation politique en Afghanistan, laquelle perdure jusqu’à nos jours. En raison de l’invasion et de l’occupation soviétiques – de même que la résistance qui s’organise contre elles, près de six millions d’Afghans migrent hors du pays. Environ deux millions d’autres perdent la vie et de nombreux autres sont blessés.

Après la dissolution de l’Union soviétique en 1989 et l’effondrement subséquent de l’État afghan soutenu par les Soviétiques, une guerre civile meurtrière éclate en 1990. Ce conflit se poursuit avec l’émergence du mouvement des talibans, l’établissement de l’Émirat islamique d’Afghanistan et la prise de contrôle de Kaboul par les talibans en 1996. Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, une coalition dirigée par l’armée américaine envahit l’Afghanistan et renverse le régime taliban. Le régime est remplacé par la République islamique d’Afghanistan. Le pays est d’abord dirigé par Hamid Karzai, puis par Ashraf Ghani. La reconstruction du pays se heurte à la résistance armée des talibans et d’autres groupes insurgés, et la guerre continue. En 2021, la majeure partie de l’Afghanistan est retombée sous le contrôle des talibans après le retrait des forces occidentales du pays. (Voir Guerre en Afghanistan.)

Canada en Afghanistan
Un Hercules à Kandahar
Un Hercules C-130 à son arrivée à l'aéroport international de Kandahar en mai 2002 (avec la permission du ministère de la Défense nationale, photo du caporal Lou Penny).

L’Afghanistan en est actuellement à sa cinquième décennie consécutive de conflits et d’instabilité politique. Dans les années 1980 et 1990, les Afghans constituent le groupe le plus nombreux parmi la population mondiale de réfugiés. La plupart d’entre eux vivent dans des camps de réfugiés et dans les zones urbaines de pays voisins, principalement en Iran et au Pakistan.

Les Afghans au Canada

La communauté afghane du Canada est relativement nouvelle. La plupart des immigrés afghans viennent s’établir au Canada après le coup d’État militaire prosoviétique mené en 1978 et l’invasion soviétique de l’Afghanistan qui se produit l’année suivante. Avant 1978, on compte environ 1000 Afghans au Canada. Toutefois, entre 1981 et 1995, ce sont environ 10 000 Afghans qui viennent au pays en tant que réfugiés et demandeurs d’asile. Cette première grande cohorte migratoire coïncide avec l’invasion soviétique, la guerre de résistance subséquente et, enfin, la guerre civile qui éclate au lendemain de l’effondrement de l’État afghan. Cette tendance se poursuit au fil des ans, si bien qu’on estime à 11 000 le nombre d’Afghans qui viennent chercher refuge au Canada en 1996 et 2001. Au total, le Canada accueille 37 265 immigrants afghans depuis 1991.

En 2021, les Talibans reprennent rapidement le contrôle de l’Afghanistan. En réponse à la crise émergente des réfugiés, le Canada annonce qu’il accueillera 20 000 réfugiés afghans. Beaucoup critiquent le gouvernement canadien d’avoir été trop lent et trop bureaucratique dans l’évacuation des interprètes afghans qui aidaient les soldats canadiens. (Voir Forces armées canadiennes.)

Presque tous les Canadiens d’origine afghane résident dans de grandes villes comme Toronto, Montréal et Vancouver. Selon le dernier recensement de Statistique Canada (2016), plus de 83 995 Afghans vivent actuellement au Canada.

Être Afghan le 11 septembre

Vie économique

Les Afghans du Canada s’impliquent dans des activités économiques de tous types. Beaucoup œuvrent dans l’industrie alimentaire. On a également vu apparaître de nombreux restaurants afghans dans les grandes villes où sont implantées d’importantes communautés afghanes. Les restaurants de kebab de style afghan se sont graduellement incorporés à la scène culinaire canadienne un peu partout dans les grandes zones urbaines. Les épiceries offrant des produits afghans ne sont pas rares dans les centres commerciaux situés en banlieue de grandes agglomérations. C’est particulièrement vrai dans la région du Grand Toronto. Ces magasins importent des produits alimentaires de spécialité afghans, comme des fruits séchés, des noix et des épices.

Les mariages étant au cœur de la vie communautaire afghane, beaucoup d’Afghans œuvrent dans l’industrie du mariage. Les publicités de photographes, de maquilleurs, de musiciens et d’autres services liés à ces célébrations abondent dans les publications communautaires.

Certaines entreprises afghanes sont impliquées dans l’importation et l’exportation de pièces d’automobile, et de nombreux Afghans travaillent comme mécaniciens. D’autres encore sont ouvriers qualifiés dans le secteur de la construction, de l’aménagement paysager à la rénovation. Beaucoup, parmi la nouvelle génération de Canadiens d’origine afghane, fréquentent des écoles, des collèges et des universités.

