​Catastrophes aériennes canadiennes

L’histoire de l’aviation canadienne compte un lot impressionnant d’événements tragiques. Certains d’entre eux ont impliqué des avions canadiens, commerciaux et non commerciaux. Dans certains cas, de nombreux Canadiens ont perdu la vie suivant l’écrasement d’un avion non canadien. S’ajoutent également à cette histoire les accidents qui se sont produits en sol canadien ou qui ont vu le Canada jouer un rôle important en matière de recherche et de sauvetage.



Premières catastrophes

Le premier accident aérien mortel au Canada survient à Victoria, en Colombie-Britannique, le 6 août 1913. Ce jour-là, l’Américain John M. Bryant, aviateur de fête foraine (pilote de voltige), se tue dans l’écrasement de son hydravion Curtiss. Les premières catastrophes, comme cette dernière, ne font que très peu de victimes en raison de la petite taille des avions. Cependant, à mesure que les avions grossissent et que leur usage commercial se répand, les accidents deviennent de plus en plus mortels. Le premier accident aérien majeur au Canada se produit le 25 août 1928, quand un trimoteur Ford en route de Victoria à Seattle s’écrase en pleine tempête dans les eaux de détroit Puget et tue sept personnes.

Catastrophes aériennes commerciales

Le 9 décembre 1956, 62 passagers et membres de l’équipage d’un vol Trans-Canada périssent à la suite de ce qui est alors le pire écrasement de l’histoire de l’aviation canadienne. L’avion disparaît des radars entre Victoria et Calgary. Puis, l’épave est retrouvée au mont Slesse, en Colombie-Britannique. Parmi les victimes, on compte des membres des Roughriders de la Saskatchewan et des Blue Bombers de Winnipeg sur leur chemin du retour après un match des étoiles.

Moins d’un an plus tard, le 11 août 1957, l’écrasement d’un DC-4 de la Maritime Central Airways près de Québec déclasse l’accident précédent, tuant 79 personnes. Le vol nolisé par la Imperial Veterans of Toronto ramenait au bercail d’anciens combattants après une visite de leur famille en Grande-Bretagne.

Ensuite, la pire catastrophe aérienne canadienne mettant en cause un avion commercial implique un appareil canadien et se produit près de Sainte‑Thérèse‑de‑Blainville, au Québec, le 29 novembre 1963. Un DC-8F de la ligne aérienne Trans-Canada s’écrase quatre minutes après son décollage de l’aéroport international de Montréal à Dorval (aujourd’hui l’aéroport international Pierre‑Elliot‑Trudeau), tuant les 118 personnes à bord. Aucune explication valable ne permet de déterminer la cause de l’accident.

Un autre accident notable survient le 8 juillet 1965 : un avion des Lignes aériennes Canadien Pacifique explose durant un vol de Vancouver à Whitehorse, tuant les 52 personnes à bord. Quelques années plus tard, le 5 juillet 1970, un DC-8 d’Air Canada procède à un violent atterrissage à Toronto, rebondit et perd un moteur de droite. Le pilote tente alors de décoller pour atterrir à nouveau, mais l’autre moteur de droite tombe, et l’avion s’écrase, tuant les 109 passagers et membres de l’équipage. Enfin, le 11 février 1978, un avion des Lignes aériennes Canadien Pacifique s’écrase à la suite d’une tentative du pilote d’éviter une déneigeuse sur la piste d’atterrissage à Cranbrook, en Colombie-Britannique. L’accident tue 43 personnes.

Vol 182 d’Air India

La pire catastrophe aérienne associée au Canada et l’une des plus désastreuses de l’histoire est l’attentat terroriste du vol 182 d’Air India le 23 juin 1985. En partance de Toronto et ayant pour destination Mumbai, l’avion s’écrase dans l’Atlantique Nord au large des côtes irlandaises, tuant les 329 personnes à bord, dont la plupart des Canadiens. L’incident donne lieu à des resserrements importants de la sécurité dans les aéroports. Plus tard la même année, un DC-8 nolisé transportant 256 passagers, dont 248 soldats américains, s’écrase au décollage à Gander (Terre-Neuve-et-Labrador), tuant tous ses passagers et membres de l’équipage. Cet accident devient la catastrophe aérienne la plus meurtrière en territoire canadien. Des rumeurs alarmistes au sujet des difficultés mécaniques antérieures de l’avion circulent après l’écrasement.

