Journée de la Robe Rouge

La Journée de la robe rouge, également connue sous le nom de Journée nationale de sensibilisation aux femmes et aux filles, ainsi qu’aux personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées, est observée le 5 mai. Elle est l’occasion de rendre hommage aux milliers de femmes, de filles et de personnes bispirituelles autochtones victimes d’une violence disproportionnée au Canada et de sensibiliser la population à cet enjeu. Elle a été inspirée par le projet REDress, une installation de l’artiste métisse Jaime Black, dans le cadre de laquelle elle a accroché des robes rouges vides représentant les femmes disparues et assassinées, ces robes rouges étant ensuite devenues le symbole de la crise persistante entourant les femmes, les filles et les personnes spirituelles autochtones tuées ou disparues.

La Journée de la robe rouge, également connue sous le nom de Journée nationale de sensibilisation aux femmes et aux filles, ainsi qu’aux personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées, est observée le 5 mai. Elle est l’occasion de rendre hommage aux milliers de femmes, de filles et de personnes bispirituelles autochtones victimes d’une violence disproportionnée au Canada et de sensibiliser la population à cet enjeu. Elle a été inspirée par le projet REDress, une installation de l’artiste métisse Jaime Black, dans le cadre de laquelle elle a accroché des robes rouges vides représentant les femmes disparues et assassinées, ces robes rouges étant ensuite devenues le symbole de la crise persistante entourant les femmes, les filles et les personnes spirituelles autochtones tuées ou disparues.
Femmes et filles autochtones disparues et assassinées au Canada

Femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées

Les femmes et les filles, ainsi que les personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées (FFADA2S) constituent une crise des droits de la personne axée sur une violence sexiste et raciste, au Canada. Le nombre de victimes de cette tragédie, toujours en cours, fait l’objet de vifs débats : alors qu’un rapport de 2014 de la Gendarmerie royale du Canada recense 1 181 femmes et filles autochtones disparues ou assassinées au Canada entre 1980 et 2012 (voir aussi Route des larmes), des groupes autochtones estiment plutôt qu’il s’agit de plus de 4 000 personnes, expliquant cet écart par un phénomène de sous‑déclaration et de mauvaise conservation des données (Voir aussi Questions relatives aux femmes autochtones du Canada.)

Au Canada, les femmes, les filles et les personnes 2SLGBTQQIA (bispirituelles, lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans, queer, en questionnement, intersexuées et asexuelles) autochtones doivent faire face à des actes de violence en nombre disproportionné; en effet, bien que les femmes autochtones constituent moins de 5 % de la population canadienne, elles représentent 24 % des femmes victimes d’homicide.

Commission d’enquête nationale

Les communautés autochtones, les associations de femmes et les groupes de défense des droits de la personne ont réclamé, pendant longtemps, une commission d’enquête fédérale indépendante sur cette crise. Cet enjeu fait l’objet d’une importante attention internationale en 2004, lorsque l’organisation Amnesty International publie un rapport détaillant la violence contre les femmes autochtones et appelant à l’action sur cette question. En 2012, la journaliste et dirigeante crie Sheila North Wilson invente le mot‑clic #FADA (femmes autochtones disparues et assassinées) afin d’attirer l’attention sur ce problème; cependant, on parle désormais plutôt de FFADA2S pour inclure également les filles et les personnes bispirituelles, ainsi que les membres de la communauté LGBTQ+ autochtones. (Voir aussi Militantes autochtones au Canada.)

En 2015, les appels à l’action du rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada mettent en avant 94 mesures indispensables pour faire face à l’héritage des pensionnats indiens au Canada. L’appel à l’action 41 traite de l’enjeu de la violence disproportionnée dont sont victimes les femmes et les filles autochtones et réclame la mise sur pied d’une commission d’enquête publique sur cette crise.

En décembre 2015, le gouvernement fédéral promet plus de 53 millions de dollars pour l’établissement de la Commission d’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées dont le mandat consiste à examiner et analyser cette crise, notamment ses causes, et à produire un rapport à ce sujet. En deux ans, 24 audiences ont lieu et 2 386 personnes participent au processus. Le rapport définitif de la Commission d’enquête est publié en juin 2019. Il indique que l’enjeu des FFADA2S est « une tragédie nationale d’envergure cataclysmique » et présente 231 appels à la justice, c’est‑à‑dire des impératifs juridiques permettant d’aborder la crise, d’y mettre fin et d’en réparer les conséquences.

