Tortue serpentine

La tortue serpentine (Chelydra serpentina) est une grande tortue d’eau douce originaire d’Amérique du Nord. Au Canada, elle est indigène dans le sud de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario, du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse.

La tortue serpentine (Chelydra serpentina) est une grande tortue d’eau douce originaire d’Amérique du Nord. Au Canada, elle est indigène dans le sud de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario, du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse.


Description physique

Snapping Turtle (Chelydra serpentina)

La tortue serpentine à une grosse tête, un long cou et une mâchoire supérieure crochue. Chez l’adulte, la carapace dossière est brune, noire ou verte, et parfois couverte d’algues. La carapace ventrale est plus petite, en forme de croix, et ne recouvre pas entièrement les membres de la tortue. La longueur de la carapace dossière varie de 30 à 40 cm et peut aller jusqu’à 50 cm. La queue peut être aussi longue que la carapace dossière et se termine par des crêtes rappelant celles des dinosaures. Le poids de la tortue serpentine se situe habituellement entre 9 et 18 kg, mais peut excéder 35 kg. Les mâles sont plus gros que les femelles, pesant de 5 à 10 kg de plus, et mesurant 5 cm de plus. Les nouveau-nés des tortues serpentines font moins de 3 cm de long et possèdent des carapaces molles et bosselées. Les bosses disparaissent chez l’adulte.

Distribution géographique et habitat

Habitat naturel de la tortue serpentine (Chelydra serpentina)

L’habitat naturel de la tortue serpentine se trouve principalement aux États-Unis, à l’est des montagnes Rocheuses, et dans le sud de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario, du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. On retrouve des poches isolées au Mexique, en Amérique centrale et en Équateur. Au Canada, les tortues serpentines se comptent par milliers. Outre leur habitat naturel, des tortues serpentines gardées comme animaux domestiques ont été relâchées dans la nature, peuplant des régions où elles ne sont pas indigènes. Ainsi, on retrouve des individus vivant dans la nature en Alberta, en Colombie-Britannique, dans plusieurs États de l’Ouest américain, à Porto Rico, à Guam, en Chine, au Japon et à Taïwan.

Les tortues serpentines aiment vivre dans les cours d’eau de moins de deux mètres, à faible courant, sur des fonds mous comme la vase ou des feuilles mortes. Elles fréquentent aussi la terre, jusqu’à 500 m de l’eau. Elles peuvent vivre jusqu’à 2 000 m d’altitude et s’adapter à des habitats correspondant moins à leurs préférences, comme les eaux saumâtres (mélange d’eau douce et d’eau salée).

Cycle de vie

Nouveau-né de tortue serpentine

La tortue serpentine vit habituellement entre 25 et 40 ans, et parfois plus encore. Dans les climats plus chauds, les femelles peuvent atteindre la maturité sexuelle 4 à 8 ans après la naissance. Au Canada, il leur faut entre 15 et 20 ans. L’accouplement se déroule dans l’eau, au début du printemps. La femelle recherche ensuite un lieu de nidification approprié. Elles apprécient des endroits ensoleillés et bien drainés, comme du sable ou des bancs de gravier. Les femelles tendent à revenir au même lieu de nidification année après année, et peuvent parcourir plus de 15 km à cette fin. Après avoir choisi le lieu de nidification, les femelles pondent entre 20 et 45 œufs de la taille d’une balle de golf, à la fin du printemps ou au début de l’été. L’éclosion se produit entre 65 et 95 jours après la ponte. Cette période d’incubation est sensible à la température. Si l’été est trop froid, aucun œuf n’éclora. En outre, le sexe des nouveau-nés est déterminé par la température à laquelle les œufs ont été conservés, ce que nous appelons détermination sexuelle par la température. Les expérimentations en laboratoire ont montré que les œufs conservés à 20 °C ou de 29 à 31 °C donnent des femelles, tandis que les températures entre 23 à 24 °C produisent des mâles. Les températures intermédiaires produisent des ratios mixtes. Après l’incubation, les nouveau-nés éclosent à la fin de l’été ou au début de l’automne, et se dirigent instinctivement vers l’eau.

