Économie forestière



Contenants de semis
Les semis en contenants, comme cette épinette blanche, poussent en serre et sont plantés en mars ou en juin (avec la permission de l' Alberta Forest Service).

Économie forestière

 L'économie forestière est l'application de principes économiques à un vaste éventail de sujets, allant de la gestion des ressources forestières à la transformation, la mise en marché et la consommation de produits forestiers. L'économie forestière a beaucoup de points communs avec l'ÉCONOMIE AGRICOLE, mais alors que cette dernière est établie dans l'histoire académique au Canada, il n'existe pas de département d'économie forestière dans ce pays. Les étudiants en foresterie peuvent tout de même élargir leurs connaissances en sciences économiques au moyen des cours suivants : SOCIOLOGY rurale, économie agricole, économie des activités récréatives de plein air et politiques forestières.

Les cours d'économie forestière se concentrent sur l'évaluation des ressources forestières, sur les principes de la GESTION DES AFFAIRES tels qu'appliqués à la régénération et à l'intendance des FÔRETS ainsi qu'à l'industrie forestière et enfin, sur la relation des ressources forestières et de son exploitation avec l'économie nationale et les politiques sociales. Ainsi, les cours traitent des facteurs influant la viabilité financière d'une exploitation donnée, l'industrie en général et l'ensemble des objectifs sociaux.

Les facteurs fiscaux qui determinent le succès d'une exploitation comprennent : les frais d'autorisation et les coûts qu'entraîne l'obtention d'un permis d'utilisation d'une terre à bois publique; l'IMPOSITION; la législation et la réglementation auxquelles est soumise l'industrie; les coûts d'investissement et le prix des produits de base; la répartition géographique de la clientèle (elle détermine les coûts du transport); les contraintes de la mise en marché; le MARCHÉ DU TRAVAIL; et enfin, les diverses politiques fédérales et provinciales. L'économiste forestier doit aussi connaître le côté technique de l'aménagement forestier et de la production industrielle, et posséder une certaine connaissance de l'écologie forestière, la transformation des produits du bois, l'innovation technologique et l'AMÉNAGEMENT DE LA FAUNE.

La FORESTERIE ressemble à l'agriculture parce qu'elles travaillent toutes deux avec des CULTURES, mais leurs différences font ressortir quelques unes des contraintes dont les économistes forestiers doivent tenir compte. Par example, les terres agricoles donnent habituellement une récolte par année; les forêts doivent être aménagées pendant plusieurs années (le cycle de maturation le plus court, celui des PEUPLIERS hybrides pour le bois à pâte, est de 10 ans environ). Si cela n'est pas fait, la viabilité à long terme d'une exploitation est menacée, et il y a des effets néfastes sur l'ÉCOSYSTÈME. D'un autre côté, cette perspective prolongée a également des avantages : elle permet à l'industrie de prendre des décisions administratives, d'organiser la mise en marché, ou d'autres projets à plus long terme.

Une autre différence entre la foresterie et l'agriculture se trouve dans le fait que les agriculteurs possèdent leur terre ou la louent de propriétaires privés, alors que la plus grande partie du territoire forestier appartient à l'État (les provinces en possèdent 71 p. 100, le gouvernement fédéral, 23 p. 100). Cela peut créer un conflit entre les objectifs à court et à long terme pour les fôrets publiques. Il y a aussi différentes activités économiques et sociales, telles la pâture, la CHASSE, les loisirs, ou la protection des bassins versants, qui peuvent entrer en conflit avec la coupe du bois en certains endroits.

Enfin, l'envergure des opérations est également un facteur à considérer. Les fermes occupent au plus quelques kilomètres carrés,mais au moins 30 millions d'ha sont récoltés annuellement. Par contraste, les zones forestières en exploitation sont beaucoup plus grandes, mais seulement un million d'ha, ou moins d'un quart de 1 p. 100, sont récoltés annuellement.

Grille d'analyse

Lorsque les économistes forestiers mettent en application des principes économiques généraux tels l'offre et la demande et d'autres facteurs reliés aux marchés (rendement financier, investissement, mise en valeur, conservation, etc.), ils doivent choisir avec soin la grille d'analyse avec laquelle ils travailleront. Par example, les coûts et bénéfices relatifs de l'aménagement forestier varient dépendamment de la période de temps considérée, de si les calculs incluent les effets directs et indirects, ou de s'ils sont faits pour une compagnie, une économie provinciale ou nationale. Un économiste forestier d'expérience est capable de reconnaître les liens qui existent entre les facteurs économiques, sociaux, écologiques et politiques.

Un des sujets les plus importants à l'heure actuelle est le conflit apparent entre les critères d'investissement forestier. L'approche traditionnelle en foresterie consistait à mettre l'accent sur la croissance des arbres. On disait qu'une forêt atteignait sa maturité et était prête à être exploitée lorsque les arbres avaient atteint le diamètre requis pour être transformés en bois de sciage, ou lorsqu'un peuplement cessait de croître en volume parce que sa capacité annuelle de croissance était ralentie par la maladie, la décomposition ou le taux de mortalité. Au cours des dernières décennies, on a insisté davantage sur le critère d'exploitabilité économique, selon lequel la date idéale pour la récolte est calculée en fonction de sa valeur maximale pour le propriétaire. L'âge d'exploitabilité économique est fonction du rendement économique établi selon les coûts et la rentabilité du marché. Il suppose la libre concurrence et l'absence de coûts extérieurs pour l'ENVIRONNEMENT, la faune, etc. Cette méthode tend à favoriser l'exploitation avant tout autre critère.

