Denise Robert

​Denise Robert, productrice (née en 1954 à Ottawa, en Ontario). L'une des productrices de film les plus importantes au Québec, Denise Robert est derrière certains des plus grands succès du cinéma québécois des derniers 25 ans, allant du Confessionnal de Robert Lepage (1995) jusqu’au film à grand succès De père en flic d’Émile Gaudreault, le film canadien de langue française ayant engrangé les plus grosses recettes au pays.

Denise Robert, productrice (née en 1954 à Ottawa, en Ontario). L'une des productrices de film les plus importantes au Québec, Denise Robert est derrière certains des plus grands succès du cinéma québécois des derniers 25 ans, allant du Confessionnal de Robert Lepage (1995) jusqu’au film à grand succès De père en flic d’Émile Gaudreault, le film canadien de langue française ayant engrangé les plus grosses recettes au pays. Gagnante de plusieurs prix Genie et Jutra, Chevalier de l’Ordre des arts et des lettres de France, Denise Robert est surtout connue pour avoir produit Les invasions barbares (2003), récompensé d’un Oscar et réalisé par son époux, Denys Arcand.

Premiers pas et carrière

Après avoir grandi à Ottawa, Denise Robert, aussi déterminée que passionnée, quitte sa ville à 18 ans pour étudier la musique à l’École des beaux-arts d’Aix-en-Provence, en France. Elle interrompt toutefois ses études et part en voyage initiatique en Israël, en Inde et en Amérique du Sud. De retour à Ottawa, une rencontre fortuite avec le réalisateur et acteur réputé Jean Gascon lui permet de travailler entre 1978 et 1981 au sein de la compagnie de théâtre francophone du Centre national des arts, où elle apprend l’interprétation, la réalisation et la régie de scène.

Plus tard, tandis qu’elle travaille au ministère fédéral des Communications, elle fait une autre rencontre fortuite, cette fois avec les réalisateurs Gilles Carle et Micheline Lanctôt qui donnent un atelier sur la réalisation cinématographique à l’Institut canadien du film. L’envie lui prend d’une carrière dans l’industrie du cinéma. Elle déménage donc à Montréal en 1984 et commence à travailler pour la Société générale du cinéma (aujourd'hui Société de développement des entreprises culturelles, SODEC), où elle développe une excellente compréhension de l’industrie et rencontre ses grands joueurs, dont la réalisatrice Léa Pool. En 1988, cette dernière l’appelle pour l’informer qu’elle a perdu le producteur de son prochain film et cherche un remplaçant. Denise Robert lui offre ses services et fonde l’entreprise Cinémaginaire avec le directeur de production Daniel Louis et le producteur aguerri Robin Spry.

Cinémaginaire

Sa première expérience de production est couronnée de succès : À corps perdu (1988), de Léa Pool, est acclamé dans les festivals et remporte 6 Prix Genie. Denise Robert produit les deux prochains films de Léa Pool, La demoiselle sauvage (1991) et Mouvements du désir (1994), ainsi que le film à sketches Montréal vu par… (1992). Ce film, co-produit par le Québec et l'Ontario, rassemble les films de 6 réalisateurs canadiens d’envergure : Léa Pool, Michel Brault, Atom Egoyan, Jacques Leduc, Patricia Rozema et Denys Arcand.

Denise Robert connaît Denys Arcand depuis 1986, lorsqu’elle voit Le déclin de l’empire américain, film qu’elle déteste à cause du regard cynique qu’il jette sur la culture québécoise. Toutefois, elle se rapproche de lui en 1993, après un souper qu'il prépare en son honneur. Depuis, Denise Robert a produit toutes les œuvres de Denys Arcand.

