Africains

Le vaste continent africain et ses peuples, qui forment un ensemble complexe, n'ont jamais eu de relations étroites avec le Canada.

Africains au Canada

Le terme « Africain » désigne les Noirs de l'Afrique occidentale, orientale et australe, les Chamito-Sémites d'Éthiopie ainsi que les personnes ayant une autre origine ethnoculturelle mais qui considèrent l'Afrique comme leur patrie pour y être établies depuis plusieurs générations. Parmi ces dernières, on compte principalement des Européens d'origine ethnoculturelle britannique ou portugaise, des Afrikaners et des juifs, des personnes de descendance mixte et des Indiens originaires d'Asie, de religion et de culture musulmanes, hindoues ou chrétiennes de Goa.

Le vaste continent africain et ses peuples, qui forment un ensemble complexe, n'ont jamais eu de relations étroites avec le Canada. Avant 1960, les immigrants négro-africains constituaient au Canada un petit groupe dispersé et presque inconnu, quoique la présence d'Africains d'origine européenne ou asiatique soit plus marquée. Jusqu'à tout récemment, il existait peu de documents sur ces groupes.

Historiquement, la politique d'Immigration du Canada n'a jamais encouragé l'immigration d'Asiatiques et d'Africains. De 1946 à 1950, les Africains représentaient seulement 0,3 p. 100 des nouveaux immigrants au Canada, un chiffre qui n'atteindra que 1 p. 100 à 2 p. 100 en moyenne au cours des 20 années suivantes. À la suite du Livre blanc sur l'immigration (1966) et des efforts déployés pour adopter un processus de sélection non discriminatoire, la proportion d'immigrants africains a augmenté d'environ 2 p. 100 de 1968 à 1970, ce qui démontre que le nouveau système, bien que plus objectif, demeurait encore très sélectif.

De plus, ce système favorise certains pays, notamment le Nigeria et le Ghana, dont la population est de race noire. En 1972-1973, à la suite de l'offre du Canada d'accepter environ 7000 Asiatiques d'Ouganda, la proportion d'immigrants africains s'accroit pour atteindre 6,8 p. 100 de l'immigration totale. De 1975 à 1980, cette proportion s'est maintenue aux environs de 5,2 p. 100 en raison de l'arrivée de colons portugais et britanniques venus au Canada après l'indépendance de l'Angola et du Mozambique en 1975 et celle du Zimbabwe en 1980. De 1973 à 1983, quelque 16 000 Sud-Africains, dont la plupart ne sont pas d'origine ethnique noire, sont arrivés au Canada, et 321 autres ont fait de même en 1984. Le flux migratoire soutenu et relativement important en provenance de la Tanzanie et du Kenya indiquait également qu'à l'époque, les immigrants africains étaient d'origine asiatique plutôt que noire.

En 1976, le dépôt du Livre vert sur l'immigration a eu pour effet de limiter l'arrivée d'immigrants potentiels de la catégorie des « indépendants ». Cette mesure a porté un dur coup au mouvement migratoire venant des pays d'Afrique, d'autant plus que Citoyenneté et Immigration Canada ne disposait que de trois bureaux en Afrique. Son bureau de Yamoussoukro (anciennement Abidjan), capitale de la Côte-d'Ivoire, desservait plus de 20 pays largement disséminés dans la région. Celui de Nairobi, capitale du Kenya, en couvrait 19 tout aussi dispersés dans le nord-est du continent. Paradoxalement, le bureau de Pretoria, capitale administrative de l'Afrique du Sud, desservait seulement cinq pays situés à la pointe sud du continent.

La Loi sur l'immigration de 1976 (proclamée deux ans plus tard, en 1978) a cependant eu pour effet bénéfique de permettre aux citoyens canadiens de parrainer des parents proches. Cette disposition a particulièrement profité aux immigrants ayant obtenu le droit d'établissement et originaires de l'Afrique du Sud, de la Tanzanie, du Kenya, de l'Ouganda, de l'Angola et du Zimbabwe (anciennement république de Rhodésie) et, dans une moindre mesure, à ceux du Nigeria et du Ghana. En 1984, le Canada a reçu 3552 immigrants venus d'Afrique (environ 4 p. 100 de l'immigration totale). La plupart des membres de ce groupe qui ont été admis à titre d'« indépendants » arrivaient de l'Afrique du Sud et de Madagascar.

