John Ware

John Ware, cowboy, éleveur (né vers 1845-1850 aux États-Unis; décédé le 11 septembre 1905 près de Brooks, en Alberta). John Ware est légendaire dans l’histoire de l’Alberta pour sa force, ses techniques expérimentées en agriculture, et ses habiletés en équitation. Né en asservissement, il est devenu un éleveur prospère qui a établi son premier ranch près de Millarville (non loin de Calgary, en Alberta) et son deuxième ranch près de Brooks, en Alberta. Malgré le racisme et la discrimination anti-noirs généralisés, il est largement admiré par certains des meilleurs éleveurs et cowboys de l’Ouest. (Voir aussi Communautés noires au Canada.)

Veuillez cliquer ici pour voir les définitions des termes clés utilisés dans cet article.

John Ware, cowboy, éleveur (né vers 1845-1850 aux États-Unis; décédé le 11 septembre 1905 près de Brooks, en Alberta). John Ware est légendaire dans l’histoire de l’Alberta pour sa force, ses techniques expérimentées en agriculture, et ses habiletés en équitation. Né en asservissement, il est devenu un éleveur prospère qui a établi son premier ranch près de Millarville (non loin de Calgary, en Alberta) et son deuxième ranch près de Brooks, en Alberta. Malgré le racisme et la discrimination anti-noirs généralisés, il est largement admiré par certains des meilleurs éleveurs et cowboys de l’Ouest. (Voir aussi Communautés noires au Canada.) Veuillez cliquer ici pour voir les définitions des termes clés utilisés dans cet article.


Photo de John Ware et sa famille

Jeunesse

La plupart des sources historiques concernant John Ware sont des récits que ses amis et ses connaissances ont écrits longtemps après son décès. John Ware ne savait ni lire ni écrire. De plus, selon l’autrice, historienne et conférencière Cheryl Foggo, il n’a jamais raconté de détails spécifiques sur sa jeunesse à ses cinq enfants. Pour ces raisons, les historiens ne sont pas en mesure de confirmer de nombreux détails de sa vie, plus particulièrement au sujet de sa jeunesse.

La date exacte et le lieu de naissance exact de John Ware n’ont pas été confirmés par les historiens. Toutefois, sur son enregistrement de mariage de 1892, le Tennessee est déclaré comme étant son lieu de naissance. Certaines sources indiquent que John Ware serait né en asservissement aux États-Unis (voir aussi Esclavage des Noirs au Canada). Son talent et ses habiletés en tant qu’éleveur suggèrent qu’il aurait travaillé avec des chevaux alors qu’il était réduit en esclavage. Il est probable que John Ware ait obtenu sa liberté à la fin de la guerre de Sécession (1865). Bien que les détails de son voyage vers l’Ouest soient inconnus, il s’est éventuellement rendu au Texas.

Le saviez-vous ?
L’origine du mot cowboy a des racines racistes. Avant la guerre de Sécession, les hommes et femmes réduits en esclavage travaillaient aux côtés des éleveurs blancs. Ceux-ci étaient appelés cow-hands (vachers), mais les ouvriers noirs réduits en esclavage étaient appelés cow-boys. Le mot boy (garçon) était utilisé pour infantiliser les éleveurs noirs et pour leur manquer de respect.

Au fil du temps, la signification du mot cowboy a changé. Ce mot est maintenant utilisé pour désigner une personne qui élève et s’occupe du bétail et des chevaux. (Voir aussi Cowboys et cowgirls au Canada.)

Carrière d’éleveur

Photo du premier ranch de John Ware

À l’époque où John Ware devient un homme libre, l’élevage du bétail est en train de se répandre dans le Midwest américain. Il se rend dans l’Ouest et perfectionne ses habiletés de cowboy. Il devient très expérimenté vers la fin des années 1870, et il travaille à conduire des troupeaux de bovins du Texas vers le nord, le long de la Western Cattle Trail jusqu’aux montagnes éloignées du Montana.