Depuis que des problèmes d'approvisionnement ont commencé à se faire sentir mondialement dans les années 70 la liquidation du capital forestier fut remise en question. Ce changement d'attitude a suscité un intérêt accru pour les critères de CONSERVATION qui visent essentiellement à maintenir la base des ressources intacte à long terme. Il s'agit d'un objectif qui plaît particulièrement aux gestionnaires des terres publiques, pour qui le profit n'est pas le motif premier et qui ne sont pas tenus de respecter les critères d'exploitabilité des compagnies. La conservation accorde davantage d'importance à l'intendance de l'écosystème qu'au bois d'œuvre.

Cette approche ne signifie pas pour autant un désintéressement total du critère de rendement financier. Les gestionnaires des terres provinciales doivent toujours utiliser les méthodes financières pour allouer les fonds prévus pour la REFORESTATION. Ils doivent choisir parmi les emplacements et les traitements sylvicoles susceptibles d'assurer les meilleurs taux de croissance et de rendement possibles avec une mise de fonds limitée. Les impératifs économiques mis à part, la seule règle politiquement et socialement acceptable, tant pour les gestionnaires de terres publiques que ceux de terres privées, est de reboiser rapidement après la récolte. Cependant, quelles sommes doit-on consacrer à des pratiques sylvicoles plus intensives, telles l'éclaircissement et la fertilisation? Pour les aménagistes provinciaux la réponse est liée de près à la politique, bien qu'elle soit basée sur les avantages économiques et sociaux attendus à long terme. L'industrie privée et les petits propriétaires de terrains boisés utilisent une variété de moyens pour déterminer le type d'aménagement approprié. Ils le font habituellement avec une vision à plus court terme que leurs confrères qui gèrent les terres publiques, et en tenant compte de la question des taxes qui jouent un rôle important.

Les économistes forestiers peuvent également jouer un rôle capital dans la formulation de POLITIQUES GOUVERNEMENTALES visant à maintenir la récolte actuelle à perpétuité. Malheureusement, la GESTION DES RESSOURCES forestières au Canada est encore bien en deçà de ce qui est nécessaire pour maintenir les niveaux de récolte actuels et assurer une croissance stable. Bien que le Canada possède l'un des meilleurs systèmes de pratiques forestières au monde, trop d'entre elles demeurent encore sous un niveau acceptable. Il en résulte que, après plusieurs décennies de négligence, des pénuries de bois ont commencé à se faire sentir dans bon nombre de localités. Conscients de cette menace, les provinces et le gouvernement fédéral ont commencé à élaborer de nouvelles politiques et des programmes qui doubleront ou tripleront les sommes consacrées au renouvellement forestier. Le leadership du gouvernement fédéral dans ce domaine n'est plus ce qu'il était dans les années 80, alors que la majoration des fonds accordés aux facultés canadiennes de foresterie, l'intensification de la recherche et du développement, et l'établissement de programmes conjoints avec les provinces dans certains domaines tels que la reforestation, l'amélioration des peuplements, l'établissement d'un réseau de 10 forêts modèles, et l'amélioration de la lutte contre les incendies forestiers (p. ex. à travers l'établissement d'un centre de coordination des incendies à Winnipeg et la création d'une flotte d'avions-citernes, les CANADAIR CL-215) comptaient parmi ses priorités. Les provinces assument maintenant l'entière responsabilité de la reforestation et du suivi des travaux de SYLVICULTURE sur les terres provinciales.

Renouvellement forestier

Les raisons invoquées en faveur du renouvellement forestier s'appuient sur la nécessité de stabiliser l'emploi dans le domaine forestier. Selon l'Association des produits forestiers du Canada, il y a près de 225 000 personnes qui travaillent pour l'industrie forestière canadienne. Il y a aussi plus de 670 000 personnes qui ont des emplois indirectement reliés à ce secteur d'activités. On estime que des milliers de nouveaux emplois pourraient être créés dans le renouvellement forestier, de même que dans la transformation à forte valeur ajoutée. De plus, il y a la génération de milliards de dollars en recettes fiscales, les gains de devises étrangères, la protection des bassins de rivières et de la faune, et le soutient de l'industrie multimilliardaire du tourisme et des activités récréatives. Les coûts sociaux de la négligence se traduisent par la dislocation des communautés à vocation forestière, la mutation des employés et l'assistance sociale. Ces coûts sont sans doute beaucoup plus élevés que ceux nécessaires au maintien de la production de bois dans les régions menacées par le déboisement.

Autres sujets

D'autres sujets qui concernent l'économiste forestier sont les répercussions sociales et économiques des PLUIES ACIDES sur les forêts, la fixation des coûts pour les produits autres que ceux du bois (c-à-d., les produits comestibles et non comestibles de plantes et d'animaux, et les produits médicinaux), et les décisions de gestion qui favorisent davantage la foresterie ou la pêche.


Lecture supplémentaire

  • D. MacKay, Heritage Lost: The Crisis in Canada's Forests (1985); R.P. Gillis and T.R. Rouch, Lost Initiatives: Canada's Forest Industries, Forest Policy and Forest Conservation(1986); Natural Resources Canada, The State of Canada's Forests, Annual Reports of Canadian Forest Service.

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