Affaires étrangères et du Commerce international, ministère des

En 1925, le ministère passe sous la direction d'O.D. SKELTON, dévoué sous-secrétaire d'État aux Affaires extérieures du premier ministre Mackenzie King.

Skelton, O.D.
Skelton est le conseiller senior des affaires domestiques et étrang\u00e8res de Mackenzie King. On le voit ici, \u00e0 droite, en compagnie de Mackenzie King et de la soeur de ce dernier \u00e0 Kingsmere (avec la permission des Biblioth\u00e8que et Archives Canada).

Affaires étrangères et du Commerce international, ministère des

 Le ministère est fondé en 1909 par le premier ministre sir Wilfrid LAURIER. Sous la direction d'un fonctionnaire, sir Joseph POPE, le ministère délivre des passeports aux Canadiens qui doivent se rendre à l'étranger, tient les archives concernant les politiques et les événements extérieurs, assure la liaison avec le MINISTÈRE DES COLONIES britannique et les consuls étrangers en poste au Canada, et s'occupe des relations courantes avec les États-Unis.

En 1925, le ministère passe sous la direction d'O.D. SKELTON, dévoué sous-secrétaire d'État aux Affaires extérieures du premier ministre Mackenzie King. Entre 1925 et 1929, Vincent MASSEY est le premier diplomate canadien en poste à Washington; un bureau consultatif du Dominion du Canada est ouvert à Genève et des légations sont installées à Washington, Paris et Tokyo. O.D. Skelton joue un rôle déterminant en favorisant les carrières au sein du service extérieur; les postes sont pourvus par examens de concours, système qui permet de constituer un noyau de diplomates de fort calibre, dont feront partie Lester PEARSON, Norman ROBERTSON et Hugh KEENLEYSIDE.

Après la Deuxième Guerre mondiale, le Canada acquiert un nouveau statut et gagne en influence. Le ministère devient alors le centre de diplomatie d'une PUISSANCE MOYENNE, témoignant de l'engagement dynamique du pays sur la scène internationale en matière de solidarité et d'aide à la stabilité du système international, fondées sur la primauté du droit. Les diplomates canadiens jouent un rôle important dans l'élaboration des processus qui déboucheront sur la création des NATIONS UNIES et de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord et se prononcent en faveur d'un Commonwealth multiracial comprenant de nouveaux États indépendants comme l'Inde. Le Canada se trouve comblé en tant que puissance moyenne lorsque le prix Nobel de la paix est décerné à Pearson en 1957 pour l'inauguration par le ministre des Affaires étrangères d'une nouvelle formule de MAINTIEN DE LA PAIX, qui a permis de dénouer la crise de Suez et de résoudre un désaccord entre les pays partenaires de l'OTAN.

Dans un contexte de changements sur la scène internationale et de préoccupations internes telles que l'unité nationale, « l'âge d'or » de la diplomatie canadienne tire à sa fin. Les interventions américaines au Vietnam et au Cambodge et la poursuite de la Guerre froide rendent les ingérences à l'extérieur peu attrayantes, et le ministère est fustigé pour son association avec le complexe militaro-industriel occidental. Le premier ministre Pierre Elliott TRUDEAU entreprend de mener lui-même les politiques étrangères du Canada, et ce, différemment de ses prédécesseurs. Le pouvoir étant dorénavant centralisé autour de conseillers particuliers et l'élaboration des politiques étrangères étant assurée par le travail concerté de nombreux comités du Cabinet, le rôle du ministère se trouve amoindri. Par ailleurs, les compressions budgétaires des années 1980 et 1990 minent encore plus le moral et les ressources administratives. Le faible taux de maintien en fonction des agents du service extérieur devient un problème criant; en effet, parmi les répondants à un sondage de 2001 mené par un cabinet d'experts-conseils privé, 49 % déclarent avoir l'intention de quitter le service extérieur au cours de l'année suivante ou à la fin de leur mandat en cours, ou n'être pas certains de ce qu'ils feront.

