Louis-Jean Cormier

Louis-Jean Cormier, auteur, compositeur, interprète, musicien, réalisateur (né le 26 mai 1980 à Sept-Îles, Québec). Il est issu d’une famille de mélomanes et ses chansons sont empreintes de mélancolie, d’amour et d’engagement collectif. Lauréat du prix Juno de l’Album francophone de l’année en 2013, Louis-Jean Cormier réussit l’impensable : être adulé à la fois des amateurs de musique indépendante et du grand public.



Louis-Jean Cormier

Louis-Jean Cormier en concert lors du Festival des Vieilles Charrues 2016.

Formation et début de carrière

C’est à quatre ans que Louis-Jean Cormier apprend le piano grâce aux enseignements de sa marraine. Elle comprend rapidement qu’il est doué. En effet, l’enfant aime sortir du cadre et créer ses propres mélodies. Il apprend la guitare à l’adolescence et à 15 ans, il fait la tournée des bars de Sept-Îles avec son groupe Kalembourg. La formation musicale a du succès, principalement sur la Côte-Nord; encore aujourd’hui, ses chansons sont connues dans cette région du Québec. Kalembourg publie deux albums et présente plus de 200 spectacles.

Karkwa

Les activités de Kalembourg prennent fin en 1997 avec le départ de Louis-Jean Cormier pour Montréal où il poursuit ses études en musique au cégep Saint-Laurent. L’année suivante, il forme avec quatre amis le groupe Karkwa qui devient rapidement un incontournable dans le milieu de la musique indie rock au Québec. En 2010, Karkwa est la première formation francophone à remporter le prestigieux prix Polaris pour son album Les chemins de verres.


En 2008 et en 2010, Louis-Jean Cormier participe à titre de réalisateur et de chanteur au collectif Douze hommes rapaillés qui rend hommage à la poésie de Gaston Miron et qui donne lieu à deux albums. Il continue de jouer de façon épisodique avec ses anciens collègues de Karkwa; ceux-ci participent même parfois aux spectacles du chanteur et musicien Patrick Watson (Karkwatson).

En 2012, Louis-Jean Cormier débute sa carrière solo avec l’album Le treizième étage. En parallèle, il réalise les projets d’album de nombreux artistes tels que Marie-Pierre Arthur, David Marin et Lisa LeBlanc. Il devient « coach » pour l’émission La Voix à l’hiver 2014. Cette participation lui vaut d’être connu dans tout le Québec. En 2017, il réalise un vieux rêve et devient copropriétaire du studio d’enregistrement Dandurand à Montréal.

Le treizième étage (2012)

L’album Le treizième étage parait le 17 septembre 2012. Les textes font écho, pour au moins deux chansons (Tout le monde en même temps et Un refrain trop long), au « Printemps érable », les grandes manifestations étudiantes du printemps précédent. Comme pour plusieurs artistes, cette mobilisation l’a inspiré dans son travail de création :

J’ai l’impression que c’est le cas de tous les artistes qui ont créé à la suite de ces événements. Les gens sont sortis dans la rue, il y a eu un soulèvement populaire! Notre génération n’avait pas vu ça souvent contrairement à la précédente qui a connu les grands rassemblements des années 60 et 70. J’ai trouvé beau de voir les Rivard, Séguin, Yves Lambert se joindre à nous, les yeux pétillants et le regard espiègle… Et j’avais encore la poésie de Miron en tête dans la foulée de l’aventure des Hommes rapaillés.

Sur cet album, la voix du chanteur est mise de l’avant, ce qui contraste avec l’aventure Karkwa où la musique prenait le pas sur l’ensemble. Les paroles sont aussi un peu moins aériennes que sur les albums du groupe, bien que les images évoquées se frayent un chemin jusqu’à l’imaginaire. Les critiques sont unanimes pour souligner la pertinence et la justesse de cet opus. Olivier Robillard Laveaux du mensuel Voir lui accorde quatre étoiles sur cinq et écrit :

Album solo dominé par la six cordes, Le treizième étage s’inscrit dans une américanité qui contraste avec le rock britannique progressif de Karkwa. Moins vaporeux, les textes écrits avec Daniel Beaumont (auteur pour Tricot Machine) sont directs, parfois émouvants (Un monstre), et servent habilement les refrains accrocheurs de Cormier (Tout le monde en même temps, Le coeur en téflon). Un disque foisonnant, sans compromis.