Vie communautaire et culturelle

Les Afghans du Canada proviennent de différents milieux ethniques, religieux, économiques et politiques. La communauté afghano-canadienne tient compte de cette diversité. La mosquée est le centre de la vie religieuse. Sunnites, chiites et chiites ismaéliens ont chacun leurs propres mosquées et centres religieux, qu’ils partagent parfois avec d’autres Canadiens ayant les mêmes croyances. (Voir Islam.) En outre, les mariages et les concerts forment une grande partie de la vie culturelle afghane au Canada. De nombreux Canadiens d’origine afghane aiment se rassembler dans des parcs urbains, se réunissant l’été en petits groupes familiaux ou organisant des pique-niques ou des fêtes communautaires. Pour la plupart, ce genre d’activité culturelle, un nouveau volet essentiel de la vie communautaire, est associé à la vie au Canada.

De nombreux chanteurs afghans bien connus vivent au Canada. C’est le cas, notamment, de Wahid Qasemi, de Hangama, d’Ustad Ulfat Ahang, de Qamar Gul et de nombreux autres artistes à la réputation déjà bien établie en Afghanistan avant leur immigration au Canada. D’autre part, une nouvelle génération de musiciens et de chanteurs afghano-canadiens a émergé. De cette génération, on compte Qais Ulfat, Muzhda Jamalzada (Mozdah Jamalzadah) et plusieurs autres, qui sont nés ou ont grandi au Canada. Un grand nombre d’entre eux ont connu la célébrité en Afghanistan.

Plusieurs magazines d’actualité afghano-canadiens sont publiés au pays ; Zarnegaar (fondé en 1996), Afghan Post (fondé en 1999) et Nayab (fondé en 2003) sont les mieux établis.

Vie politique

Presque tous les Canadiens d’origine afghane sont des réfugiés qui se sont établis au Canada en raison de troubles politiques dans leur pays d’origine. La communauté reflète donc la gamme d’opinions politiques retrouvées en Afghanistan, laquelle est divisée selon différentes lignes idéologiques, ethniques, religieuses et économiques.

Maryam Monsef

Cela étant dit, les Canadiens d’origine afghane sont des participants actifs à la vie politique du pays. Ils prennent part aux mouvements sociaux (par exemple, le mouvement antiguerre), aux activités militantes étudiantes et à celles des syndicats, en plus de participer aux élections canadiennes. Maryam Monsef est la première femme afghane à être élue députée fédérale après avoir remporté l’élection de 2015 à titre de candidate libérale. C’est également la première musulmane à être nommée ministre du cabinet d’un gouvernement fédéral canadien.

Relations entre le Canada et l’Afghanistan

Le Canada et l’Afghanistan rétablissent leurs liens diplomatiques en 2002 après l’effondrement du gouvernement taliban. L’ambassade du Canada se trouvait à Kaboul, tandis que l’ambassade de l’Afghanistan, elle, est à Ottawa. (Voir Représentation diplomatique et consulaire.) Le Canada a apporté un important soutien financier et militaire à l’Afghanistan. Ces efforts faisaient partie des efforts déployés par la coalition américaine pour encourager le processus d’édification d’un État après le règne des talibans. Il existait également une relation commerciale bilatérale – quoique peu développée – entre les deux pays. Le Canada importait des fruits, des noix et des tapis de l’Afghanistan, tandis que l’Afghanistan importait du Canada de la machinerie, des avions et des pièces. Malgré certaines préoccupations liées à la sécurité, un certain nombre d’entreprises canadiennes menaient leurs affaires en Afghanistan. Là-bas, certaines entreprises canadiennes se spécialisent en exploration minière de matières premières comme l’or, le cuivre, le fer, le pétrole, le gaz, le charbon, la chromite et l’uranium. (Voir Exploitation minière.)

En août 2021, le Canada a évacué son ambassade alors que les Talibans prenaient le contrôle de Kaboul et que le gouvernement afghan s’effondrait. En septembre 2021, le gouvernement canadien refusait de reconnaître le nouveau gouvernement taliban. (Voir Guerre en Afghanistan.)


Lecture supplémentaire

  • Barrnet R Ruben, The Fragmentation of Afghanistan: State Formation and Collapse in the International System (2002, 2nd edition).

  • Mujib Rahman Rahimi, State Formation in Afghanistan: A Theoretical and Political History (2017).

  • Sayed Askar Mousavi, The Hazaras of Afghanistan: An Historic, Cultural, Economic and Political Study (1997).

  • Mohammad Hassan Kakar, A Political and Diplomatic History of Afghanistan, 1863-1901 (2006).