Langues celtiques

Les langues celtiques appartiennent à la famille des langues indo-européennes; elles ont donc des liens de parenté avec la plupart des langues européennes ainsi qu'avec beaucoup d'autres, parlées dans des régions aussi loin à l'est de l'Europe que l'Inde.

Langues celtiques

Les langues celtiques appartiennent à la famille des langues indo-européennes; elles ont donc des liens de parenté avec la plupart des langues européennes ainsi qu'avec beaucoup d'autres, parlées dans des régions aussi loin à l'est de l'Europe que l'Inde. Les linguistes distinguent deux groupes majeurs de langues celtiques : le celtique continental et le celtique insulaire.

Celtique continental

Vers 300 av. J.-C., le celtique continental est parlé dans une grande partie de l'Europe, qui, en termes modernes, s'étend d'ouest en est de la France jusqu'à la Turquie. On trouve des signes des différentes formes du celtique continental non seulement en Gaule, mais aussi dans le Nord de l'Italie et dans la péninsule ibérique. Cependant, avec l'expansion de l'empire romain à partir du IIIe siècle av. J.-C., c'est surtout le latin qui remplace progressivement le celtique continental, un processus achevé presque partout au IIe siècle ap. J.-C., même si le celtique survit sous une certaine forme dans les montagnes suisses jusqu'au Ve siècle ap. J.-C.

Celtique insulaire

Le celtique insulaire est la langue parlée en Irlande et dans les îles britanniques dès l'arrivée des Celtes vers le IVe siècle av. J.-C. Il inclut également le breton, introduit en Bretagne par des mouvements migratoires du sud-ouest à partir des îles britanniques entre le IVe et le VIe siècle ap. J.-C. Le celtique insulaire se divise en deux branches principales, auxquelles on accorde le nom de celtique-Q et de celtique-P, selon une distinction qui semble avoir existé dans le celtique continental. Le celtique-Q insulaire comprend le gaélique écossais, le gaélique irlandais et le mannois, tous trois issus de l'irlandais ancien. Quant au celtique-P insulaire, il inclut le gallois, le breton et le cornique, et historiquement le cumbrien et le picte celtique, puisqu'il semble que les anciens Pictes du Nord de l'Écosse aient parlé plus d'une langue. Cette terminologie s'inspire du fait que le celtique-Q a conservé l'ancien phonème [kw] (transcrit par la lettre « q » dans l'ancienne écriture gaélique oghamique, et par le « c » en gaélique moderne), alors qu'en celtique-P on trouve le phonème plus récent [p]. C'est ainsi, par exemple, que le mot gaélique « mac » (signifiant « fils ») correspond en gallois ancien à « map », alors que le mot « cenn » (signifiant « tête ») en gaélique ancien correspond à « pen » en gallois.

Cornique, mannois et autres langues

Le cornique a disparu avant le XVIIIe siècle et le mannois durant la seconde moitié du XXe siècle. Par contre, tant en Cornouailles qu'à l'île de Man, on assiste à une renaissance, et un certain nombre de locuteurs convaincus peuvent aujourd'hui parler ces langues. Les autres langues sont encore parlées, et les données des recensements en Grande-Bretagne et en Irlande permettent de déterminer le nombre de leurs locuteurs. Il y a en Écosse environ 60 000 personnes qui parlent le gaélique, et environ 40 000 en Irlande. À ce nombre, il faut ajouter environ 750 000 personnes qui, sans que ce soit leur langue maternelle, affirment connaître le gaélique irlandais, mais on ne connaît pas leur degré de compétence. Les statistiques au sujet du gallois sont nettement supérieures, puisque c'est la langue maternelle de 500 000 locuteurs. Il n'existe aucune statistique fiable pour le breton, mais les estimations oscillent entre 20 000 et 700 000 locuteurs.

Langues celtiques au Canada

Au Canada, seuls les ÉCOSSAIS des Highlands et les GALLOIS ont fondé des communautés où leur langue maternelle a pu survivre jusqu'à la fin du XXe siècle. On trouve des communautés gaéliques écossaises au Cap-Breton et dans trois comtés de l'Est de la Nouvelle-Écosse (Guysborough, Pictou et Antigonish), à l'Île-du-Prince-Édouard, dans la vallée de Codroy dans le sud-ouest de Terre-Neuve, dans le comté de Compton au Québec, dans le Sud de l'Ontario (les comtés de Stormont, de Dundas et de Glengarry au sud-est d'Ottawa, et dans le comté du Middlesex à l'ouest de London), ainsi que de part et d'autre de la frontière entre le Manitoba et la Saskatchewan.

L'ÎLE DU CAP-BRETON est probablement aujourd'hui la seule région au Canada où l'on puisse trouver un grand nombre de personnes parlant couramment le gaélique, sans que cela dépasse un millier de locuteurs. Une enquête de 1974 révèle que dans deux colonies de Gallois, situées à Ponoka en Alberta et à Bangor en Saskatchewan, l'on trouvait moins d'une centaine de locuteurs gallois, surtout des personnes âgées et d'âge mûr. Certains de ces locuteurs descendaient de colons gallois d'abord installés en Patagonie, en Argentine.

On peut trouver dans beaucoup de villes et de municipalités canadiennes des gens qui parlent l'une ou l'autre des quatre principales langues celtiques, dont Montréal, qui regroupe un petit nombre de personnes parlant le breton. Une récente recrudescence de l'intérêt pour la culture celtique a permis la création d'une chaire d'études celtiques à l'U. d'Ottawa; d'une chaire d'études gaéliques à l'U. Saint-François-Xavier à Antigonish, en Nouvelle-Écosse; d'une chaire d'études irlandaises à l'U. Saint Mary's, à Halifax; et d'un programme d'études celtiques au collège St. Michael's de l'U. de Toronto.

Voir aussi LANGUAGE.


Lecture supplémentaire

  • M.J. Ball and J. Fife, eds, The Celtic Languages (1993); Gordon W. MacLennan, ed, Proceedings of the First North American Congress of Celtic Studies (1987); Paul Russell, An Introduction to the Celtic Languages (1995).