Fusil Ross

Au début du XXe siècle, le fusil Ross, une arme d’infanterie de fabrication canadienne, est produit en alternative au fusil de fabrication britannique Lee-Enfield.

Hughes, sir Samuel
Hughes promettait d'\u00eatre le g\u00e9nie de l'effort de guerre, mais sa carri\u00e8re irr\u00e9guli\u00e8re s'est termin\u00e9e dans l'incomp\u00e9tence et le scandale (avec la permission des Biblioth\u00e8que et Archives Canada/C-20240).

Au début du XXe siècle, le fusil Ross, une arme d’infanterie de fabrication canadienne, est produit en alternative au fusil de fabrication britannique Lee-Enfield. Cependant, pendant la Première Guerre mondiale, le Ross acquiert auprès des soldats canadiens la mauvaise réputation d’être une arme peu fiable. Il est retiré du service en 1916.

Controverse Lee-Enfield

Au cours de la guerre d’Afrique du Sud, de 1899 à 1902, le Canada demande à la Grande-Bretagne de fournir aux soldats canadiens des fusils Lee-Enfield, couramment utilisés par les troupes britanniques. La Grande-Bretagne refuse, à cause de la pénurie en approvisionnement de cette arme. La Birmingham Small Arms Company, qui fabrique le Lee-Enfield, refuse aussi d’autoriser la licence qui permettrait la production du fusil au Canada, d’où la nécessité de concevoir une nouvelle arme qui sera de fabrication canadienne.

Sir Charles Ross, aristocrate et inventeur britannique, offre de construire une usine d’armes légères au Canada. Il conçoit un modèle de fusil pour la milice canadienne en août 1901; celui-ci deviendra le fusil Ross Mark I. La production du Mark I commence en 1903. Bien que la guerre en Afrique du Sud soit déjà finie, en 1903, le gouvernement canadien signe un contrat avec Charles Ross pour obtenir 12 000 fusils avant la fin de l’année.

Production

Les premiers Mark I ne sont pas livrés avant 1905, quand 1 000 fusils sont fournis à la Police montée du Nord-Ouest. Divers problèmes affligent ce modèle; il est donc rappelé en 1906. On y apporte des changements jusqu’en 1910, lorsque plusieurs modèles du Mark II sont enfin produits.

À cette même époque, la Grande-Bretagne encourage fortement le Canada à adopter le fusil Lee-Enfield pour assurer une cohérence entre les soldats canadiens et les autres soldats de l’Empire britannique. Cependant, le Canada refuse d’arrêter la production du fusil Ross, ce qui crée des tensions entre Londres et Ottawa au sujet de la défense impériale.

Première Guerre mondiale

Le fusil Ross Mark II est adopté par la milice canadienne en 1911. Cette même année, on entreprend la création du Mark III. Des dizaines de milliers de soldats canadiens qui combattent en France et en Belgique pendant les premières années de la Première Guerre mondiale sont armés du fusil Ross. Bon nombre d’entre eux détestent cette arme à cause de son manque de fiabilité sur le champ de bataille.

Avec son canon long, le Ross est un excellent fusil de chasse, ainsi qu’une bonne arme de tireur d’élite. Cependant, il n’est pas assez robuste pour les épreuves et les défis du front de l’Ouest, y compris la boue et la terre des tranchées, ainsi que les exigences rigoureuses du combat à la baïonnette. Le Ross a également tendance à s’enrayer au tir, en partie à cause des munitions britanniques de mauvaise qualité (elles sont inadaptées au fusil Ross, mais elles fonctionnent comme il le faut dans le fusil Lee-Enfield, qui est plus tolérant). Bon nombre de soldats canadiens se débarrassent de leur fusil Ross, cherchant à le remplacer par un Lee-Enfield.

Sir Sam Hughes, le ministre de la Milice et de la Défense du Canada pendant les premières années de la guerre, est un ardent défenseur du fusil Ross et insiste pour que les troupes canadiennes portent cette arme. Cependant, la défaillance du fusil pendant les combats est une source d’embarras pour le gouvernement conservateur du premier ministre Robert Borden. Cela, en plus d’autres questions d’incompétence administrative, entraîne finalement le congédiement de Sam Hughes du Cabinet, en 1916.

Retrait du service

La cause du blocage du Ross est finalement corrigée, mais il est trop tard pour maintenir le fusil en service. À l’automne 1916, en même temps que le départ de Sam Hughes, le fusil est officiellement retiré du service, et les Canadiens se réarment avec des fusils Lee-Enfield.

Le gouvernement canadien exproprie la Ross Rifle Company en mars 1917, après avoir payé 2 M$ à Charles Ross. En tout, environ 420 000 fusils Ross ont été produits, dont 342 040 en sont finalement achetés par les Britanniques. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le fusil Ross Mark III est fourni aux membres de la Marine royale canadienne, de la Veteran’s Guard of Canada et de diverses unités de patrouille côtière, ainsi qu’à des dépôts de formation militaire, à la Home Guard britannique et à l’Union soviétique.


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