Réchauffement planétaire

Le réchauffement planétaire est un changement climatique à l'échelle mondiale qui se traduit par une hausse des températures moyennes de l'air près de la surface terrestre par rapport à une température de référence.

Station de surveillance de l
\u00c0 Alert, Nunavut. D'autres stations sont situées \u00e0 Sable Island en Nouvelle-\u00c9cosse, Fraserdale en Ontario et Estevan Point en Colombie-Britannique (avec la permission d'Environnement Canada).

Réchauffement planétaire

Le réchauffement planétaire est un changement climatique à l'échelle mondiale qui se traduit par une hausse des températures moyennes de l'air près de la surface terrestre par rapport à une température de référence. Du point de vue technique, il se produit un réchauffement général de la planète chaque fois que le CLIMAT de la Terre subit une transformation vers un état plus chaud, semblable à la transition des conditions climatiques glaciaires aux conditions interglaciaires amorcée il y a environ 18 000 ans. Au cours des récentes décennies, le réchauffement du globe est devenu une expression populaire qui désigne un changement climatique à l'échelle planétaire causé directement ou indirectement par des émissions dans l'atmosphère de gaz à effet de serre résultant de l'activité humaine.

Le réchauffement planétaire est en fait beaucoup plus qu'une simple hausse des températures moyennes de l'air en surface. Ces changements de températures, variables selon les saisons et les latitudes, modifient de façon considérable l'intensité et le mouvement global de la circulation atmosphérique et du cycle hydrologique. Ce phénomène provoque à son tour des changements dans l'intensité et la répartition des précipitations, et peut modifier les mouvements de la circulation océanique (voir COURANT MARIN).

L'intensité et les caractéristiques de ces changements varient de façon importante d'une région à l'autre et chambardent toute une gamme d'autres éléments climatiques, par exemple, la couverture neigeuse et la couverture de glace, les conditions nuageuses ainsi que la fréquence et la violence des phénomènes météorologiques extrêmes (p. ex. les sécheresses, les inondations, les tempêtes et les températures extrêmes). C'est pourquoi de nombreux scientifiques considèrent que l'expression « CHANGEMENT DE CLIMAT » décrit mieux les conséquences des effets néfastes de l'activité humaine sur le système climatique, et les deux termes sont souvent interchangeables.

Gaz à effet de serre dans l'atmosphère

 Les gaz à effet de serre représentent moins de 1 p. 100 du volume total de l'atmosphère, mais produisent un effet de serre naturel intense qui ralentit le dégagement d'énergie thermique vers l'espace. Ces gaz contribuent à l'isolation de la surface terrestre contre les pertes de chaleur, un peu comme une couverture isolante sur un lit. Sans cet effet de serre, les températures à la surface de la Terre seraient d'environ 33 °C plus froides en moyenne. Le mathématicien français M. Fourier (1827) a formulé l'hypothèse de cet effet, et le chimiste suédois Svante Arrhenius (1896) l'a relié aux changements climatiques du passé. Le scientifique britannique G.S. Callendar (1938) a proposé le premier que les humains pouvaient effectivement émettre des gaz à effet de serre en quantités suffisantes pour provoquer un réchauffement global important.

Aujourd'hui, les mesures démontrent que la concentration du principal gaz à effet de serre, le dioxyde de carbone, a déjà augmenté de 30 p. 100 par rapport aux niveaux de l'ère préindustrielle, en grande partie à cause des émissions provenant de la combustion du CHARBON, du pétrole et du gaz naturel pour la production d'énergie, ainsi que de la déforestation. Les concentrations d'autres gaz à effet de serre importants (p. ex. le méthane, l'oxyde nitreux, l'ozone troposphérique et les gaz de synthèse comme les fluorocarbures) ont également augmenté de façon significative en raison des émissions anthropiques.