En 2013, Le Treizième étage lui vaut le prix Juno de l’Album francophone de l’année ainsi que quatre prix Félix, notamment l’Album de l’année — Choix de la critique, l’Album de l’année — Rock, Auteur ou compositeur de l’année (avec Daniel Beaumont) et Spectacle de l’année — Auteur-Compositeur-Interprète. Le 15 novembre 2013, Le treizième étage est certifié disque d’or par Music Canada (40 000 copies vendues)


Les grandes artères (2015)

Après le tourbillon médiatique de l’émission populaire La Voix (hiver 2014), Louis-Jean Cormier s’accorde une pause pour se consacrer uniquement à l’écriture de ce qui deviendra Les grandes artères. Le lancement a lieu le 23 mars 2015. Le titre évoque le cœur, la ville, la route, l’urbanité. Les artères qu’on peut emprunter pour manifester, sortir de la cité, s’évader, voyager. On y parle d’amour aussi, bien entendu, du collectif au plus intime. Chansons de route et musique cinématographique, l’artiste se révèle une fois de plus, grand mélodiste et compositeur. Épaulé par Daniel Beaumont (dans une moindre mesure que pour l’album précédent) et Martin Léon, Louis-Jean Cormier compose ses textes toujours avec cette même justesse. Le webzine Le canal auditif écrit à ce sujet : « […] voilà un album qui aborde les thèmes de la rupture et du chagrin amoureux, et ce, sans compromis, avec en trame de fond le vertige d’une vie qui fout le camp et qui va peut-être un peu trop vite. »

À l’instar du précédent opus, l’album Les grandes artères se voit certifier disque d’or (40 000 exemplaires écoulés). En 2017, Louis-Jean Cormier reprend sa tournée solo Les passages secrets au Québec et va présenter en mars Les grandes artères en France (où l’album était sorti en août 2016) et en Suisse. Son premier album solo, Le treizième étage sort également en France cette même année sur les plateformes de diffusion en continu. La même année débute le tournage de l’émission Microphone à Télé-Québec qui remporte un vif succès. Cette émission accueille des auteurs-compositeurs qui discutent de leurs goûts musicaux et qui revisitent leurs propres chansons réorchestrées par Louis-Jean Cormier. On peut suivre le processus créatif et apprécier le résultat final qui fait l’objet d’une captation télévisuelle sur scène. Un album numérique reprenant les meilleurs moments de la première saison est lancé en 2018, juste avant le début de la deuxième saison, télédiffusée en mars.

Prix et distinctions (séléction)

Avec Karkwa

  • Prix Félix, Auteur-compositeur de l’année (Les tremblements s’immobilisent), ex aequo avec Pierre Lapointe (2006)
  • Artiste de l’année, Auteur-compositeur de l’année et Album Indie Rock de l’année, Gala de l’Alternative musicale indépendante du Québec (2008)
  • Prix Félix, Album de l’année – Alternatif (Le volume du vent) (2008)
  • Prix Félix, Auteur ou compositeur de l’année (Le volume du vent) (2008)
  • Prix Félix, Groupe de l’année (Le volume du vent) (2008)
  • Prix Félix, Vidéoclip de l’année (Échapper au sort) (2008)
  • Prix Félix, Album de l’année – Alternatif (Les chemins de verre) (2010)
  • Prix Polaris, Meilleur album de l’année (Les chemins de verre) (2010)

En solo

  • Prix Juno, Album francophone de l’année (Le treizième étage) (2013)
  • Prix Félix, Choix de la critique (Le treizième étage) (2013)
  • Prix Félix, Album de l’année — Rock (Le treizième étage) (2013)
  • Prix Félix, Auteur ou compositeur de l’année (avec Daniel Beaumont) (2013)
  • Prix Félix, Spectacle de l’année — Auteur-Compositeur-Interprète (spectacle Le treizième étage) (2013)