À cette époque-là, la politique d'immigration du Canada encourageait les entrepreneurs et les travailleurs autonomes qui disposaient de capitaux suffisants pour générer des activités commerciales susceptibles de fournir de l'emploi aux citoyens canadiens à immigrer. Il était plus probable de rencontrer de tels entrepreneurs parmi les groupes d'Africains d'origine européenne ou asiatique, plus favorisés, que parmi les groupes de Noirs. Dans l'ensemble, la plupart des Africains, sans égard au groupe ethnoculturel, provenaient des anciennes colonies africaines de langue anglaise, et un nombre plus restreint étaient issus des anciennes colonies de langue française, principalement du Mali, du Sénégal, de la République démocratique du Congo (anciennement le Zaïre), de Madagascar et de la Côte-d'Ivoire.

On estime que seulement 10 p. 100 des Africains classifiés comme réfugiés en Afrique recevraient le même statut selon la définition de l'ONU. Cependant, tous les groupes peuvent comprendre des personnes qui choisissent volontairement de s'exiler ou qui désirent une plus grande liberté individuelle pour elles-mêmes et pour leur famille. Ces sous-groupes sont difficiles à reconnaître sauf lorsqu'il existe des données officielles relatives au statut des réfugiés, comme dans le cas des Asiatiques d'Ouganda. La Loi sur l'immigration de 1976 a institué une nouvelle catégorie de « réfugiés » et, en 1984, le Canada a accepté 684 réfugiés d'Éthiopie. La plupart d'entre eux étaient parrainés par le gouvernement fédéral, mais quelques-uns l'étaient à titre privé.

La population africaine au Canada s'est accrue à un rythme plus rapide que celui de la population dans son ensemble et en 2001, 48 p. 100 des immigrants noirs arrivés au Canada dans les années 1990 étaient nés en Afrique. Au recensement de 1981, le Canada comptait 45 215 personnes d'origine africaine, soit un mince 0,19 p. 100 de la population totale : entre 1996 et 2001, le nombre de personnes d'origine africaine a augmenté de 32 p. 100 alors que le rythme de croissance de la population dans son ensemble ne s'est accru que de 4 p. 100. Selon le recensement de 2006, 138 750 personnes déclaraient être africaines. Il est à noter cependant que, dans ce recensement, la désignation des personnes d'origine africaine sous le terme d'Africains, qui ne s'étaient pas désignées comme Africains du Sud, Éthiopiens, Ougandais, Nigérians dans une autre section du recensement a entraîné une sous-estimation de la population d'immigrants africains, surtout en ce qui concerne les personnes qui s'étaient déclarées Britanniques, Françaises ou d'une autre origine culturelle. Les deux plus grands groupes d'Africains ayant immigré au Canada étaient les Somaliens (37 785) et les Africains du Sud (25 855).

Cette augmentation reflétait l'instabilité politique, les guerres de factions et la violence qui sévissent dans de nombreuses régions du continent africain et qui touchent plus particulièrement les immigrants venus d'Éthiopie, du Kenya, de Somalie, de Tanzanie et de l'Ouganda, dans la corne orientale de l'Afrique. L'Afrique du Sud, pays en transition d'un gouvernement blanc à un gouvernement noir, a aussi connu un exode. Des groupes importants quittent également le nord de l'Afrique (Égypte et Maroc).

C'est dans la catégorie des « réfugiés » que de nombreux immigrants sont reçus au Canada, la catégorie de la « famille » venant au deuxième rang. Un nombre surprenant d'« indépendants » et d'« entrepreneurs » venaient d'Afrique septentrionale et de l'Afrique australe, pôles géographiques du continent. Les Afro-Canadiens se répartissent presque également selon le sexe, si ce n'est que le nombre de personnes de sexe masculin est légèrement plus élevé, quelle que soit la région d'origine en Afrique ou la période de recensement. En général, les membres de ce groupe ethnique sont bien éduqués : 25,5 p. 100 ont au moins un diplôme universitaire et 41,1 p. 100 ont une certaine formation postsecondaire. Les hommes, comme les femmes, occupaient dans leurs pays respectifs des postes administratifs, étaient membres de professions libérales ou travaillaient dans le secteur des services, et 35,6 p. 100 des femmes étaient aussi des employées de bureau.