Degré de variation des températures

Les meilleures estimations quant aux futures émissions anthropiques de gaz à effet de serre et à la réaction correspondante du système climatique avancent une augmentation globale moyenne des températures de surface de 1 à 3,5 °C au cours du prochain siècle. Une telle augmentation s'ajouterait à toute variation climatique naturelle qui pourrait se produire pendant cette période. Cette variation est du même ordre de grandeur, mais surviendrait beaucoup plus rapidement, que l'augmentation de 4 à 5 °C qui a eu lieu durant la dernière déglaciation. En fait, de telles températures sont susceptibles d'atteindre des niveaux que le climat terrestre n'a pas connus depuis au moins 100 000 ans.

Les modèles de climat utilisés pour réaliser ces estimations prévoient que l'augmentation des températures serait plus grande sur terre que sur mer, sous les hautes latitudes que sous les basses latitudes et plus importante en hiver qu'en été.

Répercussions possibles

Les hivers canadiens vont, selon toute vraisemblance, se réchauffer de deux à trois fois plus que la moyenne planétaire et devenir plus humides. Il est également probable que les étés dans le Sud du Canada vont se réchauffer au-delà des moyennes planétaires et devenir plus secs. Les régions du Nord canadien se réchaufferont beaucoup moins en été en raison de l'effet des glaces marines et des eaux froides de l'océan Arctique. Ces changements affecteraient radicalement les écozones de tout le Canada et influeraient de bien des façons à la fois l'environnement naturel et les activités socioéconomiques et culturelles des Canadiens.

Certaines répercussions seront bénéfiques tandis que d'autres seront coûteuses et potentiellement désastreuses. Les conséquences les plus problématiques seront dues, vraisemblablement, à des changements dans la fréquence et l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes, car ceux-ci sont difficiles à prédire et dépassent souvent la capacité d'adaptation des ÉCOSYSTÈMES et des sociétés.

Les récentes augmentations de phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes au Canada et dans le monde ont entraîné des pertes importantes de forêts par les incendies, des inondations catastrophiques, le détachement de plate-formes de glace de la péninsule Antarctique et une fréquence accrue des fortes tempêtes hivernales et des ouragans dévastateurs. Il n'existe aucune preuve montrant que de telles conditions climatiques inhabituelles surviennent déjà en raison du réchauffement planétaire, mais ces phénomènes servent d'exemples utiles de ce que l'avenir réserve aux Canadiens pour les prochaines décennies.

Recherche

Les scientifiques conviennent que les risques de réchauffement planétaire sont réels et d'une grande portée, mais il y a encore beaucoup d'incertitude et de discussion concernant la rapidité et l'ampleur du réchauffement éventuel, et la manière dont il se répercutera sur les conditions climatiques et l'environnement d'une région du monde par rapport à une autre. Les scientifiques canadiens participent de façon très active aux programmes de recherche internationaux comme le Programme mondial de recherches sur le climat et le Programme international concernant la géosphère et la biosphère, qui se consacrent à l'étude de ces incertitudes scientifiques.

Le Canada a mis sur pied un des modèles les plus avancés du monde en recherche climatologique, appuyé par un réseau national de chercheurs dans les universités canadiennes et les laboratoires gouvernementaux qui étudient les processus climatiques et leurs rétroactions. Les chercheurs canadiens travaillent aussi activement à mieux comprendre les processus qui modifient les flux rentrant et sortant des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, à détecter les tendances climatiques au Canada, à étudier les conséquences du changement climatique pour les Canadiens et à développer des stratégies d'adaptation.

Initiatives mondiales

Le gouvernement fédéral a reconnu la nécessité de prendre des précautions pour réduire les risques associés au changement climatique, en signant et en ratifiant la Convention cadre internationale sur le changement climatique, un traité élaboré par les Nations Unies. Conjointement avec plus de 170 autres pays signataires de la Convention, le Canada a accepté de dresser des inventaires nationaux des émissions de gaz à effet de serre et de mettre en place un programme national pour limiter ces émissions. Plus récemment, conformément au Protocole de Kyoto à la Convention, le Canada s'est engagé à réduire de 6 p. 100, d'ici 2010, ses émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990. Il reste à ratifier le Protocole et à le mettre en oeuvre.