Parallèlement, le ministère est soumis à des exigences accrues. À l'issue de la restructuration ministérielle de 1981 et 1982, le COMMERCE INTERNATIONAL, la promotion de l'EXPORTATION et la POLITIQUE D'IMMIGRATION lui sont confiés, tout comme l'AGENCE CANADIENNE DE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL (ACDI). Affaires extérieures et Commerce international Canada, comme s'appelle le ministère en 1982, connaît d'autres transformations vers la fin des années 1980 lorsque les contraintes budgétaires rendent nécessaire une redéfinition de son travail autour de fonctions de base. En 1992, l'immigration et l'aide internationale sont retirées du portefeuille ministériel et la diplomatie et le commerce passent au premier plan; ce changement d'orientation se poursuit en 1993 lorsque Jean CHRÉTIEN succède à Brian MULRONEY au poste de premier ministre. En 1995, le parlement reconnaît officiellement le nouveau nom du ministère : Affaires étrangères et Commerce international Canada (AECIC). Les priorités d'AECIC traduisent l'importance croissante du commerce et des échanges internationaux pour les intérêts canadiens.

L'instabilité, les guerres civiles et les conflits armés qui accompagnent la fin de la Guerre froide réclament aussi l'intervention énergique d'AECIC, tout comme certaines questions plus générales de sécurité telles que la pénurie de ressources, la détérioration de l'environnement, les migrations de masse, la mauvaise gouvernance et la dégradation des droits de la personne et du bien-être des populations. À l'initiative de Lloyd AXWORTHY, ministre des Affaires étrangères de 1996 à 2000, un nouveau cadre de politique pour la sécurité humaine, adapté aux capacités administratives restreintes et aux idées nouvelles sur le pouvoir dans un contexte de mondialisation, voit le jour. On associe aussi à Axworthy la démocratisation de la politique étrangère canadienne, démocratisation en vertu de laquelle les technologies de l'information et des forums nationaux sont utilisés pour sensibiliser la population et la consulter au sujet des politiques. Cette démarche mobilise l'expertise et les ressources de la société civile pour l'élaboration de politiques et entraîne la formation de coalitions diversifiées soutenant les politiques gouvernementales. La campagne de 1996-1997 pour l'établissement d'un traité bannissant les mines terrestres sert de modèle à la participation des ONG au processus d'élaboration de la politique étrangère canadienne, mais on peut dire que la participation du public demeure limitée. À la suite des attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New York et à Washington, la menace du terrorisme mondial et les États défaillants accaparent désormais une bonne part du programme d'intervention du ministère. Une mission multidimensionnelle en Afghanistan donne lieu à la préconisation d'une approche 3D (diplomatie, développement et défense) pour la stabilisation et la reconstruction, nécessitant une amélioration de la coordination entre AECIC, l'ACDI et la Défense nationale.

En décembre 2003, AECIC est divisé en deux ministères; il s'agit d'une décision critiquée, qui aurait coûté au gouvernement 2,25 millions de dollars au départ, puis 10 millions par année jusqu'en février 2006, quand Affaires étrangères Canada et Commerce international Canada sont officiellement réunis. C'est le gouvernement LIBÉRAL de Paul MARTIN qui avait procédé à la séparation, soutenant que deux ministères seraient mieux à même de remplir les engagements égaux du Canada en matière de politique étrangère et de commerce international. Cependant, le débat se poursuit, quant à savoir si la décision visait à saper l'influence du ministère des Affaires étrangères ou à résoudre le problème de surpeuplement dans l'édifice Lester B. Pearson, siège du ministère situé promenade Sussex, à Ottawa. Malgré la décision du gouvernement conservateur de réunir les ministères, les délégués du commerce continuent à travailler à l'ancien hôtel de ville d'Ottawa, ce qui limite les économies de la fusion à moins de 500 000 $ par année.

AECIC gère les relations politiques, économiques et culturelles du Canada avec les autres nations grâce à des liens bilatéraux et à son adhésion à des organisations internationales, dont les Nations Unies, l'Organisation mondiale du commerce, le G8, le Commonwealth, la Francophonie, l'Organisation des États américains et l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord. L'objectif premier du ministère dans ces fonctions est de promouvoir et de protéger les intérêts et les valeurs du Canada à l'étranger. Le ministère sert les intérêts du Canada à l'échelle internationale en analysant les tendances nationales et internationales, en négociant des ententes internationales, en coordonnant avec d'autres acteurs et ministères la mise en œuvre de stratégies commerciales, en guidant la formulation des politiques internationales canadiennes et en donnant aux Canadiens une interprétation de l'état du monde. Il sert le gouvernement canadien à l'étranger en fournissant des services et en administrant les ambassades, les consulats et les bureaux commerciaux du Canada. Selon le récent rapport d'AECIC sur les plans et les priorités (RPP), le Canada maintient une présence officielle dans 80 % des 192 pays indépendants du monde et offre aux Canadiens à l'étranger assistance, services et conseils concernant les documents de voyage et les besoins en matière de services consulaires.


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