En 1882, il est embauché dans le Montana pour aider à conduire 3 000 têtes de bétail des États-Unis jusqu’au ranch North-West Cattle Company de sir Hugh Allan, qui est situé dans les contreforts au sud-ouest de Calgary, en Alberta. John Ware découvre que les cowboys expérimentés sont très en demande dans cette région des Territoires du Nord-Ouest. Il s’installe dans la région et travaille pour plusieurs grandes compagnies d’élevage de bétail jusqu’en 1884, incluant le ranch Bar U. Au milieu des années 1880, il commence à travailler pour le nouveau ranch Quorn à Sheep River. Le ranch achète bientôt un gros troupeau de bovins et commence à faire l’élevage de chevaux destinés au marché britannique. John Ware travaille comme chef d’équipe avec le bétail et il gère le troupeau de chevaux de Quorn.

Au printemps de 1884 et de 1885, John Ware se joint à plusieurs autres cowboys pour participer à deux grands rassemblements de Fort Macleod afin de trouver du bétail dans les contreforts de Calgary jusqu’à la frontière du Montana.

Extrait de la Macleod Gazette, Fort Macleod, le 23 juin 1885
« John est non seulement une des personnes les plus aimables et serviables du pays, mais il est aussi un des vachers les plus adroits, et un homme peut se compter chanceux si [John Ware] veille sur ses intérêts. Il ne court pas dans la prairie, le cheval que John ne peut pas monter. »

Avant que le deuxième rassemblement commence, John Ware enregistre son propre marquage de bétail en 1885. Sa marque est connue sous le nom de 9999 (four nines [quatre-neuf en français]) ou walking-stick (bâton de marche). En 1887, John Ware ouvre son propre ranch dans les contreforts près de Millarville, non loin de Sheep River. Plus tard, en 1898, il enregistre à nouveau sa marque de bétail sous le nom de 999 (trois-neuf).

Le saviez-vous ?
Bien que de nombreuses histoires mettent l’accent sur les prouesses physiques de John Ware, il était également réputé pour ses talents d’agriculteur. John Ware est reconnu comme étant l’un des premiers éleveurs de la région de Millariville à développer un système d’irrigation pour ses cultures.

Vie ultérieure et famille

En 1891, John Ware rencontre Mildred Lewis, qui arrive de Toronto en Ontario, pour s’installer dans la périphérie de Calgary avec sa famille. Le couple se marie en 1892. Ils installent leur propriété familiale à Ware’s Millarville ranch et ils ont six enfants, dont l’un meurt alors qu’il est bébé. En 1902, alors que d’autres colons arrivent dans la région, la famille déménage. Le nouveau ranch est situé sur le bord de la rivière Red Deer, au nord de Brooks et près de Duchess, en Alberta. La maison est détruite par l’inondation printanière de 1902. John Ware reconstruit leur maison sur un terrain plus élevé.

Le certificat de mariage de John Ware

La famille n’occupe pas longtemps la nouvelle maison. À la fin de mars 1905, Mildred meurt d’une pneumonie. En septembre 1905, John Ware est tué lorsque son cheval trébuche dans un terrier de blaireau et tombe sur lui. Les éleveurs de toute la région assistent à ses funérailles à Calgary. Ils pleurent sa mort comme l’un des membres les plus respectés de leur communauté.

Les cinq enfants des Ware sont recueillis par les parents de Mildred, Daniel et Charlotte Lewis. Ils vivent à Blairmore et à Calgary. Éventuellement, les deux filles Ware, Mildred et Janet (Nettie), s’installent à Vulcan, en Alberta. Deux des fils du couple, Arthur Nelson Ware et William James Ware, se joignent plus tard au 2e Bataillon de Construction, le seul bataillon entièrement noir de l’histoire militaire du Canada. Le fils du couple Robert Lewis Ware, ainsi que leur fille Janet Amanda « Nettie » Ware, s’assurent que leur père soit commémoré dans le respect.

