Blaine Higgs

Blaine Myron Higgs, ingénieur, politicien, premier ministre du Nouveau-Brunswick (né le 1er mars 1954 à Woodstock, au Nouveau-Brunswick). Blaine Higgs est un ingénieur mécanique qui a été élu député conservateur à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick en 2010 puis est devenu premier ministre le 9 novembre 2018.



Blaine Higgs

Blaine Higgs, premier ministre et chef du Parti conservateur du Nouveau-Brunswick. (13 juillet 2018)

(avec la permission du Parti conservateur du Nouveau-Brunswick/Wikimedia CC)

Jeunesse et début de carrière

Blaine Higgs grandit à Forest City, une petite communauté située près de la frontière internationale entre le Nouveau-Brunswick et le Maine. Son père, Carl, est agent des douanes et sa mère, Bertha, est enseignante à Fosterville. En 1977, Blaine Higgs obtient son baccalauréat ès sciences en génie mécanique de l’Université du Nouveau-Brunswick. Jeune diplômé, il travaille pour Irving Oil à Saint John, au Nouveau-Brunswick.

Jeune adulte, Blaine Higgs s’oppose à la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, qui garantit des services gouvernementaux bilingues. En 1989, il se présente à la direction du Confederation of Regions (COR), un nouveau parti voué à l’abrogation de cette loi. Bien qu’il termine au deuxième rang dans la course à la direction, il ne se présente pas sous la bannière du COR aux élections de 1991, une campagne au terme de laquelle le parti remporte huit sièges et forme l’opposition officielle.

Au sein d’Irving Oil, Blaine Higgs gravit les échelons. Il prend part aux négociations d’une entente entre Irving et Repsol, une société énergétique espagnole, pour la construction d’un terminal d’importation de gaz naturel liquéfié qui est annoncée en 2005. Lorsqu’il prend sa retraite de la compagnie en 2010, il est directeur de la logistique, de la distribution et du développement des affaires.

Politique provinciale

Blaine Higgs est nommé candidat du Parti conservateur dans la circonscription de Quispamsis (dans la région de Saint John) lors des élections provinciales de 2010 au Nouveau-Brunswick. Contrairement au COR, le PC est favorable au bilinguisme officiel. Blaine Higgs déclare que son opinion sur la question a changé : ses quatre filles étudient en immersion française. Il est élu et le PC forme un gouvernement majoritaire. Le premier ministre David Alward fait de Blaine Higgs le nouveau ministre des Finances de la province. Il donne le ton à son mandat de quatre ans en demandant aux Néo-Brunswickois « de prendre en considération ce qui est nécessaire plutôt que ce qui est désiré. »

En tant que ministre des Finances, Blaine Higgs ne cache pas sa frustration face à la politique conventionnelle. Il compare publiquement les campagnes électorales à des ventes aux enchères où les politiciens, momentanément vulnérables, sont prêts à se surpasser les uns les autres à coup de promesses électorales afin de récolter le plus de votes possible. Il refuse d’endosser la nomination par favoritisme d’une collègue de Cabinet, Margaret-Ann Blaney, au poste de PDG d’une société d’État, qui suscite la controverse.

Malgré de fréquentes déclarations sur le contrôle des dépenses publiques, Blaine Higgs n’effectue des coupures que dans un seul exercice financier au cours de son mandat de quatre ans. Dans son premier budget, il réduit les dépenses de 1,6 % pour l’année 2011-2012. Les années suivantes, des revenus stagnants jumelés à une hausse modeste, mais concrète des dépenses l’empêchent d’atteindre son but qui est d’équilibrer le budget avant les élections de 2018. Dans son dernier budget, Blaine Higgs prévoit un déficit de 391 millions de dollars. (Les chiffres sont plus tard revus à la baisse, soit à 361 millions de dollars.) Il affirme que ses efforts pour réduire davantage les dépenses ont été contrecarrés par des collègues qui s’inquiètent de leur réélection. « En période d’élection, on se concentre moins sur les initiatives prévues », dit-il.

Leadership du PC

Le Parti conservateur perd les élections de 2014, mais Blaine Higgs est réélu dans la circonscription de Quispamsis. Deux ans plus tard, il se présente pour remplacer David Alward à la tête du parti, se positionnant comme un candidat marginal. Il s’engage à éviter les promesses électorales visant à « acheter des votes » par des dépenses. La majorité du caucus conservateur appuie d’autres candidats, et plusieurs membres craignent que le fait qu’il ne parle pas français nuise à l’élection du parti. Malgré les inquiétudes, il remporte la course à la direction au troisième tour. 

Élections de 2018

Avant la campagne électorale de 2018, le gouvernement libéral du premier ministre Brian Gallant s’appuie sur la carrière de Blaine Higgs à Irving Oil pour le dépeindre comme un ami des grandes entreprises, qui ne comprend pas les inquiétudes du citoyen néo-brunswickois moyen. Blaine Higgs réplique que ses trois décennies au sein de la compagnie lui ont permis d’acheter une maison, d’élever trois filles dans la province et de comprendre les familles d’ouvriers. Il cherche également à convaincre les francophones qu’il est sympathique à la défense de leurs droits linguistiques malgré son engagement passé dans le COR. « J’ai une vision différente des choses, maintenant », dit-il.

Le jour des élections, les libéraux sortants accaparent un plus grand nombre de voix (37,8 % comparativement à 31,9 % pour le PC), mais les conservateurs remportent quand même 22 sièges, soit un de plus que les Libéraux, les empêchant ainsi de former un gouvernement majoritaire. Le Parti vert et l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, un nouveau parti de droite de milieu rural, remportent trois sièges chacun. Les Libéraux de Gallant tentent de rester au pouvoir en présentant un discours du trône et en proposant un vote de confiance. Les trois membres de l’Alliance promettent d’appuyer les conservateurs de Blaine Higgs à tous les votes de confiance pour une période de 18 mois, et aident le PC à défaire le gouvernement fédéral le 2 novembre. 

Premier ministre du Nouveau-Brunswick

Blaine Higgs est assermenté à titre de premier ministre le 9 novembre 2018 et remporte le vote de confiance du 30 novembre, toujours grâce au soutien de l’Alliance. Le nouveau gouvernement agit rapidement sur plusieurs questions. Blaine Higgs déclare que le résultat du vote de confiance lui permet d’accorder une exemption locale, près de la ville de Sussex, au moratoire décrété par les libéraux sur l’ensemble du territoire de la province quant à la fracturation hydraulique pour l’extraction du gaz de schiste. Il présente aussi un projet de loi pour limiter la hausse des primes d’indemnisation des employés, ainsi qu’un budget d’immobilisation qui retranche plus de 200 millions de dollars aux dépenses prévues en infrastructures, retardant plusieurs projets majeurs.

Le 18 décembre 2018, le gouvernement de Blaine Higgs annonce un assouplissement des critères d’embauche liés au bilinguisme dans certaines régions de la province afin de répondre à la pénurie de personnel, une mesure réclamée par l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick. Suite à cette décision, le PC est accusé d’avoir violé la Loi sur les langues officielles et les dispositions de la politique de bilinguisme de la Charte canadienne des droits et libertés. Blaine Higgs précise que les mesures ne sont que temporaires, mais l’unique membre francophone du Cabinet du Parti conservateur envisage de démissionner pour protester. 

Vie personnelle

Blaine Higgs est marié à son épouse Marcia depuis plus de 40 ans. Le couple a quatre filles, Lindsay, Laura, Sarah et Rachel, ainsi que quatre petits-enfants.