Monument aux anciens combattants autochtones

Le Monument aux anciens combattants autochtones a été inauguré en 2001, à Ottawa, pour rendre hommage aux contributions des peuples autochtones du Canada, pendant la Première Guerre mondiale, la Deuxième Guerre mondiale et la guerre de Corée. Il s’agit d’une statue en bronze reposant sur un socle de granit, créée par l’artiste autochtone Noel Lloyd Pinay de la Première Nation Peepeekisis, en Saskatchewan. Il est situé dans le parc de la Confédération, juste en face de l’hôtel Lord Elgin. Il s’agit du premier monument consacré aux anciens combattants autochtones au Canada.

Le Monument aux anciens combattants autochtones a été inauguré en 2001, à Ottawa, pour rendre hommage aux contributions des peuples autochtones du Canada, pendant la Première Guerre mondiale, la Deuxième Guerre mondiale et la guerre de Corée. Il s’agit d’une statue en bronze reposant sur un socle de granit, créée par l’artiste autochtone Noel Lloyd Pinay de la Première Nation Peepeekisis, en Saskatchewan. Il est situé dans le parc de la Confédération, juste en face de l’hôtel Lord Elgin. Il s’agit du premier monument consacré aux anciens combattants autochtones au Canada.


Monument aux anciens combattants autochtones, à Ottawa

Monument dédié aux soldats autochtones, comme Frank Narcisse Jérome,  qui ont combattu pendant la Première et la Deuxième Guerre mondiale.

(avec la permission de Wikipedia)

Conception et construction

Le Monument aux anciens combattants autochtones a été conçu par le sculpteur et peintre Noel Lloyd Pinay, de la Première Nation Peepeekisis, en Saskatchewan. L’artiste a des racines chez les Ojibwés des Plaines, les Cris des Plaines et les Sioux (Dakota). L’Association nationale des anciens combattants autochtones (devenue l’Association canadienne des vétérans et membres actifs autochtones) lui a confié la tâche de créer une statue de bronze rendant hommage aux sacrifices des peuples autochtones et à leur participation à l’effort de guerre, lors de la Première Guerre mondiale, de la Deuxième Guerre mondiale, de la guerre de Corée, ainsi que des missions de maintien de la paix ultérieures. (Voir également Les peuples autochtones et les guerres mondiales.)

Noel Lloyd Pinay a, notamment, puisé son inspiration dans l’héroïsme de son père, Noel Joseph Pinay, qui avait servi, en tant que parachutiste, dans l’Armée canadienne pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a également cherché à attirer l’attention sur les sacrifices oubliés, consentis par d’anciens combattants autochtones, dont son père, ayant apporté leur contribution aux guerres du Canada. Il a ainsi déclaré : « Ce monument est pour mon père et pour les autres anciens combattants autochtones qui ont été plongés dans l’obscurité. Même s’ils avaient accompli des choses exceptionnelles, ils semblent qu’ils aient été ignorés… Je considère qu’il s’agit là d’une injustice majeure! » En s’appuyant sur les conseils des aînés autochtones, l’artiste a voulu rendre compte du rôle que les Premières Nations, les Métis et les Inuits ont joué dans « la défense du pays et la défense de la liberté », au 20e siècle et par la suite.

Maîtrisant parfaitement l’art de fondre des statues en bronze, il a construit ce monument de bronze et de granit, de 6 m, en plusieurs pièces, dans son atelier des Prairies. Les différentes parties ont ensuite été expédiées, par train, jusqu’à Ottawa, où elles ont été assemblées, en vue de l’inauguration officielle du monument, lors de la Journée nationale des Autochtones (devenue la Journée nationale des peuples autochtones), le 21 juin 2001.

Signification et symbolisme

L’artiste Noel Lloyd Pinay a créé ce monument en utilisant des symboles traditionnels et des valeurs importantes pour sa culture autochtone. Le chiffre quatre, représentant les quatre saisons, les quatre directions et les quatre étapes de la vie est, par exemple extrêmement présent sur la statue. En outre, le monument intègre quatre esprits animaux — un ours, un loup, un buffle et un wapiti — incarnant les « guides spirituels » traditionnels de la vie autochtone. Selon l’artiste, les plumes d’aigle de la sculpture symbolisent « le messager entre le Créateur et l’Homme », tandis que les quatre esprits animaux guident les guerriers à la recherche de la victoire sur le champ de bataille.

L’œuvre comprend également quatre figures humaines, deux hommes et deux femmes, incarnant les nombreuses contributions des Autochtones aux efforts de guerre du Canada et aux opérations de maintien de la paix auxquelles le pays a participé. Ces personnages tiennent dans leurs mains des symboles guerriers et des objets spirituels, par exemple un éventail de plumes d’aigle et un calumet de paix, témoignages d’un équilibre entre la paix et la guerre. Enfin, l’oiseau‑tonnerre, symbole traditionnel du Créateur et de la création, trône au sommet de la statue, unissant et guidant les figures représentées en dessous.

