Bishop Strachan School

​La Bishop Strachan School est une école privée pour filles située à Toronto. Fondée en 1867, elle se consacre toujours à sa mission d’origine : préparer les jeunes femmes à obtenir des rôles d’influence dans la société.

Bishop Strachan School, Toronto

Fondation

La Bishop Strachan School (BSS), située à Toronto, est fondée en 1867 à l’initiative du révérend John Langtry, en réponse aux préoccupations contemporaines quant à l’éducation des jeunes femmes. L’école est nommée en l’honneur de John Strachan, premier évêque anglican de Toronto; celui-ci meurt peu de temps après la fondation de l’école. Dès ses premières années, elle enseigne à un certain nombre d’élèves, tant externes que pensionnaires. Actuellement, la Bishop Strachan School est considérée comme la plus ancienne école de jour et pensionnat privé et indépendant pour filles du Canada n’ayant jamais interrompu ses activités.

Dans le premier annuaire de l’école, on peut lire « …d’un bout à l’autre du Dominion, aucun établissement scolaire n’a fourni la formation appropriée à celles qui exercent l’influence la plus grande et la plus importante sur le caractère et le bien-être des prochaines générations. » Bien que cette affirmation soit une exagération, le but de cette école est à l’époque de répondre à ce besoin essentiel.

Premières années

L’emplacement initial de l’école se situe sur un terrain adjacent à l’emplacement actuel du Musée des beaux-arts de l’Ontario. En 1868, elle déménage dans l’ancienne maison de l’évêque Strachan (connue sous le nom de « Palace ») sur la rue Front. Toutefois, les installations n’étant plus suffisantes dès 1870, elle doit élire domicile à Wykeham Hall sur l’avenue College, là où habite sir James Macaulay. Elle y restera pendant 45 ans. C’est alors qu’elle est connue comme Wykeham Hall, la Church School et la Bishop Strachan School.

Anne Thomson, directrice de 1872 à 1875, résume la philosophie de l’école lors d’un discours adressé aux élèves à la fin de l’année scolaire : « N’oubliez pas : vous ne retournez pas à la maison pour devenir d’égoïstes icônes de la mode. La Bishop Strachan School s’est efforcée de vous enseigner à devenir des femmes courageuses et utiles. Je crois que vous verrez nos universités vous ouvrir leurs portes. Travaillez pour votre liberté, mes filles! La connaissance est désormais un puits sans fond; abreuvez-vous! »

La vision actuelle de l’école évoque le point de vue de Mme Thomson : « La BSS sera une force d’inspiration pour que les femmes réalisent leur plein potentiel en tant que personnes d’influence polyvalentes. »

Malgré une certaine précarité financière lors des premières décennies, la BSS s’établit solidement comme établissement scolaire dans les années 1880. Ce rayonnement est majoritairement attribuable à l’encadrement de Rose Grier, qui occupe le poste de directrice de 1876 à 1899. Assez rigoureux et détaillé pour préparer les jeunes femmes à aller à l’université (qui s’ouvre à elles dans les années 1880), le programme d’études comprend également de la danse, des travaux d’aiguille et de la callisthénie. Au tournant du XXe siècle, l’éducation physique est incorporée au programme et l’école organise sa première journée sportive en 1906.

Expansion

À la longue, la BSS, comme elle est communément appelée de nos jours, manque d’espace. Par conséquent, elle déménage en 1915 à son emplacement actuel – un imposant édifice de pierres grises de style néo-gothique situé au cœur du quartier Forest Hill de Toronto, à quelques pas seulement de l’Upper Canada College. C’est là que la BSS continue de forger et de nourrir son identité en tant que lieu d’apprentissage et d’émancipation pour les jeunes femmes.

En 1926, on inaugure une nouvelle et grande chapelle, qui devient rapidement partie intégrante de l’atmosphère et des traditions de la BSS. De nos jours, sur le plan idéologique, elle accepte bon nombre de religions bien qu’elle soit anglicane à l’origine et que sa devise officielle demeure In cruce vinco (Par la croix je suis victorieux).

Bishop Strachan School, 1944

La Deuxième Guerre mondiale se fait ressentir à la Bishop Strachan School, comme c’est le cas pour de nombreux autres établissements scolaires au Canada. Le 3 septembre 1939, trois enseignantes se trouvent à bord du navire SS Athenia lorsqu’une torpille d’un sous-marin allemand l’atteint et le fait sombrer. Dorothy Hutchings, l’une des enseignantes, est tuée dans l’attaque. Par ailleurs, les élèves de la BSS contribuent aux efforts de guerre en se portant bénévoles pour la Croix-Rouge, en tricotant, en organisant des collectes et en vendant des timbres d’épargne de guerre. Pendant la guerre, plus de 160 anciennes élèves s’enrôlent dans les forces armées canadiennes, anglaises et américaines, y compris le Corps de la Croix-Rouge canadienne. Il ne s’agit pas du premier conflit à toucher l’école. En effet, deux anciennes élèves de la BSS enrôlées comme infirmières militaires pendant la Première Guerre mondiale y perdent la vie.

Même si la BSS est réservée aux filles, elle accueille des garçons à diverses périodes et pendant un certain nombre d’années afin de combler les places vides de l’école primaire, et ce, dès 1915-1916, où on peut y dénombrer plus de 20 élèves masculins. De 1937 à 1969, aucun garçon ne fréquente la BSS. Toutefois, celle-ci, confrontée à une réduction du nombre d’inscriptions au niveau primaire, accueille à nouveau les garçons en 1970. Les cinq derniers élèves masculins qui y étudient obtiennent « leur diplôme » de deuxième année en 2003. Depuis, l’école n’accepte plus leur admission.

Aujourd’hui

Fondée la même année que la Confédération, la Bishop Strachan School célébrera son 150e anniversaire en 2017. Cette étroite relation avec les débuts du Canada joue toujours un rôle d’importance dans les anniversaires de la BSS. Par exemple, en 1967, la chorale de l’école est choisie pour chanter à l’exposition universelle d’Expo 67 de Montréal; elle dévoilera en 2017 un nouvel hymne. La BSS prévoit également d’envoyer une délégation d’élèves à la crête de Vimy pour la commémoration du centenaire de la célèbre bataille.

De plus, des travaux d’agrandissement de plusieurs millions de dollars prendront place cette même année pour construire des installations destinées aux sciences, aux technologies, à l’ingénierie et aux mathématiques. De nouveaux studios d’arts et de musique ainsi qu’un auditorium sont prévus. Le slogan de l’école – différent de sa devise – est « Rien ne peut vous arrêter (Girls Can Do Anything) ». Il reflète l’engagement de la Bishop Strachan School à offrir à ses élèves tous les outils nécessaires pour réussir.

Durant l’année scolaire 2015-2016, 900 élèves sont inscrites à la BSS, dont 80 sont des pensionnaires provenant de 18 pays différents.

Diplômées

Emily Murphy
En 1916, Emily Murphy est nommée magistrate de police \u00e0 Edmonton, et devient ainsi la premi\u00e8re femme magistrat de l'Empire britannique .

Au cours de ses 150 années d’existence, la Bishop Strachan School accueille bon nombre de Canadiennes de renom sous son toit, notamment Emily Murphy, la première magistrate de l’Empire britannique et membre des Cinq femmes célèbres, la poète Marjorie Pickthallet la compositrice Ann Southam. Les filles des premiers ministres Lester B. Pearson et John Turner sont également au nombre des anciennes diplômées de la BSS.