Huu-ay-aht

La Première Nation des Huu-ay-aht, située sur la côte ouest de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, comptait 730 membres enregistrés en septembre 2018. Les Huu-ay-aht sont des Nuu-chah-nulth et bénéficient de l’autonomie gouvernementale aux termes du traité Maa-nulth.

Première Nation des Huu-ay-aht
Steve Thomson, ministre des Forêts, du Territoire et des Opérations des ressources naturelles de la Colombie-Britannique, serre la main de Connie Waddell, directrice générale de la Huu-ay-aht Development Corporation, après la signature de la première licence d'exploitation forestière attribuée à une Première Nation. La licence, qui porte sur 9 500 hectares de boisés, permet la récolte de 70 000 mètres cubes de bois par an. (2 décembre 2011.)
Retour de trésors culturels huu-ay-aht
John Rustad, ministre des Relations et de la Réconciliation avec les Autochtones, félicite les chefs et les membres de la Nation des Huu-ay-aht lors du retour de trésors culturels jusqu'alors détenus par le Royal BC Museum, comme prévu par le traité Maa-nulth. Les Huu-ay-aht ont officiellement repris possession de 17 objets jusqu'alors conservés au Royal BC Museum, notamment un grand écran en bois peint qui a été exposé pendant plusieurs décennies dans la galerie du musée dédiée aux Autochtones. (19 novembre 2016.)
Travailleur forestier huu-ay-aht

Territoire et population

Les territoires traditionnels des Huu-ay-aht sont situés entre Bamfield et Port Alberni. La principale communauté, Ancala (baie Pachena), est située sur la plage Pachena, au départ de la piste West Coast, près de la réserve de parc national Pacific Rim.

Le site de l’ancienne capitale des Huu-ay-aht se nomme Kiixʔin. Situé sur les rives sud-est de la baie Barkley, Kiixʔin abrite les restes encore debout de plusieurs maisons longues et d’autres artefacts archéologiques. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada a déclaré Kiixʔin «&nsbp;lieu historique national » en 1999.

Selon ses représentants, la nation huu-ay-aht comptait plusieurs milliers de membres avant la colonisation. Une série d’épidémies et de conflits, à la fin du 18e siècle et au début du 19e, ont réduit cet effectif d’environ 90&nsp;%. En septembre 2018, la population recensée des Huu-ay-aht s’élevait à 730 personnes, dont la majorité (597) vivait en dehors des réserves.

Vie traditionnelle

Les Huu-ay-aht chassaient et se déplaçaient en fonction des saisons et des mouvements migratoires de certains animaux. Ils capturaient et mangeaient des harengs, des morues, des saumons, des flétans et d’autres poissons ainsi que des mollusques et les crustacés. Les Huu-ay-aht chassaient les baleines, les phoques et les lions de mer, ainsi que les cerfs, les wapitis et les ours. Ils tiraient de ces animaux de la nourriture ainsi que des peaux et des fourrures pour leurs vêtements et la fabrication de certains outils. Ils complétaient leur alimentation avec des baies et d’autres végétaux.

Société

La société des Huu-ay-aht est aujourd’hui encore composée de divers groupes familiaux gouvernés par un chef héréditaire (ha’wiih).Ces chefs détiennent les droits associés à un certain nombre de cérémonies, de chants, de récits et de territoires. Ils forment ensemble le Conseil des ha’wiih. Ce conseil revêt une importance considérable dans la société et la culture huu-ay-aht, mais il gouverne conjointement avec des chefs élus.

Culture

Les Nuu-chah-nulth ont une riche culture cérémonielle, caractérisée par l’organisation de festins et d’activités telles que des chants, des danses, des concours et des représentations théâtrales (voir Potlatch). Dans la tradition huu-ay-aht, des membres sacrés de la société, les « loups » (que la Nation définit comme étant des « jeunes gens ayant un talent particulier pour les cérémonies ») jouent des rôles importants lors de certains rituels culturels.

Les Nuu-chah-nulth sont également réputés pour leurs magnifiques objets en bois, notamment leurs canots, leurs mâts totémiques, leurs maisons multifamiliales et bien d’autres produits fabriqués à la main à partir du bois de cèdre (voir Art autochtone de la côte nord-ouest).

