Grèves des pêcheurs du fleuve Fraser

Le 8 juillet 1900, les pêcheurs approvisionnant 47 conserveries de saumon le long du bas Fraser, de New Westminster jusqu'à l'embouchure du fleuve, déclenchent la grève.

Grèves des pêcheurs du fleuve Fraser

Le 8 juillet 1900, les pêcheurs approvisionnant 47 conserveries de saumon le long du bas Fraser, de New Westminster jusqu'à l'embouchure du fleuve, déclenchent la grève. Ils revendiquent un prix minimum de 25 cents pour toute la saison de pêche plutôt que des prix chutant au fur et à mesure de l'augmentation des prises. Les grévistes blancs, autochtones et japonais affrontent une association de conserveurs acculés au désespoir devant la surabondance des prises et la baisse des prix, et qui ont l'appui du gouvernement provincial. La police provinciale d'abord et la milice ensuite ne parviennent ni l'une ni l'autre à briser la grève, dirigée par Frank Rogers, débardeur et activiste socialiste. Le 31 juillet, Blancs et autochtones finissent par accepter un prix de saison de 19 cents. Les Japonais, cependant, avaient accepté une offre légèrement moins favorable le 23 juillet.

L'année suivante, qui est une « grosse » année dans le cycle du saumon sockeye, les pêcheurs se mettent en grève le 1er juillet, avec les prix comme enjeux une fois encore. Quand les Japonais commencent à pêcher aux conditions fixées par les conserveurs, alors que les Blancs et les autochtones débrayent, les tensions interethniques de la saison précédente aboutissent à un conflit ouvert, durant lequel des filets sont coupés, des Japonais abandonnés dans des endroits isolés et des dirigeants de la grève arrêtés. Enfin, grâce à la médiation d'un « comité d'hommes d'affaires », les pêcheurs retournent au travail le 21 juillet, essentiellement aux prix offerts par les conserveurs. Néanmoins, ces grèves ont établi le principe des prix minimums par saison entière et entraîné la création de la Grande Loge des syndicats de pêcheurs de la Colombie-Britannique, qui se sont fixé comme premier objectif l'organisation syndicale à la grandeur de la côte.