Exploration de l'Arctique

Les Inuits savaient depuis longtemps.

Le 9 septembre 2014, le premier ministre Stephen Harper annonce la découverte de l’un des deux navires de Sir John Franklin. En 1846, dans le détroit de Victoria, la glace de mer piège l’explorateur britannique et son équipage. Le groupe tentait alors de cartographier le passage du Nord-Ouest, une route maritime permettant de relier l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Disparu pendant 170 ans, l’un des navires a finalement été retrouvé.

« C’est un événement historique de grande ampleur », a déclaré Harper lors d’une conférence de presse. La localisation du HMS Erebus était en effet d’importance puisqu’elle permettait de résoudre une très vieille énigme. C’était une prouesse remarquable compte tenu des connaissances scientifiques, de la technologie et de la patience qu’il a fallu mettre en œuvre. Son importance vient du fait qu’elle a contribué à consolider l’identité du Canada en tant que nation nordique.

Cependant, le plus remarquable reste peut-être le rôle qu’a joué l’histoire orale des Inuits dans la découverte du navire. Chez les occidentaux, l’histoire orale est souvent assimilé péjorativement au jeu du « téléphone arabe » — le message initial « Le bateau est ici » deviendrait ainsi 170 ans plus tard « Le gâteau est cuit ». L’Erebus a pourtant été localisé en partie grâce à l’analyse de ces récits.

L’histoire orale révèle en effet tout un nouveau pan de l’Arctique. Les mots habituellement utilisés pour décrire cet espace — mystérieux, inhospitalier, inaccessible — ne s’appliquent alors plus. Dans les récits, la région apparaît comme un territoire habité pendant environ 4 000 ans, sillonné par des routes et des sentiers qui ont été empruntés par de nombreux voyageurs bien avant que l’homme blanc laisse ses premières empreintes dans la neige.

Cette exposition vise à faire revivre l’exploration de l’Arctique, en particulier les tentatives de découverte du passage du Nord-Ouest, du point de vue des Inuits. Elle débute avec un enregistrement sonore de l’aîné Inuit Louis Ameralik et propose une série de cartes qui illustrent les différences de perception du paysage arctique entre les explorateurs et les Inuits.

Les Inuits savaient depuis longtemps. Le 9 septembre 2014, le premier ministre Stephen Harper annonce la découverte de l’un des deux navires de Sir John Franklin. En 1846, dans le détroit de Victoria, la glace de mer piège l’explorateur britannique et son équipage. Le groupe tentait alors de cartographier le passage du Nord-Ouest, une route maritime permettant de relier l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Disparu pendant 170 ans, l’un des navires a finalement été retrouvé. « C’est un événement historique de grande ampleur », a déclaré Harper lors d’une conférence de presse. La localisation du HMS Erebus était en effet d’importance puisqu’elle permettait de résoudre une très vieille énigme. C’était une prouesse remarquable compte tenu des connaissances scientifiques, de la technologie et de la patience qu’il a fallu mettre en œuvre. Son importance vient du fait qu’elle a contribué à consolider l’identité du Canada en tant que nation nordique. Cependant, le plus remarquable reste peut-être le rôle qu’a joué l’histoire orale des Inuits dans la découverte du navire. Chez les occidentaux, l’histoire orale est souvent assimilé péjorativement au jeu du « téléphone arabe » — le message initial « Le bateau est ici » deviendrait ainsi 170 ans plus tard « Le gâteau est cuit ». L’Erebus a pourtant été localisé en partie grâce à l’analyse de ces récits. L’histoire orale révèle en effet tout un nouveau pan de l’Arctique. Les mots habituellement utilisés pour décrire cet espace — mystérieux, inhospitalier, inaccessible — ne s’appliquent alors plus. Dans les récits, la région apparaît comme un territoire habité pendant environ 4 000 ans, sillonné par des routes et des sentiers qui ont été empruntés par de nombreux voyageurs bien avant que l’homme blanc laisse ses premières empreintes dans la neige. Cette exposition vise à faire revivre l’exploration de l’Arctique, en particulier les tentatives de découverte du passage du Nord-Ouest, du point de vue des Inuits. Elle débute avec un enregistrement sonore de l’aîné Inuit Louis Ameralik et propose une série de cartes qui illustrent les différences de perception du paysage arctique entre les explorateurs et les Inuits.


