Jean Beaudin

Après l'intermède de la réalisation collective Jeux de la XXIe Olympiade (1977), J. Beaudin revient à la fiction avec Cordélia (1980), un long métrage d'époque inspiré d'une histoire véridique: le procès pour meurtre d'une femme probablement victime d'une erreur judiciaire.

Beaudin, Jean
Jean Beaudin (avec la permission de Téléfilm Canada).

Jean Beaudin, réalisateur (Montréal, 6 février 1939). Après des études de beaux-arts à Montréal et à Zurich, en Suisse, Jean Beaudin entre à l'OFFICE NATIONAL DU FILM (ONF) en 1964 au studio d'animation. Puis il s'intègre à l'équipe chargée de réaliser les films pédagogiques. Il se laisse bientôt tenter par la fiction. Son premier film expérimental, Stop (1970), est suivi en 1971 d'un long métrage érotique, Le Diable est parmi nous, qu'il produit dans le secteur privé. Il revient à l'ONF et réalise deux courts métrages et deux moyens métrages simples et personnels, dont Cher Théo (1975). Il réalise ensuite sa première grande oeuvre, J.A. Martin, photographe, qui raconte l'histoire d'un photographe ambulant, du début du siècle, que sa femme accompagne en tournée. Le film vaut à Monique MERCURE le prix de la Meilleure interprétation féminine au Festival de Cannes.

Après l'intermède de la réalisation collective Jeux de la XXIe Olympiade (1977), J. Beaudin revient à la fiction avec Cordélia (1980), un long métrage d'époque inspiré d'une histoire véridique: le procès pour meurtre d'une femme probablement victime d'une erreur judiciaire. Encore une fois, le cinéaste fait montre de son talent de directeur d'acteurs et de son goût pour les oeuvres bien filmées. En 1984, il réalise une adaptation, Mario, sise dans le décor photogénique des Îles-de-la-Madeleine, et en 1985 une autre adaptation, Le Matou, d'après le best-seller d'Yves BEAUCHEMIN. Ce film moins personnel fait aussi l'objet d'une série pour la télévision. Il devient alors un réalisateur de téléséries très couru; on lui doit notamment L'or et le papier (1988-1989), Les Filles de Caleb (1990-1991, d'après les romans d'Arlette Cousture), Shehaweh (1991), Miséricorde (1994), Ces enfants d'ailleurs (1994) et Willie (2000). Parallèlement, il tourne plusieurs films publicitaires. Mais il ne rompt pas avec le cinéma. Son travail d'après la pièce de René-Daniel DUBOIS, Being at Home with Claude (1992), marque un jalon important dans l'histoire du rapport théâtre / cinéma au Canada. Il confirme qu'il est le cinéaste de la littérature québécoise en réalisant Souvenirs intimes (1998), d'après le roman de Monique Proulx, et un thriller, d'après le roman de Chrystine Brouillet, Le collectionneur (2002). Le cinéma de Beaudin est caractérisé par son professionnalisme, sa simplicité, sa plastique visuelle.


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