Malheureusement, le chômage et le sous-emploi au Canada demeurent encore des problèmes sérieux pour nombre de nouveaux arrivants. Statistique Canada rapporte que les immigrants nés en Afrique éprouvent des difficultés sur le marché du travail, et cela, indépendamment de la date à laquelle ils ont immigré au Canada et que le taux de chômage des quelque 70 000 nouveaux immigrants nés en Afrique était quatre fois supérieur à celui des personnes nées au Canada.

En 1991, comme ce fut le cas en 1981, la majeure partie des immigrants africains ont choisi de s'établir en Ontario, suivi du Québec. Toutefois, après 1984, un plus grand nombre d'entre eux se sont établis en Colombie-Britannique et en Alberta. L'Ontario compte le plus grand nombre d'habitants originaires de l'Afrique orientale. Dans les dernières années, toutes les provinces et les territoires canadiens ont connu une augmentation du nombre d'immigrants africains. Beaucoup d'entre eux parlent une langue africaine à la maison mais, en général, les Africains qui immigrent au Canada ont une bonne connaissance pratique de l'anglais ou du français.

Établissement, intégration et vie culturelle

Les premiers Noirs d'Afrique
Avant 1970, un très petit nombre d'Africains sont venus s'établir au Canada. Ils sont venus surtout d'Éthiopie, du Kenya, de l'Afrique du Sud, du Zimbabwe et de la Zambie. À cette époque, plusieurs pays d'Afrique ont obtenu leur indépendance : le Ghana (1957), le Nigeria (1960), l'Ouganda (1962), le Kenya (1963), la Zambie (1964) et la Tanzanie (1964). La Rhodésie blanche (du Sud, aujourd'hui le Zimbabwe) a déclaré son indépendance de la Grande-Bretagne en 1965, et l'Afrique du Sud est devenue une république et s'est retirée du Commonwealth en 1961. Compte tenu de ces changements, il a été difficile de déterminer la composition ethnique de l'immigration africaine au Canada à cette époque. Il est possible que de nombreux nouveaux arrivants aient été des colons européens qui quittaient une Afrique en pleine mutation, mais il est certain que les Noirs d'Afrique ont aussi commencé à s'établir au Canada dans les années 60.

Les réfugiés éthiopiens admis au Canada au cours des dernières années forment un groupe culturel et linguistique distinct des autres Africains, avec qui ils semblent n'avoir entretenu que des relations superficielles. Les réfugiés d'Érythrée, une ancienne province sécessionniste en bordure de la mer Rouge, sont en général bien instruits et possèdent des compétences professionnelles. Plusieurs d'entre eux parlent italien, héritage de l'occupation italienne de l'Éthiopie durant la Deuxième Guerre mondiale. En 1991, l'Érythrée obtient son indépendance au terme de la plus longue guerre de l'histoire africaine contemporaine. Un petit sous-groupe éthiopien (de 10 000 à 12 000 personnes) présente un intérêt particulier. Il s'agit des Falashas (les « juifs noirs ») issus des provinces du nord-ouest de l'Éthiopie. Ils pratiquent une forme ancienne de judaïsme sans pour autant connaître l'hébreu. Leurs prêtres utilisent le ge'ez, une écriture sémitico-sabéenne datant du IVe siècle apr. J.-C. En 1984 et de nouveau en 1991, des milliers de juifs éthiopiens ont été évacués secrètement vers Israël.

