Cowboys et cowgirls au Canada

Les cowboys et les cowgirls sont des personnes employées pour s’occuper du bétail ou des chevaux. Les premiers cowboys à travailler dans les Prairies canadiennes sont arrivés dans les années1870. Le mode de vie traditionnel des cowboys a depuis cédé la place à un modèle d’élevage plus restreint et plus corporatif. L’image romancée du cowboy sur l’«Ouest sauvage» reste néanmoins un symbole des Prairies. Aujourd’hui, les termes cowboy et cowgirl peuvent faire référence aux travailleurs de ranch ou aux compétiteurs de rodéo.



Photographie d'un cowboy

Un cowboy à Hazelton (Colombie-Britannique) en 1910.

Termes clés

Marque : inscription au fer chaud sur la peau du bétail afin d’identifier son propriétaire.

Bœuf : bovin mâle castré (c.-à-d. dont les testicules ont été enlevés au cours du processus d’élevage pour la viande de bœuf).

Ranch : ferme où l’on élève des bovins ou des chevaux.

Qu’est-ce qu’un cowboy ou une cowgirl?

Un cowboy ou une cowgirl est un éleveur d’animaux qui s’occupe principalement d’élever du bétail ou des chevaux dans des ranchs en Amérique du Nord. Les autres noms pour désigner ce travail sont bouvier, vacher ou soigneur de bovins, ou encore homme ou femme de cheval. Les cowboys et les cowgirls sont connus pour leur tenue vestimentaire distinctive, qui fait partie d’un style de vie issu de la tradition espagnole du vaquero. Leur look comprend des chapeaux à large bord, des jambières (« chaps ») et des bottes hautes. Ils sont également reconnus pour leurs compétences, notamment l’apprivoisement des animaux têtus et l’utilisation spécialisée des cordes, dont le lasso et le laçage des animaux.

Traditionnellement, le terme cowboy désigne un type de travailleur de ranch indépendant. Les cowboys de l’époque gardaient les animaux en plein champ et les conduisaient au pâturage ou au marché au besoin. Ces travailleurs étaient presque tous des hommes. À l’occasion, les épouses ou les filles de grands éleveurs faisaient aussi ce travail. Depuis la fermeture de la prairie au début des années 1900, le terme désigne toute personne qui travaille dans un ranch ou qui participe à des démonstrations traditionnelles de techniques de cowboys, appelées rodéos. C’est pourquoi les communautés d’éleveurs et de rodéo distinguent souvent les cowboys et cowgirls « travailleurs » des cowboys et cowgirls « de rodéo ».

Histoire des cowboys au Canada

Les premiers colons européens, y compris les commerçants de la Compagnie de la Baie d’Hudson, amènent de petits troupeaux de bovins laitiers dans l’Ouest dès 1811. Les « Buckaroos » des territoires américains de l’Oregon et de l’État de Washington commencent aussi à conduire des bovins de boucherie en Colombie-Britannique pour les vendre aux prospecteurs pendant la ruée vers l’or du fleuve Fraser en 1858. Certains de ces hommes restent dans la région et y établissent des ranchs. John Park, qui exploite le premier grand ranch en Colombie-Britannique, s’établit près de Cache Creek aux alentours de 1860.

Un cowboy et sa fille, vers 1870

Une carte postale intitulée «Les débuts de l’ouest 1870 — un cowboy et sa fille». La ligne suivante indique «copyright1909 par W.H. Martin»."

Les premiers éleveurs qui se disent « cowboys » arrivent dans les Prairies canadiennes dans les années 1870, conduisant du bétail provenant des territoires américains de l’Idaho et du Montana. L’image romantique du cowboy émerge autour de cette culture américaine à l’est de Rocheuses, et les Buckaroos de la Colombie-Britannique adoptent éventuellement le nom et le look des cowboys.

Les cowboys demeurent rares au Canada jusqu’à la fin des années 1870. À cette époque, dans les Prairies, les chasseurs ont tué les bisons, principale source de nourriture des peuples autochtones des Plaines, jusqu’à leur quasi-extinction. Poussées en partie par le besoin de nouvelles sources de nourriture, les Premières Nations commencent à signer des traités fonciers avec la Couronne. Les traités déplacent ces nations dans des réserves. Grâce à ce processus, le gouvernement fédéral ouvre les prairies aux Blancs et à l’agriculture. Ces changements, ainsi que la création de la Police à cheval du Nord-Ouest, attirent davantage d’éleveurs dans les Prairies canadiennes (voir aussiHistoire de la colonisation des prairies canadiennes).

En 1886, on compte 100 000 têtes de bétail à l’est des Rocheuses, qui paissent dans des pâturages en plein air loués par le gouvernement canadien. Les locataires embauchent des cowboys pour garder les troupeaux pendant l’hiver et l’été. Deux fois l’an, ils se réunissent pour « rassembler » les animaux en liberté. Le rassemblement printanier sert à marquer les bêtes et le rassemblement automnal permet de compter les vaches et d’amener les plus matures sur le marché. Ces rassemblements consistent généralement à conduire le bétail à travers les plaines ouvertes à dos de cheval, à destination soit des parcs de stockage locaux, soit des gares ferroviaires pour l’expédition à travers le pays ou à l’étranger (voir aussiIndustrie de la transformation de la viande).

Marquage d'un veau

Une cowgirl habillée en blanc, fille de l'exploitant du ranch, marque un veau au fer au marquage au fer de High River à Longview (Alberta) en 1959.

