La maison d’hiver des Thulés

Le peuple des Thulés était un peuple autochtone qui a commencé à occuper l’Arctique, entre l’Alaska et le Groendland, environ en l’an 1000 de notre ère. Durant l’hiver, les Thulés demeuraient dans une maison partiellement construite dans le sol afin de se garder au chaud pendant de longues périodes de temps. Une caractéristique frappante de sa structure était son toit, qui était souvent fait d’os de baleine. (Voir aussi Histoire de l’architecture des Autochtones au Canada.)



Maison hivernale des Thulés

Une maison hivernale des Thulés: les planchers et les murs sont faits de dalles de roche, et le toit est soutenu par des os de baleine recouverts de peaux et de dalles. La maison est ensuite couverte de tourbe.

(avec la permission du Musée canadien des civilisations)

Origines

La maison hivernale des Thulés est une structure sophistiquée, construite partiellement dans le sol. Cette conception est faite pour offrir confort et chaleur durant les périodes prolongées de vie à l’intérieur, qui durent souvent pendant plusieurs années. Les Thulés construisent leur maison hivernale avec les matériaux qu’ils ont à portée de main : avec de la pierre surtout, de la terre, de la mousse et des os de baleine, mais parfois également avec du bois de grève et de la tourbe.

Le saviez-vous ?

Durant l’été, les Thulés vivent dans une maison séparée faite de peaux. (Voir aussi Tupiq.) Les maisons d’hiver et d’été des Thulés sont faites chacune en fonction des conditions environnementales et comportementales de la saison.  


Construction

Généralement, la maison d’hiver thuléenne est de forme ovale. Les diamètres extérieurs sont d’environ trois et neuf mètres, et peuvent être creusés jusqu’à un mètre dans le sol.

Un passage d’entrée étroit et souterrain, de quelques mètres de long et incliné vers le haut à partir du sol, assure un rempart efficace contre le froid. L’air froid se déplace vers la partie inférieure du passage, loin des espaces de vie. Les murs et les planchers sont tapissés de pierres ou d’autres matériaux solides.

La caractéristique la plus impressionnante de ce type d’habitation est son toit, qui, dans le centre et l’est de l’Arctique, est généralement fait d’os de baleine.

Fonction et usage

Une grande partie de ce que nous savons sur les Thulés provient d’études archéologiques. Les fouilles effectuées à la fin des années 1970, à Brooman Point, au Nunavut, dans la région des îles Bathurst et Cornwallis du Grand Arctique, démontrent que chaque maison thuléenne n’était occupée que pendant quelques années tout au plus. Il est possible que seules trois à cinq maisons étaient utilisées à la fois, plus probablement de l’automne au printemps. La période d’occupation a probablement été au début du 12e siècle de notre ère.

D’autres communautés de Thulés comprennent des habitations unifamiliales, bifamiliales ou communautaires, comme à Cumberland Sound sur l’île de Baffin, où les toits sont recouverts de tourbe, de pierres et de fanons (les fanons sont des poils rugueux que les baleines édentées utilisent pour filtrer leurs nourritures).

Déclin

Les Inuits continuent les modèles d’habitation de leurs ancêtres Thulés jusqu’au début du premier contact avec les Européens, lorsque les maisons faites d’os de baleine sont abandonnées, peut-être en raison du refroidissement du climat lors du Petit âge glaciaire du 17e au 19e siècle. Les maisons de neige en forme de dôme des Inuits (connues sous le nom d’igloo ; iglu en Inuktitut) deviennent la principale forme d’habitation hivernale. La forme de l’igloo est possiblement une forme très ancienne : les archéologues ont trouvé des couteaux à neige parmi le peuple Dorset, une culture qui a précédé les Thulés, ce qui suggère que les Dorsets auraient possiblement construit avec de la neige avant l’an 1000 de notre ère.


Guide pédagogique perspectives autochtones

Collection Inuit

Lecture supplémentaire

  • Keith J. Crowe, Histoire des autochtones du nord canadien (1979)

Liens externes