Entretien avec un aîné : John Ross

Les Netsilingmiuts rencontrent John Ross

Lors de leurs recherches entreprises pour retrouver les navires de Franklin, les agents de Parcs Canada ont demandé conseil à Louie Kamookak, un historien Inuit de Gjoa Haven, au Nunavut. Kamookak accumulait depuis 40 ans les histoires racontées par les aînés, en particulier celles concernant Franklin. Dans cet enregistrement de l’une de ces conversations, l’aîné Louis Ameralik raconte l’histoire de la rencontre entre les Netsilingmiuts et John Ross et ses hommes, en 1830. Ameralik commence son histoire au moment où le premier Inuit de Netsilik vient de s’enfuir chez lui, effrayé à la vue du navire de Ross.

Ross en était alors à sa deuxième tentative de découverte du passage du Nord-Ouest, après un premier essai en 1818. D’autres ont échoué avant lui, notamment Martin Frobisher en 1576, John Davis en 1585, 1586 et 1587, Henry Hudson en 1610, le duo William Baffin et Robert Bylot en 1615 et 1616 et Edward Parry en 1819.

Entretien avec un aîné : Sir John Franklin

À la recherche de Franklin

Sir John Franklin débute sa funeste recherche du passage du Nord-Ouest en 1845. Il quitte alors l’Angleterre avec 134 hommes à bord de ses deux navires, l’Erebus et le Terror. (Cinq hommes seront un peu plus tard débarqués au Groenland, jugés incapables d’assurer leur mission.) De la baie de Baffin, ils font route vers l’Est en empruntant le détroit de Lancaster, contournent l’île Cornwallis puis, à l’été 1846, mettent le cap au sud par le détroit de Peel et pénètrent dans le détroit de Victoria. C’est là que les navires se font piéger par la glace, au large de l’île King William. Les navires restent prisonniers des glaces. Franklin et plusieurs membres d’équipage périssent. Finalement, le 22 avril 1848, les 105 survivants abandonnent les navires pour tenter de regagner le plus proche avant-poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson, sur les rives du Grand lac des Esclaves, à plus de 1 300 km. Ils traînent avec eux des traîneaux chargés de barques, de marteaux, de clous, de lunettes de protection, de biscuits, de viandes, de vinaigre et de rhum.Ils ont prévu un voyage de trois mois. Aucun d’entre eux ne survivra.

Dans la seconde partie de son récit, l’aîné Louis Ameralik décrit l’itinéraire suivi par les hommes de Franklin, jonché de corps et d’objets personnels.

Carte du Passage du Nord-Ouest

En 1576, l’explorateur britannique Martin Frobisher part à la recherche du Passage du Nord-Ouest. C’est un des premiers Européens à se lancer dans cette aventure. Il ne dépassera jamais les côtes orientales de l’île de Baffin, changeant par erreur de direction à la sortie d’une baie qui porte aujourd’hui son nom. Plusieurs explorateurs tenteront leur chance au cours des 300 années suivantes, mais ils resteront bloqués sur des îles ou mettront le cap à bâbord lorsqu’ils auraient dû virer à tribord. Entre 1903 et 1906, le Norvégien Roald Amundsen parvient à traverser l’archipel arctique d’est en ouest, en partant d’un point proche de l’endroit où Franklin s’est arrêté. Parvenu à l’île King William par le détroit de Peel, Amundsen contourne l’île Victoria par sa côte sud en empruntant la baie de la Reine-Maud et le golfe Coronation avant de pénétrer dans la mer de Beaufort.

Cette carte montre l’itinéraire de plusieurs expéditions importantes menées dans la région du passage du Nord-Ouest entre 1576 et 1944, notamment les efforts de recherche des navires perdus de Franklin.

Carte : La toponymie inuite

Une grande partie de la toponymie de l’Arctique s’inspire des explorateurs, notamment de ceux qui se sont lancés à la recherche du passage du Nord-Ouest : la baie Frobisher, le détroit de Davis, le golfe Amundsen, etc.

Naturellement, ces endroits, ainsi que les collines, les vallées et autres sites naturels qui les entourent possédaient déjà des noms en inuktitut. Tout comme les récits concernant les explorateurs, ces noms traditionnels, qui recèlent souvent des renseignements descriptifs sur les lieux en question, ont été transmis grâce à l’histoire orale conservée au cours des siècles.

Voici une carte partielle de la baie Frobisher, préparée par la Fiducie du patrimoine inuit, qui offre quelques exemples de noms de lieu inuits traditionnels, noms que l’on retrouve par milliers d’un bout à l’autre de l’Arctique. On retrouve ainsi sur cette carte la péninsule baptisée Kiinaujaq, qui signifie « un visage est visible sur la montagne, semblable à un visage sur une pièce de monnaie », ainsi qu’une île nommée Ukaliqturliq, qui signifie « abondance de lièvres arctiques ».


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