Devoir, Le

 En 1910, Henri BOURASSA fonde le journal montréalais Le Devoir, qu'il veut nationaliste pancanadien, très orienté vers le lectorat canadien français, procatholique et antibritannique.

 henri bourassa
fondateur du journal \u00ab le devoir \u00bb et opposant \u00e0 l'action militaire canadienne \u00e0 l'étranger, bourassa stimule la croissance d'un nationalisme vigoureux au québec (avec la permission de biblioth\u00e8que et archives canada/c-27360 /coll. henri bourassa).

Devoir, Le

En 1910, Henri BOURASSA fonde le journal montréalais Le Devoir, qu'il veut nationaliste pancanadien, très orienté vers le lectorat canadien français, procatholique et antibritannique. Il s'y porte à la défense des droits des Canadiens français, tout particulièrement en matière scolaire et prône l'indépendance du Canada de la Grande-Bretagne.

Ses directeurs et ses éditeurs successifs sont: Bourassa (1910-1932), Georges Pelletier (1932-1947), Gérard FILION (1947-1963), Claude RYAN (1963-1977), Michel ROY (directeur intérimaire, 1978-1981), Jean-Louis ROY (1981-1986), Benoît Lauzière (1986-1990), Lise BISSONNNETTE (1990-1998) et Bernard Descôteaux (1998-). De 1958 à 1968, André LAURENDEAU est l'éditorialiste en chef. Le tirage quotidien est de 12 529 exemplaires en 1910, de 20 112 en 1940, de 48 284 en 1965 et de 27 714 en 1975. Le tirage est présentement estimé à près de 34 000 copies pendant la semaine et 58 000 les dimanches.

Le Devoir est un journal d'opinions et d'idées jaloux de son indépendance. Il mène une campagne contre la CONSCRIPTION en 1917 et en 1942. Par la suite, il s'oppose à Maurice DUPLESSIS et au système de patronage. Dans les années 70, il se veut fédéraliste. Les nationalistes le désertent et fondent un concurrent, Le Jour. Aux élections de 1976, cependant, Claude Ryan, en éditorial, recommande à ses lecteurs de voter pour le Parti québécois. Au référendum de 1980, le directeur intérimaire prend position pour le NON, mais trois autres membres de l'équipe éditoriale signent chacun un éditorial favorable au OUI. Quinze ans plus tard, lors du référendum sur la souveraineté-partenariat, il sera le seul journal au Canada à se déclarer en faveur du OUI.

Dans les années 80, Le Devoir traverse une longue crise qui a failli l'emporter. Dans une tentative d'accroître son lectorat, Jean-Louis Roy augmente son contenu économique et culturel. Lise Bissonnette réalise une rénovation complète du journal qu'elle restructure tant au plan financier et administratif qu'au plan graphique et rédactionnel. Le Devoir quitte le Vieux-Montréal pour le centre-ville. Sa situation financière se redresse lentement dans les années 90. Bernard Descôteaux entre en fonction alors que le journal, pour la première fois en presque vingt ans, recommence à faire de modestes profits. Il conserve la plupart des orientations définies par Lise Bissonnette tout en explorant des façons d'augmenter les revenus et le tirage, lequel augmente le samedi mais continue à décroître la semaine. La couverture internationale du Devoir dépend en partie d'articles provenant des quotidiens français Le Monde et Libération. C'est l'un des premiers journaux québécois à s'être doté, à l'été 1997, d'un véritable site Internet.

Voir aussi Publications spécialisées.