Coquelicot du jour du Souvenir

Le coquelicot est le symbole du jour du Souvenir, inspiré par le poème « Au champ d’honneur », écrit par le lieutenant-colonel John McCrae. La Légion royale canadienne vend des coquelicots à épingle que des millions de Canadiens portent durant plusieurs semaines avant le 11 novembre.

Le coquelicot est le symbole du jour du Souvenir, inspiré par le poème « Au champ d’honneur », écrit par le lieutenant-colonel John McCrae. La Légion royale canadienne vend des coquelicots à épingle que des millions de Canadiens portent durant plusieurs semaines avant le 11 novembre.


La Tombe du Soldat inconnu

En 2006, après les cérémonies du jour du Souvenir, une femme dépose un coquelicot sur un monument improvisésur la Tombe du Soldat inconnu en reconnaissance des soldats tués en Afghanistan.
(avec la permission de Canadian Press Images)


Le symbole du jour du Souvenir est le coquelicot, qui pousse sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, dans la Flandre (en Belgique) et le nord de la France. L’utilisation du coquelicot comme symbole de la mort et du renouveau est antérieure à la Première Guerre mondiale et remonte aussi loin que les guerres napoléoniennes, au 19siècle. Les graines de cette fleur peuvent rester dormantes dans le sol pendant des années, mais elles germent et s’épanouissent en abondance lorsque le sol est remué. Lorsque les barrages d’artillerie commencent à labourer la terre à la fin de 1914, les champs des Flandres et du nord de la France sont rapidement envahis de coquelicots.

La première personne à utiliser un coquelicot comme symbole du souvenir est Moina Michael, membre du YMCA américain à l’étranger, qui s’inspire alors du poème du lieutenant-colonel John McCrae « Au champ d’honneur ». Moina Michael fait le vœu de « toujours porter un coquelicot des champs de Flandre en signe de souvenir » et pour symboliser le vœu de « garder au fond de l’âme le goût de vivre en liberté » exprimé dans le poème.

John McCrae écrit son fameux poème en 1915, dans une ambulance de campagne canadienne stationnée au nord d’Ypres , en Belgique, s’inspirant du champ de bataille qui s’étale devant lui, couvert de coquelicots :

Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.


Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encore
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici
Au champ d’honneur.


À vous jeunes désabusés
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur
[trad. Jean Pariseau]


Les champs des Flandres
(photo par Joseph Moore)


Le 9 novembre 1918, Moina Michael partage son vœu avec ses collègues, qui réclament elles de porter tout comme elle un coquelicot. Le lendemain, elle achète 25 coquelicots en soie avec l’argent qu’elle reçoit des employées du YMCA pour son travail lors d’une conférence de l’association dans la ville de New York. Elle en agrafe un au col de son manteau et donne les autres à ses collègues. Au fil des ans, elle parvient à populariser le coquelicot comme symbole du souvenir. La Légion américaine adopte le symbole lors de sa conférence, en avril 1920, après avoir entendu Moina Michael faire campagne.

Anne Guérin, en France, est elle aussi inspirée par la campagne. Elle aussi a été émue par le poème de John McCrae et elle deviendra une ardente partisane du coquelicot. Anne Guérin crée l’American and French Children’s League, qui lève des fonds en vendant des coquelicots en tissu pour venir en aide aux gens qui souffrent dans la France ravagée par la guerre, en particulier les enfants orphelins. En 1921, elle se rend en Grande-Bretagne et au Canada et parvient à persuader la Légion britannique et la Great War Veterans Association of Canada (qui deviendra plus tard la Légion royale canadienne) d’adopter elles aussi le coquelicot comme symbole du souvenir.

L’association choisit la philanthrope canadienne juive Lillian Freiman pour mener la campagne du coquelicot au Canada. Parmi ses commanditaires se trouvent le gouverneur général Lord Julian Byng et sa femme, Lady Byng. Au Canada comme en Grande-Bretagne, la première « journée du coquelicot » est célébrée le 11 novembre 1921. L’organisation d’Anne Guérin en France fait parvenir des millions de coquelicots au Canada. Des coquelicots en tissu créés par des Canadiennes s’y ajoutent, et certaines les fabriquent chez Lillian Freiman à Ottawa. Des membres de l’Ordre impérial des filles de l’Empire à Winnipeg en préparent également. En 1922, les coquelicots de revers sont déjà fabriqués et distribués par les anciens combattants au Canada. La Légion royale canadienne mène tous les ans au Canada, depuis sa création en 1925, la « Campagne du Coquelicot ».

Aujourd’hui, le 11 novembre et durant les quelques jours qui précèdent, des millions de Canadiens portent l’emblème rouge vif, symbole du souvenir. La Campagne du Coquelicot permet de lever des fonds pour soutenir les anciens combattants et leurs familles.

Le jour du Souvenir, 2010

Des anciens combattants assistant à une cérémonie du jour du Souvenir à Halifax, le 11 novembre 2010. fr.
(avec la permission de Canadian Press Images)


Au Canada, certains organismes, comme La Voix des femmes canadiennes pour la paix, et Peace Poppies qui est basé à Vancouver, soutiennent le port de coquelicots blancs au lieu ou en plus de la version rouge traditionnelle. Le coquelicot blanc représente un engagement en faveur de la paix et il commémore les victimes de la guerre, dont la plupart sont des civils plutôt que des militaires. Le coquelicot blanc a une longue histoire. Il est distribué pour la première fois au Royaume-Uni en 1933 par la Women’s Co-operative Guild. Bien que le coquelicot blanc soit devenu plus populaire au cours du 21siècle, particulièrement en Grande-Bretagne, de nombreuses personnes s’opposent à son utilisation, car elles le jugent irrespectueux envers les anciens combattants. Ces opposants incluent la Légion royale canadienne, qui a menacé les groupes distribuant les coquelicots blancs de poursuites judiciaires en 2010, plus particulièrement la Poppy Coalition d’Ottawa et le Island Peace Committee de l’Île-du-Prince-Édouard.