Brian Gallant

Brian Alexander Gallant, avocat, chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, le 33e premier ministre du Nouveau-Brunswick 2014-2018 (né le 27 avril 1982 à Shediac Bridge, au Nouveau-Brunswick). Il est élu premier ministre du Nouveau-Brunswick le 23 septembre 2014 lorsque son parti remporte la majorité. Alors âgé de 32 ans, il est le plus jeune premier ministre provincial du pays. Aux élections provinciales de septembre 2018, toutefois, le parti Libéral perd sa majorité. Brian Gallant démissionne de son poste de premier ministre après un vote de confiance défavorable en novembre 2018; il est remplacé par le progressiste-conversateur Blaine Higgs.



Brian Gallant
Brian Gallant le 7 avril 2017

Enfance et formation

Brian Gallant est né à Shediac Bridge, une collectivité acadienne, de Pierre Gallant (d’origine acadienne) et Marilyn Scholten (la fille d’immigrants hollandais). Il obtient un baccalauréat en administration des affaires et un baccalauréat en droit de l’Université de Moncton, où il est président de la fédération étudiante. Il obtient aussi une maîtrise en droit de l’Université McGill. Après l’obtention de son diplôme, il se joint au cabinet de Stewart McKelvey à Moncton. Plus tard, il rentre comme associé chez Veritas Law à Dieppe, où il pratique le droit des sociétés, le droit commercial et le droit de l’immigration.

Début de carrière politique

Alors qu’il est encore étudiant à l’Université de Moncton, Brian Gallant est candidat aux élections provinciales de 2006 pour le Parti libéral dans la circonscription de Moncton-Est, mais c’est le progressiste-conservateur Bernard Lord, alors premier ministre de la province, qui les remporte. Après la défaite du Parti libéral aux élections de 2010, Brian Gallant rédige un article recommandant des changements à apporter pour renouveler le parti, y compris l’ouverture à une « nouvelle génération de dirigeants. »

En 2012, il devient candidat pour chef du Parti libéral de la province et devient chef du parti en octobre, malgré qu’il n’a jamais remporté un siège à l’Assemblée législative. En avril 2013, il remporte l’élection partielle à Kent. Lorsqu’il devient  député provincial, il devient également le chef de l’opposition officielle.

Élections provinciales de 2014

La plate-forme électorale du Parti libéral pour les élections de 2014 est axée sur la création de plus de 1700 emplois grâce à des dépenses gouvernementales dans l’infrastructure : Brian Gallant propose que la province consacre 900 M$, étalés six ans, au pavage des routes, à la réparation des ponts et à l’aménagement d’autres infrastructures. La plate-forme libérale inclut également la création de 6000 places en garderie, ce qui coûtera environ 120 M$ à la province sur cinq ans.

Le principal opposant de Brian Gallant, le premier ministre provincial progressiste-conservateur David Alward, affirme que la croissance économique doit se baser sur l’élargissement de l’industrie du gaz de schiste. Cependant, l’emploi de la fracturation hydraulique (fracturation) par cette industrie est controversé et la position de David Alward sème la division pendant la période précédant les élections. En contraste, Brian Gallant et les Libéraux continuent à demander un moratoire sur la fracturation, au moins en attendant de mieux comprendre les risques environnementaux et les dangers pour la santé. Toutefois, ils reçoivent aussi leur part des critiques de leurs opposants politiques, des activistes contre la fracturation et des médias pour ne pas avoir spécifié la durée d’un tel moratorium et pour ne pas avoir confirmé si la fracturation serait éventuellement autorisée sous un régime libéral.

La politique sur l’avortement constitue un autre point litigieux de la campagne électorale de 2014. En avril 2014, les députés libéraux passent deux résolutions liées à l’avortement. L’une demande de « rendre universel l’accès à l’information et aux services afférents à la planification familiale », tandis que la seconde demande « un meilleur accès aux services de santé de la reproduction qui répondent aux normes nationales et qui respectent la Loi canadienne sur la santé. » Cette initiative libérale provoque une réaction indésirable pendant la campagne électorale de 2014, alors que les manifestants contre l’avortement distribuent des cartes postales imagées montrant un fœtus avorté juxtaposé à une image de Brian Gallant, avec la légende, « Voter pour les Libéraux de Brian Gallant, c’est voter pour ceci. » Tout comme le chef libéral Justin Trudeau, Brian Gallant affirme que les MAL libéraux devraient appuyer l’accès à l’avortement.

