Chartrand, Alain

Alain Chartrand, réalisateur, auteur (Longueuil, Québec, 2 février 1946). Alain Chartrand a fait ses études secondaires au Collège Marie-Victorin et s'est ensuite inscrit au Conservatoire de musique du Québec à Montréal où il a pratiqué la trompette et la contrebasse.

Chartrand, Alain

Alain Chartrand, réalisateur, auteur (Longueuil, Québec, 2 février 1946). Alain Chartrand a fait ses études secondaires au Collège Marie-Victorin et s'est ensuite inscrit au Conservatoire de musique du Québec à Montréal où il a pratiqué la trompette et la contrebasse. Exerçant aussi le métier de pressier et de photograveur aux Presses sociales, imprimerie appartenant à son père Michel Chartrand, il commence à tourner des films en format 8 mm. L'un d'entre eux, Histoire 1900, est primé au concours de l'émission télévisée Images en tête, consacrée au cinéma amateur. Empruntant une caméra 16 mm, il tourne ensuite Ataboy, un court métrage qui sera projeté tout l'été au Pavillon de la Jeunesse, lors de l'Exposition Universelle de 1967 à Montréal, ainsi qu'au Festival de Toronto. Il fait ensuite une tournée dans tout le Québec avec Isis au 8, en 1971, un long métrage docufiction qui explore la vogue du retour à la terre chez les jeunes.

Après avoir été assistant caméraman sur une série historique télévisuelle La feuille d'érable en 1970, et sur le film Les Smattes de Jean-Claude Labrecque en 1972, il devient premier assistant à la réalisation. Il côtoie alors des réalisateurs chevronnés comme Michel Brault (Les Ordres, 1973), Jean-Claude Lord (Parlez-nous d'amour en 1976, Panique en 1977 et Éclair au chocolat en 1978 ), Jean-Pierre Lefebvre (Avoir seize ans, 1977), Francis Mankiewicz (Les bons débarras, 1978), Gilles Carle (Fantastica, 1980), André Mélançon (La guerre des tuques, 1984), Yves Simoneau (Pouvoir intime, 1985) Arthur Lamothe (Équinoxe, 1985) et Jean-Claude Lauzon (Un Zoo, la nuit, 1986). Tout en exerçant ce métier d'assistant, de 1971 à 1986, Alain Chartrand poursuit sa carrière de réalisateur. Il tourne La Piastre en 1974, son premier long métrage avec des comédiens professionnels. Il participe ensuite comme réalisateur associé aux Jeux de la XXIe Olympiade de Jean-Claude Labrecque en 1976 et tourne trois documentaires : Images de l'Estrie et Les Douces en 1980, suivis de l'Estrie en musique en 1981. Revenant à la fiction, il réalise les courts métrages On est pas sorti du bois (1982) et L'Étau-Bus (1983) qui lui méritera les prix du public aux festivals de Clermont-Ferrand et de Belfort en France, ainsi que le Prix Annik pour la meilleure dramatique, décerné par Radio-Canada.

En 1988, son long métrage Des amis pour la vie sera sélectionné dans de nombreux festivals canadiens, français et états-uniens. À la suite du succès critique de ce téléfilm qui sera diffusé internationalement, on lui confie la réalisation de Ding et Dong le film (1990). Cette comédie à succès avec Claude Meunier et Serge Thériault, méritera le Golden Reel 1991 (Film ayant obtenu le plus de recettes au Canada).

Fils du célèbre syndicaliste Michel Chartrand et de la militante féministe, animatrice, conférencière et écrivaine Simonne Monet-Chartrand, il tournera un documentaire sur chacun d'entre eux. L'Office National Du Film produira Un homme de parole en 1991 et Une vie comme rivière en 1996, co-réalisé avec Diane Cailhier, finaliste au prix Génie du meilleur documentaire et sélectionné parmi les dix meilleurs films produits par l'Office national du film.

Lui-même impliqué dans la revendication de meilleures conditions de travail pour les techniciens, il participe à la création du syndicat national du cinéma (SNC). Il contribuera aussi en 1973 à la fondation de l'Association des réalisateurs de films du Québec (ARFQ devenue l'ARRFQ) dont il sera le président de 1988 à 1990. Au cours de son mandat, il signera la première entente collective des réalisateurs de cinéma avec l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ). Il est aussi membre du conseil national du cinéma et de la production télévisuelle à la SODEC depuis 2001.

Une nouvelle avenue s'ouvre entre-temps pour lui avec la réalisation de la série télévisuelle Montréal, ville ouverte (1991) écrite par Lise Payette. Il réalisera par la suite six épisodes de la série Scoop IV (1995) qui obtiendra le Prix Gémeau de la meilleure dramatique, la mini-série Innocence (1996), quatre épisodes de la série Urgence (1997) et les dix heures de la série Paparazzi (1998), toutes écrites par le tandem Fabienne Larouche et Réjean Tremblay. Il poursuit parallèlement son association avec la scénariste Diane Cailhier, réalisant le moyen métrage Une nuit à l'école qui obtiendra le Moniteur d'or, (Grand prix du jury) au Festival d'Umbria Fiction en Italie, le prix Rocky, (Meilleur film jeunesse) au Festival International de Banff et le prix Québec-Alberta (Innovation télévision) en 1992. Cette même année, leur long métrage Le Jardin d'Anna mérite le Grand prix du public au Festival du Cinéma international en Abitibi et connaît la plus large audience pour un film présenté à la télévision canadienne en 1993.

Alain Chartrand consacre ensuite une série fiction en deux volets de six heures à la vie familiale et militante de ses parents. Chartrand et Simonne obtiendra, en 2000, les prix Gémeaux de la meilleure série dramatique, meilleure réalisation, meilleure interprétation d'un premier rôle masculin, meilleurs décors toutes catégories, meilleurs maquillages/coiffures, et meilleurs costumes. Luc Picard et Geneviève Rioux obtiendront les Gémeaux de la meilleure interprétation de premiers rôles pour la série Simonne et Chartrand en 2004.

Formateur auprès des finissants en réalisation de fiction à l'Institut national de l'image et du son (Inis) en 2007, il est ensuite chargé de l'Atelier de production de films de fin d'études à L'École des médias de l'UQÀM. Il donne aussi à l'occasion des conférences sur l'engagement social dans les congrès d'organismes syndicaux.

Alain Chartrand a par ailleurs écrit deux livres relatant ses expériences cinématographiques. Le métier d'assistant-réalisateur au cinéma (éd. Lidec 1990) porte sur la fonction de premier assistant à la réalisation qu'il a exercée sur vingt-deux films dont seize longs métrages. Chartrand, cinéaste (éd. Stanké 2007), est une autobiographie qui retrace l'évolution du milieu audiovisuel depuis 1971, à travers les souvenirs de tournage, de luttes syndicales et de relations professionnelles qui ont marqué le réalisateur.