Hilwie Hamdon

Hilwie Taha Jomha Hamdon, leader communautaire (née le 10 août 1905 à Lala, au Liban; décédée le 14 décembre 1988 à Edmonton, en Alberta). Hilwie Hamdon a rallié la communauté musulmane d’Edmonton et mené une campagne pour faire construire la mosquée Al Rashid, la première mosquée du Canada. Elle a été une leader dans sa communauté et a inspiré d’autres femmes musulmanes à assumer des rôles de leadership. (Voir Islam.)

Hilwie Taha Jomha Hamdon, leader communautaire (née le 10 août 1905 à Lala, au Liban; décédée le 14 décembre 1988 à Edmonton, en Alberta). Hilwie Hamdon a rallié la communauté musulmane d’Edmonton et mené une campagne pour faire construire la mosquée Al Rashid, la première mosquée du Canada. Elle a été une leader dans sa communauté et a inspiré d’autres femmes musulmanes à assumer des rôles de leadership. (Voir Islam.)


Premières années

Hilwie Jomha naît dans une famille importante de Lala, un village de la vallée de la Beqaa (dans ce qui est maintenant le Liban) composé de sunnites, de chiites et de membres de groupes minoritaires. La plupart des familles qui y vivent sont des marchands de petites villes ou des agriculteurs locaux.

Au village, les familles Jomba et Hamdon se connaissent bien l’une l’autre. Le futur mari de Hilwie, Ali Hamdon, immigre au Canada au début des années 1900. Il travaille avec des parents et des amis de la vallée de la Beqaa et s’établit comme commerçant de fourrures à Fort Chipewyan, dans le nord de l’Alberta. Dès qu’il se trouve un domicile là-bas, il retourne à Lala pour épouser Hilwie. Le couple immigre au Canada en 1923.

Vie au Canada

Au Canada, Hilwie Hamdon se lie d’amitié avec une famille juive, sans doute en raison de restrictions alimentaires similaires et de problèmes communs en matière d’éducation pour leurs enfants. C’est ainsi que Hilwie Hamdon découvre une de ses principales forces : l’action communautaire.

Hilwie et Ali Hamdon, 1924

En 1933, dès que Hilwie donne naissance à un premier enfant, le couple décide de déménager à Edmonton, où l’éducation est plus adéquate pour leur famille. Au total, Hilwie et Ali ont six enfants : Evelyn, Lavida, Helen, Sidney, Moneer et Lewis. C’est à Edmonton qu’Hilwie Hamdon s’épanouit en tant que citoyenne soucieuse de la communauté. Elle commence également à militer pour la fondation d’une mosquée dans la ville. À l’époque, les prières ont lieu dans des maisons individuelles. En l’absence d’un lieu de rencontre commun, cependant, elles sont très limitées.

Hilwie Hamdon a un grand talent pour rallier les musulmans pendant les célébrations du Ramadan. (Voir Islam.) Elle réunit d’autres femmes de la communauté arabophone pour partager des repas et des pâtisseries avec les habitants. Ces moments ont surtout lieu lors des fêtes musulmanes, mais aussi pendant les activités des autres groupes religieux de la ville, comme à Noël. Elle participe également à des événements culturels et à des activités communautaires liées aux boîtes à lunch, comme elle avait l’habitude de le faire au Liban. Au même moment, les hommes d’affaires arabes obtiennent de plus en plus de succès dans la ville, ce qui augmente l’influence sociale du groupe. Au début des années 1930, la ville compte 12 grandes familles libanaises musulmanes, ainsi qu’un nombre considérable d’autres groupes apparentés. (Voir Arabo-Canadiens.) C’est alors que la communauté commence à discuter de la construction d’une mosquée.

Leadership communautaire

Hilwie Hamdon et quelques hommes d’affaires de la communauté approchent donc John Wesley Fry, le maire d’Edmonton. Leur plan : acheter un terrain appartenant à la ville dans le but d’y construire une mosquée. Or, le maire demande 5000 $ pour le terrain, et la communauté n’a pas les fonds ni l’organisation centrale nécessaires pour planifier un tel achat.


Par conséquent, on fonde l’Arab Muslim Association (l’association arabe musulmane), qui structure officiellement les efforts en vue d’une mosquée. Hilwie Hamdon joue un rôle important dans la fondation de l’association, en plus de commencer à rassembler toute la communauté, y compris des personnes de divers groupes religieux, pour aider à construire la mosquée. Elle fait également du porte-à-porte sur l’avenue Jasper, approchant les propriétaires de commerces pour qu’ils soutiennent le projet. Ces initiatives permettent au groupe de financer l’achat du terrain et les fondations physiques de la mosquée.

Lorsque les fonds d’Hilwie Hamdon commencent à manquer, des hommes d’affaires arabes contactent leurs homologues dans l’Ouest canadien pour obtenir un soutien financier. Cela permet de soutenir l’effort final pour terminer la mosquée. 

La mosquée Al Rashid ouvre officiellement ses portes en grande pompe en 1938. Hilwie Hamdon et les femmes servent pour l’occasion un délicieux repas au sous-sol, tandis que les citoyens de la ville, curieux de voir la première mosquée construite en sol canadien, affluent pour déguster les mets de fête.

L'ancienne mosquée Al Rashid

Après l’ouverture de la mosquée, Hilwie Hamdon continue son travail communautaire : elle y promeut une foule d’autres activités, dont des dîners communautaires pour célébrer l’Aïd, des ventes de boîtes à lunch pour tous et de paniers-repas pour que les jeunes musulmans puissent se rencontrer, des cours d’arabe, des soirées dansantes et des activités éducatives musulmanes. La mosquée devient rapidement un centre culturel et social, à la fois pour les musulmans et les peuples du Moyen-Orient, mais aussi pour les citoyens qui souhaitent interagir avec leurs voisins musulmans. Hilwie Hamdon se rend compte également des possibilités d’éducation pour les jeunes musulmans que la mosquée offre. Son travail a contribué à promouvoir l’image d’une femme musulmane militante, alors que la plupart des gens les considéraient comme passives et au service des hommes.

Héritage

Hilwie Hamdon est devenue une source d’inspiration pour les générations suivantes de femmes musulmanes, notamment les militantes pour l’éducation Lila Fahlman et Soraya Hafez. En outre, Hilwie Hamdon a contribué à ouvrir la voie à une communauté véritablement multiculturelle, bien avant qu’elle ne soit reconnue par la société canadienne dominante.

En 2017, une école d’Edmonton est nommée en l’honneur de Mme Hamdon.

La famille Hamdon