La plupart des sondages indiquent que Brian Gallant mène la campagne. Cependant, à peine quelques jours avant les élections, il accorde deux entrevues à la CBC que certains étiquettent de « catastrophes sans précédent ». Lors d’une entrevue avec l’animateur Harry Forestell, Brian Gallant affirme que son parti veut augmenter les impôts des gens qui gagnent plus de 500 000 $ par année, et que cela affecterait 200 personnes au Nouveau-Brunswick. Par contre, la nouvelle politique cible en fait ceux qui gagnent plus de 370 000 $, ce qui représente à peu près 600 personnes. Plus tard la même journée, la CBC enregistre une deuxième entrevue avec M. Gallant, au cours de laquelle le candidat rectifie son erreur en expliquant qu’un employé a travaillé très tôt le matin pour lui fournir les chiffres. Harry Forestell exprime sa surprise que les Libéraux effectuent encore des calculs si tard dans la campagne. L’erreur commise provoque des commentaires au sujet de Brian Gallant et de son manque d’expérience, surtout de la part de ses opposants politiques.

Malgré sa bévue, il gagne dans sa circonscription et son parti remporte une majorité (27 sièges, comparés au Parti progressiste-conservateur, avec 21 sièges, et le Parti Vert, avec un seul) lors des élections du 21 septembre 2014. Malgré des problèmes liés à la technologie de vote et un appel de la part de quelques Conservateurs pour un dépouillement manuel, le premier ministre Alward reconnaît sa défaite le lendemain et offre ses félicitations à Brian Gallant, qui deviendra le plus jeune premier ministre provincial du pays lorsqu’il entame son mandat.

Premier ministre du Nouveau-Brunswick de 2014 de 2018

Le premier ministre Gallant et son cabinet sont assermentés le 7 octobre 2014. Une des premières mesures adoptées par le nouveau gouvernement est d’imposer un moratoire sur l’industrie de gaz de schistes. En mars 2015, le gouvernement lance une commission d’enquête sur la fracturation hydraulique afin d’en explorer tous les enjeux et d’obtenir des recommandations. Les deux principales inquiétudes entourant le projet concernent le traitement des eaux souillées provenant des sites d’exploitation et l’absence de consultation avec les Premières Nations de la part de l’industrie. Critiquant virulemment les acteurs de l’industrie pour n’avoir pas tenté de régler ces problèmes, les Libéraux étendent le moratoire jusqu’à nouvel ordre. En revanche, les Libéraux soutiennent le projet d’oléoduc Énergie Ouest proposé par TransCanada, mettant en relief son potentiel en ce qui a trait à la création d’emploi et le développement de la région (TransCanada annule éventuellement ses plans en octobre 2017).

Du côté des soins de santé, Brian Gallant cause la grogne auprès de ses homologues des autres provinces en décembre 2016 lorsqu’il négocie une entente bilatérale de financement des soins de santé avec le premier ministre Justin Trudeau. En effet, les gouvernements provinciaux et fédéral discutaient depuis longtemps l’idée d’une nouvelle entente nationale, mais les négociations tombent à l’eau lorsque les partis n’arrivent pas à s’entendre sur le taux d’augmentation annuel du financement fédéral. L’entente bilatérale résulte en une hausse du financement en santé de 230 millions sur une période de 10 ans pour le Nouveau-Brunswick. Bien qu’il soit sévèrement critiqué pour avoir négocié seul avec le gouvernement fédéral, il est rapidement imité par les autres provinces et territoires. Un point plus controversé encore est la décision du premier ministre de transférer la gestion du programme de soins de santé du Nouveau-Brunswick et du service d’assistance 811 à Medavie Health Services New Brunswick, une société privée offrant des services médicaux d’urgence (les services demeurent néanmoins gratuits pour les patients).