La légende de John Ware

Les gens en viennent à considérer John Ware comme un héros en raison de sa grande force physique, ses habiletés en équitation, ses qualités d’éleveur, son bon caractère, et son courage. Il est difficile de séparer son histoire véritable des légendes à son sujet. Ceci vient du fait qu’il existe peu de documentation sur sa vie, et peu de détails ont été directement laissés par John Ware lui-même. La majeure partie de ce que l’on sait sur lui a été écrite par d’autres cowboys. Toutefois, ces témoignages n’ont commencé à apparaître qu’à la fin des années 1930, après le décès de John Ware. Les historiens n’ont que peu d’informations sur les membres de sa famille. Sa femme est décédée avant lui, et lui-même est mort alors que ses enfants étaient encore très jeunes.

Le saviez-vous ?
Beaucoup de récits concernant John Ware mettent l’accent sur sa force et ses habiletés avec le bétail et les chevaux. On dit qu’il a marché sans peur sur le dos de bœufs rassemblés. Les légendes affirment également qu’il pouvait :
– arrêter un bœuf de face et le clouer au sol
– dresser les étalons les plus sauvages
– maintenir un cheval sur le dos tandis qu’on lui changeait ses fers
– soulever aisément un bœuf de 18 mois et le jeter sur le dos pour le marquer.

Bien que ces histoires sur John Ware contiennent des exagérations, son statut de héros populaire régional montre à quel point il était respecté. Les traits qu’on lui attribue sont typiques des héros de la colonisation et de la culture des cowboys. Ce qui le distingue le plus, toutefois, c’est le fait qu’il ait réussi à s’établir et à prospérer selon ses propres conditions dans la société canadienne du 19e siècle, à une époque où les préjugés et la discrimination à l’égard des Noirs étaient chose courante.


Commémoration

Dans le sud de l’Alberta, plusieurs endroits situés près du premier ranch de John Ware ont été nommés en son honneur. Ceux-ci incluent Mount Ware, Ware Creek, et John Ware Ridge. On trouve également un cairn commémoratif près de l’emplacement de son ancien ranch de Millarville. Calgary est le foyer de l’école John Ware Junior High. Au Southern Alberta Institute of Technology, l’édifice John Ware abrite le 4 Nines Dining Centre.

En février 2012, pendant le Mois de l’histoire des Noirs, Postes Canada a émis un timbre en l’honneur de John Ware.

La metteure en scène albertaine Cheryl Foggo a créé la pièce John Ware Reimagined en 2014. Son documentaire intitulé John Ware Reclaimed produit par l’Office national du film est sorti en 2020. Cette même année, le livre pour enfants Howdy, I’m John Ware, écrit par Ayesha Clough et illustré par Hugh Rookwood, a été publié.

Photo de John Ware avec d’autres éleveurs

Termes clés

Marque/marquage : une marque brûlée au fer rouge sur la peau du bétail qui identifie son propriétaire.

Bovins/bétail : gros animaux ruminants aux sabots divisés. Ruminants signifie qu’ils mastiquent la nourriture à moitié digérée qui est remontée dans leur bouche après avoir séjourné dans la première partie de leur estomac. Les bovins incluent les vaches, les bœufs, les bisons et les buffles.

Cowboy (ou vacher) : une personne, habituellement montée à dos de cheval, qui élève et s’occupe des bovins ou des chevaux. (Voir aussi Cowboys et cowgirls au Canada.)

Héros populaire : une personne très admirée par la population.

Ranch : une ferme où l’on élève des bovins ou des chevaux.

Rassemblement : le fait de rassembler le bétail en chevauchant en rond autour de lui et en rapprochant les bêtes les unes des autres pour faire un plus petit cercle. Le rassemblement sert à compter les animaux ou à enregistrer leur propriété.

Bouvillon : un mâle bovin castré (c’est-à-dire un bovin dont les testicules ont été enlevés dans le cadre du processus d’élevage pour en faire de la viande de bœuf). (Voir aussi Élevage des bovins à viande.)

Western Cattle Trail : la route le long de laquelle les cowboys de l’époque de John Ware déplaçaient leur bétail, vers le nord à partir du Texas, traversant l’Oklahoma, le Kansas et le Nebraska. On l’appelait aussi la Dodge City Trail ou la Texas Trail.

Cet article a été édité avec des documents de l’autrice, historienne et conférencière Cheryl Foggo.