Hippies

Terme inventé au milieu des années 60, peut-être une variation du mot « hipster », pour désigner les membres d'une sous-culture, ou contre-culture, associée aux mouvements de protestation socio-politiques de cette décennie.

Hippies

Terme inventé au milieu des années 60, peut-être une variation du mot « hipster », pour désigner les membres d'une sous-culture, ou contre-culture, associée aux mouvements de protestation socio-politiques de cette décennie. Bien que la culture hippie soit originaire de Greenwich Village à New York et de San Francisco en Californie, elle s'étend à l'ensemble de l'Amérique du nord. Au Canada les hippies se rassemblent d'abord dans le quartier Kitsilano à Vancouver et près de Yorkville Avenue à Toronto. Pour afficher leur identité particulière, ils portent cheveux longs et barbe, s'habillent de manière non conventionnelle, consomment de la drogue, en particulier le LSD et la marijuana, sont mordus du rock'n roll et attirés par les religions non occidentales (voir MOUVEMENTS RELIGIEUX, NOUVEAUX). Ils cultivent la conscience de soi, expérimentent la sexualité et utilisent un langage qui leur est propre (« voyage », « acide », « flower-power »). Enfin, les hippies qui sont plutôt jeunes et issus de la classe moyenne, vivent en marge de la vie économique. Bien qu'on les dénigre et qu'on les tourne en ridicule, leurs idéaux s'accordent avec ceux mis de l'avant par la nouvelle gauche afin de proposer des solutions de rechange politiques et culturelles aux institutions de la société capitaliste. Ils préconisent le PACIFISME, la vie communautaire, l'égalitarisme, l'entraide et le caractère inviolable de la personne humaine. Ils s'insurgent contre la propriété privée, la bureaucratie et la technologie. Plusieurs de leurs idéaux s'inspirent de Marshall MCLUHAN et de sa vision de la société tribale postérieure au stade de l'écriture. À Vancouver la culture hippie est associée aux « sit-ins » du jour de Pâques à Stanley Park, au journal clandestin Georgia Straight et, brièvement, au Front de libération de Vancouver, un groupe d'agitateurs politiques. À Toronto les hippies font des « love-ins » à Queen's Park, Digger House et Rochdale College (collège expérimental d) et organisent un gigantesque « sit-in » sur Yorkville Avenue. Comme phénomène de masse, le mouvement hippie est éphémère. En 1970 le Festival Express de rock'n'roll qui se déroule dans un train d'un océan à l'autre, est probablement le dernier événement hippie d'importance. À la fin, les hippies sont incapables d'élaborer une stratégie qui associerait la contestation culturelle à l'action politique populaire, et ils se perdent dans le solipsisme, l'anti-intellectualisme et dans un grand nombre de thérapies individuelles. Certaines de leurs idées reprises par le mouvement écologiste et par les groupes communautaires s'inspirent des groupes d'action urbaine des années 70.


Lecture supplémentaire

  • Myrna Kostash, Long Way from Home: The Story of the Sixties Generation in Canada (1980).