Rivière Saskatchewan Sud

La rivière Saskatchewan Sud (1 392 km de long) est un cours d’eau très utilisé dans le sud de l’Alberta et de la Saskatchewan. C’est un affluent important de la rivière Saskatchewan qui se déverse dans la baie d’Hudson. Son débit moyen, 280 m3/s, varie d’un bout à l’autre de l’année et est contrôlé par plusieurs barrages et retenues disséminés le long de son cours. La rivière Saskatchewan Sud, qui arrose une région agricole productive, voit son niveau fluctuer périodiquement entre les périodes de sécheresse et les inondations.

Panorama du centre-ville de Saskatoon, en Saskatchewan, au bord de la rivi\u00e8re Saskatchewan Sud. Photographie prise le 11 juin 2011.

Cours

La rivière Saskatchewan Sud naît de la confluence entre les rivières Bow et Oldman, qui prennent leurs sources sur les versants est des Rocheuses. Elle s’écoule vers l’est jusqu’à Medicine Hat, en Alberta, bifurque vers le nord-est, traverse la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan, reçoit les eaux de la rivière Red Deer, puis alimente le lac Diefenbaker, une retenue de 225 km de long formée par le barrage Gardiner. Elle traverse ensuite Saskatoon, en Saskatchewan, avant d’atteindre The Forks où elle se joint à la rivière Saskatchewan Nord pour former la rivière Saskatchewan.

Flore et faune

La rivière Saskatchewan Sud naît dans un milieu naturel constitué de prairies herbeuses, mais ses affluents, les rivières Bow et Oldman, prennent leurs sources dans les Rocheuses et traversent les contreforts de ces montagnes avant d’arriver dans les prairies. La prairie naturelle est constituée de graminées, notamment le pâturin et l’herbe de blé, mais elle a été en grande partie convertie à l’agriculture. La vallée de la rivière est dominée par les peupliers deltoïdes et divers arbustes. On y rencontre de plus en plus souvent des espèces invasives telles que le silène enflé, l’euphorbe ésule, la matricaire inodore, le chardon des champs et le laiteron vivace. Les zones humides des prairies offrent un habitat de reproduction aux oiseaux aquatiques et un milieu de prédilection pour le peuplier baumier, l’épinette noire, le pin gris, le mélèze laricin, le peuplier faux-tremble, le bouleau à papier et l’épinette blanche. En aval de Saskatoon, dans la zone de transition entre la prairie et la forêt boréale, les saules, les trembles et divers arbustes prennent le relais.

La rivière Saskatchewan Sud abrite plusieurs espèces de poissons d’eau chaude telles que le grand brochet, le doré jaune, la laquaiche aux yeux d’or, la perchaude, la brème d’Amérique, le chevalier rouge et l’esturgeon jaune, une espèce en voie de disparition. En amont, dans les affluents des régions montagneuses, on rencontre des poissons d’eau froide, tels que plusieurs espèces de truites, le ménomini des montagnes et le meunier rouge. Parmi les mammifères qui fréquentent le bassin, on peut citer l’ours noir, le wapiti, l’orignal, le cerf mulet, le cerf de Virginie, le bison, le castor, le rat musqué, le porc-épic et un certain nombre de mammifères plus petits. Chez les oiseaux, on observe plusieurs espèces de rapaces (buses, busards et éperviers), de tétraoninés (gélinottes, lagopèdes et tétras), d’oies et de strigidés (hiboux), ainsi que le cygne trompette, le balbuzard pêcheur et le pélican d’Amérique.

Problèmes environnementaux

La rivière Saskatchewan Sud traverse une région aride des prairies canadiennes, mais qui est aussi à la fois agricole et urbaine. Elle est soumise à de nombreux facteurs de stress environnementaux qui affectent la qualité de son eau et son débit. La plus grande partie des prairies herbeuses naturelles du bassin ont été converties à l’agriculture et les zones humides ont de même été drainées à cet effet. Les zones humides sont particulièrement importantes pour plusieurs raisons : elles offrent un habitat aux oiseaux aquatiques migrateurs et aux poissons, elles filtrent naturellement les sédiments et les contaminants et elles atténuent les effets des inondations. La qualité de l’eau est dégradée par les ruissellements agricoles contaminés par des pesticides et des engrais, ainsi que par les eaux usées municipales et les eaux de ruissellement en zone urbaine qui parviennent jusqu’à la rivière et ses affluents. Les eaux usées municipales peuvent contenir des contaminants, provenant notamment de produits pharmaceutiques et de soins personnels, ainsi que des substances perturbatrices du système endocrinien.

L’écoulement fluvial est régulé par de nombreux barrages et réservoirs aménagés tout au long du bassin. L’un d’eux, le barrage Gardiner, est situé sur la rivière Saskatchewan Sud elle-même. Les barrages et les réservoirs sont utilisés pour l’irrigation et la production d’hydroélectricité. Le débit de la rivière est par conséquent plus élevé que la normale en hiver, où se situe le pic de la demande en électricité, et plus bas que la normale au printemps, lorsqu’on laisse les retenues se remplir pour pouvoir faire face à la demande en eau durant l’été.

Les prélèvements d’eau dans le bassin de la rivière Saskatchewan Sud sont les plus élevés des prélèvements réalisés au Canada sur n’importe quel bassin hydrographique. Depuis 2006, aucun nouveau permis d’utilisation de l’eau dans ce bassin n’a été délivré en Alberta. Le changement climatique devrait diminuer encore plus la quantité d’eau disponible et augmenter la fréquence des périodes de sécheresse ainsi que la fréquence et l’amplitude des inondations. La diminution des débits peut se traduire par des niveaux trop faibles pour assurer la survie de plusieurs organismes aquatiques, notamment les poissons et les invertébrés benthiques.

Histoire

Les Autochtones habitent le bassin de la rivière Saskatchewan Sud depuis plus de 10 000 ans. Ils pêchent dans la rivière et chassent le bison, le caribou des bois, l’original et des petits mammifères dans sa vallée. Le bassin de la rivière abritait une importante population de bisons jusqu’à l’arrivée des colons européens qui, en introduisant les carabines et plus tard le chemin de fer, ont provoqué l’effondrement de cette population qui a frisé l’extinction. Les précipices et les enclos à bisons étaient souvent utilisés lors des grandes chasses communales auxquelles participaient plusieurs tribus. Le plus grand précipice historique – Head-Smashed-In Buffalo Jump – se situe dans le bassin de la rivière Oldman, un affluent des sources de la Saskatchewan Sud.

Le bassin de la rivière Saskatchewan Sud comprend le territoire traditionnel des Assiniboines, des Cris et des Ojibwés près du confluent de la rivière avec la Saskatchewan Nord, celui de la Confédération des Pieds-Noirs à l’ouest et celui des Métis sur l’ensemble de son bassin.

Entre 1690 et 1692, Henry Kelsey devient le premier Européen à atteindre la rivière Saskatchewan Sud, aidé par des guides des Premières Nations. Henry Kelsey explore en canot le cours supérieur de la Saskatchewan Sud, puis voyage à terre à l’intérieur du bassin. David Thompson est le premier explorateur européen à avoir parcouru l’ensemble du cours de la Saskatchewan Sud et à avoir remonté la rivière Bow, un important affluent du cours supérieur. Les explorations et la colonisation européennes ont également apporté des maladies qui ont décimé les populations des Premières Nations, notamment avec les épidémies de variole de 1780, 1838, 1856 et 1869. En général, les voyageurs et les commerçants préféraient néanmoins emprunter la Saskatchewan Nord.