L’inscription sur le monument, reproduite partiellement ci‑après, témoigne du dévouement, de la bravoure et du sacrifice des soldats autochtones ayant servi le Canada depuis la Première Guerre mondiale :

Plusieurs milliers d’Autochtones subirent de dures épreuves en participant à la Première et à la Seconde Guerres mondiales ainsi qu’à la guerre de Corée. Ils ont servi avec honneur et distinction dans tous les services et à tous les grades, depuis celui de soldat à celui de brigadier. Ils ont livré combat outre-mer pour défendre la souveraineté et la liberté des nations alliées, et ils ont appuyé cette cause au pays. Enfin, dans les opérations de maintien de la paix à l’étranger, ils ont continué de faire preuve du même dévouement.

Contributions autochtones aux guerres du Canada

Les soldats, les infirmières et les civils autochtones ont apporté une immense contribution aux guerres et aux opérations de maintien de la paix auxquelles le Canada a participé, au 20e et au 21e siècle. L’historien Timothy Winegard a montré que plus de 4 000 « Indiens inscrits », sur une population totale de seulement 103 774 personnes, en 1914, avaient servi dans le Corps expéditionnaire canadien, pendant la Première Guerre mondiale. Ils ont également été 4 250, dont 72 femmes, à s’enrôler lors de la Deuxième Guerre mondiale. Des centaines d’autochtones ayant ce statut sont morts sur le champ de bataille pendant les deux guerres mondiales, et beaucoup d’autres ont été grièvement blessés, notamment Edwin Victor Cook, de la Première Nation ’Namgis, un soldat décoré, tué au combat, en 1918.

Les chiffres ci‑dessus n’incluent pas les milliers de Métis, d’Inuits et « d’Indiens non inscrits » qui se sont portés volontaires et ont combattu dans les guerres du Canada, au cours du 20e siècle, sans la moindre reconnaissance officielle de leur ascendance autochtone. En 1916, par exemple, un journal de Winnipeg note l’enrôlement de 30 soldats métis de Qu’Appelle, en Saskatchewan, dans le Corps expéditionnaire canadien. Bon nombre de ces soldats ont sacrifié leur vie au combat, notamment deux tireurs d’élite, le Métis Henry Norwest et l’Inuit John Shiwak.

À l’instar de leurs homologues des Premières Nations, les hommes et les femmes métis et inuits se sont enrôlés pour de nombreuses raisons, notamment leur loyauté vis‑à‑vis du Canada, de la Couronne britannique, ou des deux; le goût de l’aventure; la possibilité d’un emploi régulier et d’une rémunération auxquels les Autochtones pouvaient difficilement accéder; et, enfin, le désir de faire revivre les traditions guerrières et la gloire de leurs ancêtres. Ils se sont enrôlés malgré les persécutions et la discrimination, par exemple l’impossibilité de voter aux élections fédérales jusqu’aux années 1960, subies sur leur propre territoire. Ils se sont battus et sont morts pour le Canada, sans jamais profiter de certains privilèges et certains droits, attachés à la citoyenneté canadienne, identiques à ceux accordés aux soldats canadiens non autochtones. (Voir également Droit de vote des peuples autochtones.)

Le saviez-vous?

Yann Castelnot, un historien amateur né en France et installé au Québec, a consacré ces deux dernières décennies à rechercher les noms de plus de 154 000 soldats autochtones ayant servi dans les forces armées canadiennes et américaines en temps de guerre, depuis les années 1890. Il a ainsi mis au jour les noms de 14 800 Autochtones actifs dans les Forces armées canadiennes, pendant la Première Guerre mondiale et la Deuxième Guerre mondiale, soit plusieurs milliers de plus par rapport aux précédentes estimations. Ses travaux pour identifier et honorer les soldats autochtones ayant contribué à l’effort de guerre lors des deux conflits mondiaux, lui ont valu la Médaille du Jubilé de diamant de la reine Elizabeth II, en 2012, la Médaille du souverain pour les bénévoles, en 2017, ces deux récompenses étant décernées par le gouverneur général du Canada, ainsi qu’une Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants, en 2017. Luc O’Bomsawin, un ancien combattant abénakis d’Odanak, au Québec, et président fondateur de l’Association des anciens combattants autochtones du Québec, a qualifié les travaux de Yann Castelnot d’essentiels, ajoutant que les chiffres qu’il avait mis en avant étaient bien plus crédibles que ceux qui circulaient auparavant.


Legs

Le Monument aux anciens combattants autochtones est le premier monument consacré aux anciens combattants autochtones ayant combattu pour le Canada en temps de guerre, ainsi qu’à tous ceux ayant contribué aux nombreuses missions de maintien de la paix auxquelles le Canada a participé. Aujourd’hui, les forces armées comptent plus de 2 500 soldats autochtones au Canada, perpétuant ainsi une tradition de service militaire vieille de plus d’un siècle.


Lecture supplémentaire

  • Les autochtones et l’expérience militaire canadienne : une histoire. (2010). P. Whitney Lackenbauer et coll.

Liens externes