Le Canadian African Newcomer Aid Centre de Toronto, fondé en 1984 et desservant la population africaine de l'Ontario, rapporte que les immigrants africains ont adopté une attitude discrète pendant qu'ils tentaient de s'intégrer et de surmonter le « choc culturel ». Le changement des valeurs (comme le respect des personnes âgées et des dirigeants de la communauté, l'importance de la modestie, de l'obéissance et de l'humilité), le passage du « nous » collectiviste au « je » individualiste qui prévaut en Amérique du Nord, l'absence de leur système traditionnel de soutien de la communauté et le changement des rapports de force dans leurs relations conjugales leur ont posé de graves difficultés. Nombre d'entre eux doivent consulter un psychologue. D'autres facteurs leur compliquent la vie : de longues périodes de séparation d'avec leur conjoint, les rigueurs de l'hiver canadien, la nécessité d'apprendre à demander de l'aide. De plus, on ne reconnaît pas toujours leurs compétences acquises dans les pays africains. Ainsi, des personnes hautement qualifiées se retrouvent souvent chauffeurs de taxi. Des organismes africains leur fournissent un moyen d'établir des réseaux et d'obtenir du soutien psychologique.

Par ailleurs, on estime que, de l'extrémité ouest à la corne de l'Afrique (extrémité est), deux millions de fillettes sont excisées chaque année. L'opération peut varier entre une « légère » ablation de parties du clitoris, jusqu'à une horrible infibulation ou à l'ablation complète des organes génitaux avec suture des grandes lèvres ne laissant qu'un petit orifice. Il en découle d'énormes problèmes médicaux et psychologiques pour les quelque 130 millions de femmes qui ont subi cette pratique. De 1981 à 1991, le Canada a accueilli des personnes en provenance des pays d'Afrique, et l'idée que cette pratique puisse s'exercer ici au Canada inquiète les communautés ethniques africaines, les institutions médicales et légales et les organismes multiculturels du Canada. Le Code criminel du Canada a été modifié de façon à interdire la mutilation génitale des femmes.

Comme c'est le cas partout pour tous les immigrants, les nouveaux arrivants africains se dirigent vers les plus grandes villes canadiennes dans le but d'y trouver du travail, des logements à prix abordable et des écoles pour leurs enfants. Paradoxalement, si le fait de vivre près « des leurs » crée un environnement bénéfique qui favorise leur adaptation, il nuit aussi à leur intégration dans la société et dresse des barrières entre les groupes ethniques. Par exemple, l'incompréhension envers les pratiques religieuses islamiques et les habitudes culturelles des enfants somaliens à l'école a été évoquée pour expliquer l'antagonisme qui les oppose aux autres enfants.

En 2006, le Québec était devenu la nouvelle patrie de 77 960 Africains francophones. Nombre d'entre eux étaient des réfugiés ayant échappé aux massacres et au génocide qui ont ravagé des pays comme le Rwanda et le Burundi.

En tant que groupe, les Noirs d'Afrique partagent une expérience commune : le racisme, les préjugés et discrimination dans leur pays d'adoption. Contrairement aux credo libéraux répandus dans les sociétés occidentales, la discrimination ne disparaît pas nécessairement dans les périodes de prospérité économique. Elle reste plutôt à l'état latent pour réapparaître pendant les temps de crise. Il est très difficile pour les Africains membres des professions libérales dans la région de Toronto de trouver du travail dans leur champ d'activité. De plus, depuis longtemps, la présence d'Africains dans les forces policières et dans les conseils scolaires est négligeable. Les municipalités régionales deviennent les bancs d'essai des politiques gouvernementales en matière de multiculturalisme et d'immigration. Nombre de municipalités sont réticentes à s'accommoder à différentes cultures. Faire partie d'une minorité raciale, être noir dans une société blanche, cela engendre des frustrations, de la rancœur et de la colère. Les Noirs sont forcés de s'unir à divers groupes avec qui ils partagent un but commun.