Diète et comportement

La tortue serpentine est omnivore et se nourrit de pratiquement n’importe quoi, plante ou animal, mort ou vivant. Elle s’enfouit souvent au fond des cours d’eau pour chasser des proies. Elle hiberne dans l’eau profonde, souvent au même endroit chaque année.

La tortue serpentine mord-elle ?

La tortue serpentine ne mord que si elle est confrontée ou harcelée sur la terre ferme. Dans l’eau, elle prend habituellement la fuite à la nage. Sur la terre ferme, elle est trop lente pour s’enfuir, et sa carapace inférieure est trop petite pour qu’elle puisse s’y retirer. C’est pourquoi, dans ces situations, elle peut mordre pour se défendre. Même dans ce cas, les blessures sont habituellement sans gravité, parce que sa mâchoire n’est pas assez puissante pour couper les os.

Relations avec les humains

Les tortues, dont la tortue serpentine, sont importantes pour beaucoup de peuples autochtones, dont les Anichinabés et les Haudenosaunee. Sa carapace est utilisée pour les cérémonies, l’artisanat, la décoration et comme instrument de percussion. Sa viande est souvent utilisée dans les soupes et les ragoûts. Toutefois, consommer sa viande peut aujourd’hui être dangereux, parce qu’elle peut contenir des niveaux élevés de contaminants environnementaux. La tortue serpentine est aussi appréciée comme animal de compagnie et pour des utilisations médicinales.

La capture de tortues serpentines s’est fortement accélérée au début du 21e siècle. Dans la plupart des cas, elles sont capturées aux États-Unis pour être exportées dans l’Asie de l’Est. Aujourd’hui, la capture de la tortue serpentine est interdite au Canada, et dans près de la moitié des États américains où elle vit.

Menaces

Bien que les tortues serpentines soient abondantes et aient une grande capacité d’adaptation, elles sont très vulnérables à un accroissement de mortalité des adultes, car leur taux de reproduction est lent. Une étude canadienne a montré que seulement 1 œuf sur 1 400 atteint l’âge adulte. Ceci est en grande partie attribuable aux prédateurs qui mangent les œufs et les nouveau-nés. Parmi ceux-ci on trouve le raton laveur, le renard, la loutre et le vison. La tortue serpentine est aussi menacée par l’être humain. Le développement des villes et de l’agriculture réduit son habitat disponible et nécessite souvent la construction de nouvelles routes. La mortalité est fréquente sur les routes parce que la tortue serpentine est lente et traverse souvent les routes pour atteindre ses sites de nidification ou d’hibernation. De plus, le gravier des accotements de routes se présente comme un site de nidification attrayant, ce qui entraîne une mortalité accrue des femelles et facilite la prédation des œufs et des nouveau-nés. Beaucoup de gens croient, à tort, que la tortue serpentine est une grande prédatrice de la sauvagine et des poissons. Ceci conduit certains à s’en prendre à elles, par exemple en les écrasant intentionnellement avec leurs voitures. Finalement, de nombreuses menaces moins importantes ont un effet cumulatif, comme la contamination chimique, les prises de pêche accidentelles, les collisions avec des bateaux et les travaux de dragage ou de gestion des niveaux d’eau (comme l’inondation de territoires par la construction d’un barrage).

Tortue serpentine

Conservation

Étant donné la vaste étendue de son habitat et sa capacité d’adaptation, la plupart des gouvernements considèrent que la tortue serpentine n’est pas une espèce menacée. L’Union internationale pour la conservation de la nature range l’espèce dans la catégorie « préoccupation mineure ». Néanmoins, beaucoup de populations locales sont en déclin. C’est pourquoi le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a inscrit la population canadienne dans la catégorie « préoccupante » en 2008 puis dans l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril en 2011. Ceci signifie qu’elle pourrait devenir à risque ou menacée. Dans beaucoup de localités, des mesures sont prises pour réduire les impacts humains. Ceci comprend l’installation de clôtures le long des routes et de passages à faune comme des ponceaux afin de permettre une traversée sécuritaire.


Taxonomie de la tortue serpentine

Règne

Animalia

Embranchement

Chordata

Classes

Reptilia

Ordre

Testudines

Famille

Chelydridae

Genre

Chelydra

Espèce

Chelydra serpentina