Succès au box-office et co-productions

Durant les années 1990, les plus grands succès commerciaux de Denise Robert ne viennent pas de Denys Arcand, dont les films ne rapportent pas beaucoup. C’est plutôt les films de Denise Filiatrault, actrice connue devenue réalisatrice, qui engrangent le plus de profits. Les films C’ta ton tour, Laura Cadieux (1998), Laura Cadieux, la suite (1999) et L’Odyssée d’Alice Tremblay (2002) rapportent un total de 5 millions de dollars dans la province et font de Cinémaginaire l’une des forces commerciales de l’industrie cinématographique québécoise.

Si Denise Robert connaît un tel succès au fil des ans, c'est qu'elle sait reconnaître et encourager les jeunes talents novateurs qui créent des films d’auteur profitables. Par exemple, elle produit le premier film de Luc Dionne, Aurore (2005), qui devient l’un des films les plus lucratifs de la décennie au Québec, et son troisième film, Omertà, gagnant du Prix Golden Reel pour avoir réalisé les recettes les plus importantes au Canada en 2012. De même, Émile Gaudreault réalise son premier film, Nuit de noces (2001), avec Cinémaginaire et fait des profits de 2 millions de dollars. Il réalise ensuite quatre autres films pour Denise Robert : Mambo Italiano (2003), Surviving My Mother (2007), De père en flic (2009) et Le sens de l’humour (2011), dont trois surpasseront les recettes de son premier succès.

Cinémaginaire profite aussi des succès de Maurice Richard (2005), réalisé par Charles Binamé, et des Voleurs d’enfance (2005), réalisé par Paul Arcand, le documentaire le plus profitable de l’histoire du Québec. L’entreprise se taille une réputation à l’international en produisant La veuve de Saint-Pierre (2000), un film de Patrice Lecomte récompensé d’un Golden Globe et mettant en vedette Juliette Binoche, Au plus près du paradis (2002), de Tonie Marshall, avec Catherine Deneuve et William Hurt, La petite Lili (2003), de Claude Miller, avec Ludivine Sagnier et Julie Depardieu, et Oscar et la dame rose (2009), d’Éric-Emmanuel Schmitt, mettant en vedette Max von Sydow.

Depuis 1988, Cinémaginaire a produit plus de 40 films qui ont remporté plus de 100 prix un peu partout dans le monde. Denise Robert a réussi à créer un climat où les nouveaux venus, comme Guillaume Sylvestre (1er amour, 2013), et les vétérans comme Denys Arcand peuvent prospérer, en parfait équilibre entre art et commerce.

Engagement auprès d'organisations

Denise Robert est présidente de la Cinémathèque québécoise entre 1997 et 1999, et de l’Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ) entre 1999 et 2002. Elle est membre du Conseil national de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision (ACCT), de la British Academy of Film and Television Arts (BAFTA), de la section des producteurs de l’Academy of Motion Pictures Arts and Sciences (Academy Awards) et de l’Académie des arts et techniques du cinéma (Prix César).

Elle s’implique aussi dans plusieurs organismes de charité au profit des enfants dans le besoin, dont La Fondation du Dr Julien, qu’elle cofonde en 2005. En 1996, Denise Robert et Denys Arcand deviennent parents d’une petite fille, adoptée en Chine.

Prix

Best Motion Picture (Le confessionnal), Prix Genie (1996)

Meilleure série dramatique (Joyeux calvaire) Prix Gémeaux (1997)

Golden Reel Award (Nuit de noces), Prix Genie (2001)

Best Motion Picture (Les invasions barbares), Prix Genie (2003)

Grand prix spécial des Amériques (Les invasions barbares), Festival du film international de Montréal (2003)

Meilleur film (Les Invasions barbares), Prix Jutra (2004)

Best Foreign Language Film (Les invasions barbares), Academy Awards (2004)

Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, Ministère de la Culture, Gouvernement de la République française (2004)

Chevalier de l’Ordre de la Pléiade, Assemblée nationale de Québec(2005)

Doctorat honorifique, Université d’Ottawa (2005)

Golden Reel Award (De père en flic), Prix Genie (2009)

CMPA Producer’s Award, Canadian Media Production Association (2010)

Billet d’or (Omertà), Prix Jutra (2013)