Les artistes afro-canadiens, se sentant en marge de la communauté artistique dominante, ont créé, hors des grands courants artistiques, une musique, une écriture, une poésie et une peinture qui leur sont propres. Ils ont puisé dans leurs racines africaines leur inspiration, leur vision et leur identité. Toronto est maintenant l'un des plus grands centres de musique africaine en Amérique du Nord. Chaque région d'Afrique y apporte sa propre tradition musicale, riche et distincte. En 1990, le Dr Thaddy Ulzen, médecin né au Ghana, a été le fondateur et l'organisateur principal de l'Afrofest, le Festival de musique africaine qui se tient chaque année. Le Canadian Artists Network: Black Artists In Action Festival (CAN BAIA) , fondé en 1995, célèbre l'identité africaine et permet aux artistes africains de sortir de leur isolement, d'échanger des idées et de promouvoir leurs talents. L'organisme Celebrating African Identity (CELAFI) a été créé pour favoriser les liens entre les artistes noirs internationaux et leurs homologues canadiens par l'entremise de conférences et de spectacles d'arts visuels, de musique, de danse, de cinéma et d'ateliers de littérature. Les thèmes africains et les traditions esthétiques ont été mis à l'honneur au Canada par David Kibuuka, d'origine ougandaise, par Macaulay Eteli, d'origine nigériane et par le danseur et chorégraphe Len Gibsonqui ont tous trois remis en question nos conceptions de l'« art canadien ».

Asiatiques d'Ouganda et autres Asiatiques

En 1972, lors du processus d'« africanisation » de l'Ouganda, quelque 50 000 Asiatiques ont été expulsés du pays. Environ 7000 d'entre eux ont été invités à s'établir au Canada. Très peu d'entre eux ont cependant accepté l'offre canadienne et le recensement de 2006 indique qu'il n'y a que 3300 personnes d'origine ougandaise au Canada. En raison de la grande variété de leurs compétences et de leurs antécédents professionnels, conjuguée à leur sens de l'initiative et à leur esprit d'entreprise, la plupart des Ougandais ont fait des progrès socioéconomiques constants au Canada. Ils se sont établis principalement en Ontario (Toronto), en Colombie-Britannique et au Québec.

Le plus important groupe d'Asiatiques ougandais au Canada est celui des ismaïliens, secte issue de la branche chiite de l'islam. On trouve aussi au Canada une autre secte islamique, plus petite, celle des ash'arites. Les ismaïliens et, à un degré moindre, les ash'arites ont formé de solides organisations ethnoculturelles et religieuses qui ont contribué à leur intégrité sociale et psychologique et à leur progrès économique.

En 2001, la communauté ismaïlienne du Canada compte plus de 580 000 personnes. Le prince Karim Aga Khan, établi à Genève, est le chef spirituel des ismaïliens. L'Aga Khan est le 49e imam et se dit descendant direct du prophète Muhammad. Il a fondé et dirige l'Aga Khan Foundation, d'envergure mondiale, qui fait partie de l'Aga Khan Health Network, lequel poursuit une mission philanthropique dans les pays en voie de développement. En 1992, l'Aga Khan a visité le Canada pour commémorer le 20e anniversaire de l'arrivée des ismaïliens au Canada. La même année, il s'est associé à l'Agence canadienne de développement international (ACDI) pour financer des projets au Kenya et en Tanzanie.

Hindous gujaratis

Les hindous gujaratis sont issus de la caste traditionnelle commerçante de l'Inde et de l'Afrique orientale. Au Canada, ils mènent des carrières florissantes dans le commerce et les professions libérales. Ils sont plutôt conservateurs et pratiquent les enseignements de l'hindouisme et du mahatma Gandhi, notamment l'ahimsa (la non-violence), l'ascétisme et le respect de toute forme de vie. Les hindous gujaratis sont généralement végétariens, leurs mariages sont endogames, c'est-à-dire qu'ils se font à l'intérieur de la même caste, et sont souvent arrangés par les parents.

Indiens de Goa

Ces Indiens sont originaires de la province de Goa, colonisée par les Portugais et située sur la côte de Malabar, à 402 km au sud de Mumbai (anciennement Bombay), en Inde. Nombre d'entre eux sont d'origine portugaise, ont des noms portugais, sont pour la plupart catholiques et parlent anglais. Chassés de l'Ouganda par Idi Amin Dada en 1972, beaucoup ont émigré au Canada, s'établissant principalement à Toronto. Les Indiens de Goa sont dotés de leurs propres organisations distinctes de celles des immigrants venus directement de Goa et de celles de la grande communauté portugaise de Toronto.

Les sous-groupes d'Asiatiques sont davantage apparentés aux habitants de l'Inde et du Pakistan qu'aux Noirs d'Afrique sur les plans de la race, de la religion et de la culture.