Faits sur la Commission d’enquête nationale

  • Nombre total de participants au processus de consignation de la vérité : 2 386
  • Nombre de membres de familles de victimes et de survivantes ayant témoigné : 1 484
  • Nombre de personnes ayant fait part de leur témoignage par le biais d’expressions artistiques : 819
  • Nombre d’experts, de gardiens du savoir et de responsables officiels ayant témoigné : 83
  • Nombre d’audiences communautaires tenues partout au Canada : 15
  • Nombre d’audiences institutionnelles et avec des gardiens du savoir et des experts tenues partout au Canada : 9

Projet REDress

En 2010, la créatrice métisse Jaime Black lance son projet REDress prenant la forme d’une installation artistique consistant à rassembler et à accrocher des centaines de robes rouges vides représentant les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées au Canada. Voici comment elle évoque, elle‑même, son œuvre : « Grâce au projet REDress, les esprits des femmes et des filles disparues ou assassinées se tiennent ici avec nous aujourd’hui, nous donnant courage, force et clarté et nous guidant sur la voie de la REconquête de notre souveraineté en tant que femmes autochtones. » La première installation a lieu à l’Université de Winnipeg, en mars 2011. Le projet retient l’attention du public et l’artiste reçoit rapidement, sous forme de dons, des centaines de robes rouges venues de tout le pays. Le projet REDress constitue désormais une exposition permanente du Musée canadien pour les droits de la personne et a fait l’objet d’expositions, au fil des ans, dans des universités canadiennes, des assemblées législatives et des hôpitaux, ainsi qu’au National Museum of the American Indian de Smithsonian. Des robes rouges sont également fréquemment accrochées à l’extérieur, à des arbres, des maisons ou des statues, pour sensibiliser la population à cette crise.

Pour la création de son installation, Jaime Black trouve son inspiration dans les propos de l’écrivaine et éducatrice métisse Jo‑Ann Episkenew évoquant des femmes disparues et assassinées et en étant témoin d’un groupe de femmes, à Bogotá, en Colombie, qui portent des robes rouges et cherchent à mieux faire connaître la situation des familles dont des membres ont disparu. L’artiste a également travaillé à proximité de la communauté de Helen Betty Osborne, une Autochtone assassinée. L’idée des robes rouges vides lui est inspirée par la couverture de l’ouvrage The Book of Jessica : A Theatrical Transformation coécrit par Linda Griffiths et l’auteure métisse Marie Campbell, la couleur rouge étant choisie en raison de sa puissance et de sa capacité à accrocher l’œil et parce qu’elle constitue à la fois un symbole de vitalité et de violence. Jaime Black choisit aussi le rouge après qu’une amie autochtone lui a expliqué que cette couleur est la seule que les esprits sont en mesure de voir et qui peut donc être utilisée pour appeler les esprits des disparus en vue de rétablir un contact avec leurs proches. Le projet contribue à la popularité du rouge en tant que symbole du mouvement FFADA2S.

Journée de la robe rouge

Inspirée du projet REDress de Jaime Black, la Journée de la robe rouge est célébrée pour la première fois en 2010. Elle vise à rendre hommage aux victimes, à sensibiliser la population à cette crise et à appeler les gouvernements à prendre des mesures pour lutter contre la violence raciste et sexiste infligée aux Autochtones au Canada. Les commémorations varient d’une communauté à l’autre, mais généralement les observateurs portent du rouge et accrochent des robes rouges aux arbres, aux statues et aux portes. Dans certaines communautés, on organise des marches, des processions et des veillées. Bien que la Journée de la robe rouge ne soit pas un jour férié, elle fait l’objet d’une reconnaissance de plus en plus importante partout au pays.

Dans certaines provinces, le 4 octobre est également reconnu comme une journée en l’honneur des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées. D’autres commémorations en la matière incluent la marche commémorative des femmes, organisée le 14 février par des femmes du quartier Downtown East Side, à Vancouver, qui se tient pour la première fois en 1992, en réponse au meurtre d’une Autochtone dans la ville. La marche a lieu chaque année dans cette ville, pour honorer les personnes disparues et assassinées. Ultérieurement, cette manifestation s’étendra à d’autres villes canadiennes et américaines.