Langue

Les Huu-ay-aht parlent le nuu-chah-nulth (nuučaan̓uɫ) et plus spécifiquement un dialecte baptisé le barkley. Bien que cette langue ait souffert du régime des pensionnats indiens et d’autres politiques d’assimilation, les Huu-ay-aht s’efforcent de la préserver et de la faire revivre. La Nation a mis sur pied un programme destiné aux enfants, baptisé Paawats, conçu pour former des locuteurs bilingues (voir Nuu-chah-nulth : Langue et Familles des langues autochtones de la côte du nord-ouest).

Religion et spiritualité

Le système de croyances nuu-chah-nulth est centré sur l’existence d’un créateur et d’esprits dont les pouvoirs peuvent être utilisés pour amener la paix et porter chance à la communauté. Dans la tradition huu-ay-aht, les formations naturelles, telles que les montagnes, les mers et les forêts, sont censées abriter les esprits d’êtres surnaturels, notamment celui de l’oiseau-tonnerre. Les Nuu-chah-nulth croient que toute forme de vie est associée à un esprit, et qu’elle doit donc être respectée et appréciée. Les chamans se chargeaient de la santé spirituelle des gens en pratiquant la médecine traditionnelle et en organisant des rituels visant à guérir des maladies et à rétablir l’équilibre spirituel (voir Autochtones : religion et spiritualité).

Histoire des origines

Les Huu-ay-aht invoquent différents récits pour expliquer leurs origines. Selon l’un d’entre eux, les premiers ancêtres sont descendus des cieux et ont fondé la communauté actuelle des Huu-ay-aht. Un autre raconte qu’au début, il n’y avait que des esprits et que les animaux pouvaient enlever leur fourrure et leur peau pour devenir Kuu-us (humains). Un jour, les animaux ont décidé de rester humains. Ce sont les premiers Huu-ay-aht.

Les récits des origines expliquent que les ancêtres vivaient en harmonie avec la nature et les animaux (un concept baptisé Hišuk ma c̕awak, « tout est un »). Nutchkoa est le premier homme, Ho-miniki la première femme; les deux sont des divinités. L’histoire et les récits traditionnels des Huu-ay-aht sont un héritage de leurs ancêtres. Ils sont transmis depuis le début de génération en génération. Au 19e siècle, des sculptures représentant Nutchkoa et Ho-miniki ont été érigées à Kiixʔin pour accueillir les invités. Elles sont toujours en place aujourd’hui.

Histoire coloniale

À partir du début du 20e siècle, la présence accrue des colons européens sur les terres nuu-chah-nulth force les Autochtones à se regrouper dans les réserves créées par le gouvernement. Les politiques fédérales assimilationnistes, notamment la Loi sur les Indiens et les pensionnats indiens, ont érodé la culture et les modes de vie traditionnels des Nuu-chah-nulth qui s’efforcent aujourd’hui de préserver et de revitaliser leur langue, leur culture et leur spiritualité.

Droits et revendications territoriales

En février 2016, les Huu-ay-aht de Bamfield reçoivent près de 14 millions de dollars du gouvernement fédéral qui compense ainsi les Autochtones pour avoir enfreint ses responsabilités concernant une licence de coupe forestière illégale. Il s’agit à l’époque de la première compensation accordée par le Tribunal des revendications particulières mis sur pied en 2008 (voir Revendications territoriales des Autochtones).

Vie contemporaine

Les Huu-ay-aht, tout comme plusieurs autres Nations nuu-chah-nulth, ont signé le traité Maa-nulth, qui leur permet de jouir de l’autonomie gouvernementale depuis le 1er avril 2011. Cette autonomie dote notamment ces Nations de certains pouvoirs dans le domaine de la citoyenneté et des activités législatives dans leurs territoires traditionnels. Les Huu-ay-aht gèrent aujourd’hui leurs propres exploitations forestières ainsi que d’autres projets de développement.

Les Huu-ay-aht font partie du Conseil tribal des Nuu-chah-nulth, une association fondée en 1958 qui offre divers services aux près de 9 500 membres enregistrés, notamment des services de protection de l’enfance, d’éducation, de formation à l’emploi et d’autres initiatives socioéconomiques visant à soutenir la santé et le développement.


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