Personnel naval irlandais enlève le corps d'une victime de l'attentat à la bombe contre le vol 182 d'Air India, en juin 1985.

Vol 111 de Swissair

L’écrasement du vol 111 de Swissair reste gravé dans la mémoire de bon nombre de Canadiens. Le 2 septembre 1998, le vol de la ville de New York à Genève, en Suisse, s’écrase dans l’océan Atlantique près de Peggy’s Cove, en Nouvelle-Écosse. Ses 229 passagers et membres d’équipage, dont 4 Canadiens, périssent dans l’accident. Des milliers prennent part aux opérations de recherche, y compris des pêcheurs locaux, la Garde côtière canadienne, les Forces canadiennes, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et la marine américaine.

Swissair 111 Memorial
Monument commémoratif pour les victimes de la catastrophe du vol 111 de Swissair, près de Peggy's Cove.

Vol PS752 d’Ukrainian International Airlines

Le 8 janvier 2020, un missile sol-air frappe le vol PS752 d’Ukrainian International Airlines peu après que l’avion ait décollé de Téhéran, en Iran. Les 176 personnes à bord périssent. Parmi les victimes figurent 57 Canadiens et 29 résidents permanents. De nombreux Canadiens d’origine iranienne perdent des amis et des membres de leur famille. Le gouvernement iranien nie d’abord tout rôle dans la catastrophe. Cependant, trois jours après l’écrasement, ses forces militaires admettent avoir abattu l’avion par accident. L’attaque se produit dans le contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l’Iran. Le premier ministreJustin Trudeau a promis que le Canada, en collaboration avec d’autres pays, mènerait une enquête approfondie.

Autres catastrophes

D’autres accidents de lignes commerciales surviennent, dont plusieurs coûtent la vie à des douzaines de personnes. Certains sont attribuables à des avions défectueux, à des collisions entre appareils, à des collisions avec des véhicules au sol et parfois à des causes indéterminées. Toutefois, les progrès réalisés dans la conception de dispositifs d’enregistrement automatique (boîtes noires) permettent de mener des enquêtes de plus en plus sophistiquées sur les accidents d’avion.

Certaines catastrophes retiennent l’attention même si le nombre de victimes est moins impressionnant. Quelque 23 personnes sont tuées le 9 septembre 1949, à Saint-Joachim, au Québec, lorsqu’un DC-3 des Lignes aériennes Canadien Pacifique s’écrase à la suite de l’explosion d’une bombe implantée par Joseph‑Albert Guay et deux complices, qui sont jugés et pendus. Le but de leur attentat était d’assassiner la femme de Joseph-Albert Guay, une des passagères. (Voir La tragédie aériennce de Sault-au-Cochon.)

L’accident le plus grave impliquant un avion privé est celui d’un Lockheed Electra de la compagnie Pan‑Arctic Oils le 30 octobre 1974. En effet, 32 des 34 personnes à bord sont tuées lors de l’écrasement à Rea Point, aux Territoires du Nord‑Ouest.

Le pire accident de l’histoire de la défense aérienne moderne survient le 30 octobre 1991. Au cours de la mission de ravitaillement Boxtop, un avion de transport Hercules C-130 du 435e Escadron s’écrase près de la station des Forces canadiennes Alert, dans les Territoires du Nord-Ouest (aujourd’hui le Nunavut). Cinq personnes y perdent la vie. La mission de sauvetage menée au crépuscule et dans des conditions météorologiques terribles que sont celles de l’Arctique permet de sauver 13 personnes.


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