La plupart des cowboys de cette époque sont des Américains qui ont choisi de rester après avoir conduit des troupeaux vers le nord depuis l’Idaho et le Montana. Beaucoup considèrent les Prairies canadiennes comme plus sûres et plus ordonnées que l’Ouest américain. Cependant, la Prohibition en décourage plusieurs de rester longtemps. Ceux qui le font deviennent cependant certains des cowboys les plus célèbres du Canada. Parmi eux, on compte Everett C. Johnson, qui a partiellement inspiré le roman, le film et la série télévisée The Virginian, et John Ware, un ancien esclave.

Le saviez-vous?

John Ware a été engagé pour aider à transporter 3000 bovins des États-Unis au Ranch-Bar U en 1882. Ware est né esclave aux États-Unis et a obtenu sa liberté à la fin de la guerre civile américaine en 1865. Après son contrat, il est resté dans la région des contreforts de ce qui est maintenant le sud de l’Alberta. Ware est devenu un héros populaire pour sa force légendaire et son habileté à manipuler le bétail. Un contemporain a d’ailleurs dit qu’« ol n’existe pas cheval dans la prairie que John ne peut monter ».

Le romantisme perçu de la vie de cowboy — la promesse de la liberté dans un paysage accidenté et magnifique — attire de nombreux immigrants d’outre-mer, principalement de Grande-Bretagne. Il attire également d’anciens agents de la Police à cheval du Nord-Ouest et des Canadiens de l’Est. Les habitants de l’Ouest considèrent souvent les nouveaux venus comme des « cowboys de T. Eaton » ou des gens paresseux ou non qualifiés qui ne s’habillaient en cowboys que pour le prestige social ou pour envoyer des photos à leur famille. De nombreux immigrants se montrent toutefois assez capables pour passer du statut de cowboys à celui d’éleveurs.


Les Premières Nations et les Métis adoptent aussi certaines traditions cowboys et exploitent plusieurs ranchs avec succès. Les colons les traitent toutefois rarement d’égal à égal, malgré les stéréotypes qui suggèrent qu’ils sont particulièrement doués avec les chevaux. De nombreux immigrants chinois travaillent aussi dans des ranchs, mais la cuisine est généralement le seul emploi qui leur offre.

Cowboys et cowgirls canadiens aujourd’hui

La culture traditionnelle des cowboys commence à disparaître au début du 20e siècle. L’augmentation de la colonisation et le désir du gouvernement canadien d’agrandir les terres agricoles sonnent la fin de la prairie ouverte. Les fonctionnaires du gouvernement arpentent et vendent des terres aux agriculteurs et aux entreprises, qui refusent de plus en plus souvent de laisser le bétail se déplacer sur leur propriété. Les éleveurs continuent à mettre les animaux au pâturage et à les amener au marché, mais les grands rassemblements saisonniers disparaissent à mesure que les ranchs deviennent clairement marqués et contenus. Depuis, le propriétaire typique d’un ranch est une famille ou une entreprise ayant des liens avec l’industrie de transformation de la viande. Le Recensement de l’agriculture canadienne de 2016 a identifié 84 740 personnes travaillant dans des fermes ou des ranchs qui gagnent principalement de l’argent grâce à la production bovine (voir aussiHistoire du ranch.)

Culture cowboy au Canada

Rodéo de Strathmore
Rodéo à Strathmore, en Alberta.

La culture des cowboys et des cowgirls n’a pas beaucoup à voir avec le travail réel d’élevage des animaux. Les rodéos sont inventés comme un moyen pour les cowboys de s’amuser entre eux et de s’exercer à des compétences nécessaires. Mais ils se transforment peu à peu en événements spectaculaires populaires. Le premier rodéo organisé au Canada a lieu à Fort Macleod, en Alberta, en 1891. Il comporte des épreuves de cordage de taureaux à la corde et de la chevauchée de broncos. Les courses de chevaux arrivent plusieurs années plus tard, dans des épreuves séparant les cavaliers autochtones et les cowboys.

En 1912, Calgary tient son premier Stampede, organisé par Guy Weadick, un vétéran des spectacles itinérants du Far West américain. Weadick promeut le Stampede comme un hommage à la mémoire des cowboys de la région. Le programme met en vedette des compétiteurs de partout en Amérique du Nord, y compris des femmes dans plusieurs épreuves. L’événement introduit également des compétitions telles que « le cordage de fantaisie » et « l’équitation de fantaisie ». Le Stampede de Calgary devient un événement annuel en 1923. Aujourd’hui, il est l’événement de rodéo le plus payant au monde (en termes de montant total des prix attribués) et un symbole de la ville. Plus d’un million de visiteurs viennent au Stampede chaque année. Entre-temps, les visiteurs de l’Alberta peuvent faire l’expérience d’un mode de vie traditionnel des cowboys à certains endroits, notamment au site historique national du Ranch-Bar U. L’Alberta compte aussi des ranchs en activité qui offrent de l’hébergement, des visites et parfois des occasions d’aider.

La figure du cowboy a fait sa marque dans la culture populaire, en grande partie grâce aux livres et aux films westerns, ainsi qu’à la musique country. Les représentations de cowboys et de cowgirls s’inspirent surtout de l’Ouest américain. Cependant, le Canada a produit plusieurs figures bien connues de la culture populaire qui ont contribué au mythe du cowboy. Les plus remarquables d’entre eux sont les musiciens Wilf Carter, aussi connu sous le nom de Montana Slim and The Yodelling Cowboy, et Ian Tyson


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