Dans le cadre de sa campagne électorale de 2014, le Parti libéral promet de créer au moins 10 000 emplois au Nouveau-Brunswick. En mai 2018, à la fin d’un mandat de quatre ans, le parti prétend avoir excédé son objectif, ayant engendré plus de 15 000 nouveaux postes en investissant notamment dans les infrastructures et en soutenant le développement des entreprises établies et en démarrage. En contrepartie, comme le souligne le chef progressiste-conservateur Blaine Higgs, l’emploi dans le secteur privé a décliné au cours de la même période. Selon Statistique Canada, le Nouveau-Brunswick a connu un gain total de seulement 1500 emplois entre octobre 2014 et août 2018, ce qui représente la plus lente croissance de toute la région des Maritimes et un dixième de la moyenne nationale pour la même période.

Brian Gallant et Justin Trudeau
En 2017, les gouvernements fédéral et du Nouveau-Brunswick ont signé un accord bilatéral de trois ans sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants. (avec la permission du Gouvernement du Nouveau-Brunswick/flickr)

Dans les mois qui précèdent les élections provinciales de septembre 2018, les libéraux font l’objet de nombreux critiques concernant la perte d’emplois, les dépenses publiques et la privatisation de la gestion du système de santé, en plus de causer la controverse au sujet du moratoire sur la fracturation et de la création potentielle d’une mine de tungstène et de molybdène près de Stanley, un village à 30 km au nord-ouest de Fredericton. La plate-forme libérale pour les élections provinciales de 2018 insistent sur « l’égalité et les perspectives d’avenir » en économie, en éducation, en santé, en environnement et les droits des femmes. Parmi les promesses électorales, on compte le gel des tarifs d’électricité pendant 4 ans, l’augmentation du salaire minimum, l’expansion du programme de garderies gratuites pour les familles à faible revenu, un meilleur accès aux soins de santé dans les régions urbaines et rurales, l’équité salaire pour les femmes et la poursuite du moratoire sur la fracturation hydraulique.

Élections provinciales de 2018

Aux élections provinciales du 24 septembre 2018, Brian Gallant conserve son siège dans le comté de Baie Shédiac-Dieppe. Le Parti libéral, toutefois, ne remporte que 21 des 49 sièges à l’Assemblée, tandis que les progressistes-conservateurs s’emparent de 22 sièges. Le Parti Vert du Nouveau-Brunswick et l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick se partagent également les 6 sièges restants. Pour ce qui est du vote populaire, le Parti libéral de Gallant a une avance de 6 points par rapport aux progressistes-conservateurs, grâce au soutien des électeurs francophones dans le nord de la province.

Bien que son parti ait gagné moins de sièges, Brian Gallant refuse de concéder la victoire aux progressistes-conservateurs. Dans le système parlementaire, le gouvernement en exercice continue son mandat jusqu’à ce qu’il démissionne ou soit dissolu par le lieutenant-gouverneur. Brian Gallant rencontre la lieutenante-gouverneure Jocelyne Roy Vienneau le matin suivant les élections et obtient d’elle la permission de continuer à gouverner la province, à condition de conserver l’approbation de l’Assemblée. Afin de rester au pouvoir, donc, les libéraux doivent obtenir le soutien du Parti Vert et de l’Alliance des gens. Le 2 novembre 2018, Brian Gallant prononce son discours du trône, mais est défait lors d’un vote de confiance se soldant à 23 voies pour et 25 voies contre. Vingt députés libéraux et trois députés du Parti Vert soutiennent le gouvernement, tandis que les 22 députés progressistes-conservateurs et les 3 députés de l’Alliance s’y opposent. Brian Gallant démissionne donc de son poste de premier ministre, et Blain Higgs est assermenté 34e premier ministre du Nouveau-Brunswick quelques jours plus tard, le 9 novembre 2018.

Le 15 novembre 2018, Brian Gallant annonce qu’il se retirera en tant que chef de l’Opposition et chef de parti lorsqu’un nouveau chef aura été choisi.


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