Selon le recensement de 2006, il y a 4815 Indiens de Goa au Canada.

Portugais de l'Angola et du Mozambique

En 1976-1977, le Canada a accueilli 2100 « rapatriés » (Portugais blancs et de couleur) en provenance des nouveaux territoires indépendants de l'Angola et du Mozambique. Cependant, ils ne pouvaient pas être admis comme réfugiés véritables puisqu'ils possédaient un passeport portugais, les Portugais établis en Afrique étant demeurés citoyens portugais. Deux facteurs ont incité le Canada à faire ce geste humanitaire. D'une part, les pressions de la communauté portugaise canadienne et, d'autre part, l'intervention de l'ambassadeur du Portugal au Canada, qui lui a demandé d'alléger le fardeau des Portugais blancs contraints à l'exil. La plupart de ces immigrants sont arrivés au Canada en 1978-1979 à titre d'ouvriers spécialisés liés par contrat à des compagnies canadiennes. Ces personnes ont prospéré et n'ont pas demandé l'appui des sociétés d'entraide portugaises. Elles se sont bien intégrées dans la société canadienne, peut-être parce qu'elles parlent couramment l'anglais.

Afrique du Sud et Zimbabwe

Les immigrants originaires de l'ex-République sud-africaine constituent de loin le groupe le plus nombreux parmi les pays subsahariens. On estimait, en 1996, qu'il y avait 13 950 immigrants d'Afrique du Sud.En 2006, ce chiffre avait presque doublé (25 855). La désignation Africains du Sud englobe un grand nombre d'anglophones, Britanniques ou juifs, un petit groupe d'Afrikaners (huguenots franco-hollandais), des métis aux origines mixtes, des Asiatiques et des Noirs. On trouve des membres de toutes les professions (professeurs d'université, médecins, enseignants, écrivains, artistes et quelques ouvriers qualifiés) dans chacun de ces groupes. Les immigrants du Zimbabwe (Rhodésiens), au nombre de 3570 en 2006, ont aussi trouvé refuge au Canada.

Durant près d'un demi-siècle, l'Afrique du Sud a connu un climat politique tendu et incertain. L'idéologie politique de l'apartheid se répercutait dans tous les aspects de la vie de ce pays. Au Canada, il semblerait que les barrières à la communication érigées par l'apartheid se prolongent entre les groupes d'immigrés sud-africains en dépit des opinions libérales de ceux de race blanche. Chaque groupe racial entretient au moins des relations distantes avec ses propres membres, mais il existe très peu de liens entre les groupes, même lorsque les gens viennent de la même ville ou du même village. Les premières élections démocratiques en Afrique du Sud (1994), la vision d'une nation « arc-en-ciel » défendue par le président Nelson Mandela et la nature multiculturelle de la société canadienne ont assoupli les attitudes et les perceptions des « différences » parmi les Sud-Africains qui ont choisi le Canada comme pays d'adoption.

En 1995, le gouvernement fédéral a introduit le droit exigé pour l'établissement de 975 dollars que doit acquitter tout nouvel immigrant ou réfugié âgé de plus de 19 ans et des droits exigés pour la citoyenneté de 100 dollars. Ces frais ont été introduits dans le cadre d'une série de frais d'utilisation pour les services de citoyenneté et d'immigration. Bien que quelques réfugiés aient obtenu des prêts du gouvernement pour s'acquitter de ces frais, une nouvelle conjoncture se répandait au pays, selon laquelle les minorités ethniques devraient adopter la « façon de vivre des Canadiens ». La taxe d'établissement et la diminution de la tolérance envers la diversité pourraient ont eu des effets désastreux pour de nombreux réfugiés fuyant les régimes africains en crise, des femmes et des hommes talentueux à la recherche d'une vie nouvelle sous le sceau des libertés individuelles et politiques. Le droit exigé pour l'établissement a été aboli en 2000.

L'Enquête sur la diversité ethnique rapporte qu'une vaste majorité de Canadiens d'origine africaine (83 p. 100) ont un profond sentiment d'appartenance au Canada tout en conservant des liens forts avec leur groupe culturel ou ethnique.


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