Sir Alexander Campbell

​Sir Alexander Campbell, Père de la Confédération, sénateur, lieutenant-gouverneur, politicien, avocat (né le 9 mars 1822 à Hedon, en Angleterre; mort le 24 mai 1892 à Toronto, en Ontario).
​Sir Alexander Campbell, Père de la Confédération, sénateur, lieutenant-gouverneur, politicien, avocat (né le 9 mars 1822 à Hedon, en Angleterre; mort le 24 mai 1892 à Toronto, en Ontario).


Sir Alexander Campbell, Père de la Confédération, sénateur, lieutenant-gouverneur, politicien, avocat (né le 9 mars 1822 à Hedon, en Angleterre; mort le 24 mai 1892 à Toronto, en Ontario).

Alexander Campbell a joué un rôle consultatif dans la Confédération, ayant participé à la Conférence de Charlottetown en septembre 1864 et à la Conférence du Québec en octobre 1864. Il est souvent considéré comme un entremetteur tory agissant comme bras droit de sir John A. Macdonald. Ses accomplissements ultérieurs en tant que ministre du Cabinet sont relativement mineurs, mais certaines de ses décisions administratives ont eu des conséquences importantes. Alexander Campbell était directeur de campagne pour le Parti conservateur pendant le scandale du Pacifique et ministre de la Justice quand Louis Riel a été arrêté en 1885.

Enfance et début de carrière

Alexander Campbell arrive au Bas-Canada avec sa famille en 1823, alors qu’il a un an. Ils s’établissent d’abord à Montréal, avant de déménager à Lachine, non loin de là. La famille s’établit finalement à Kingston, dans le Haut-Canada, en 1836.

Bien que sa famille soit anglicane, le jeune Alexander Campbell et son frère reçoivent leur première éducation au séminaire catholique romain de Saint-Hyacinthe, dans le Bas-Canada. Pendant qu’il fréquente le séminaire, Alexander Campbell apprend le français, ce qui l’aidera dans sa vie publique. Quand la famille déménage à Kingston, il fréquente la Midland District Grammar School.

Alexander Campbell se joint d’abord au cabinet de Henry Cassady (le deuxième maire de Kingston) à titre d’étudiant en droit, mais à la mort de celui-ci, en 1839, le jeune homme de 17 ans devient le deuxième stagiaire en droit de John A. Macdonald. (Le premier stagiaire de celui-ci était Oliver Mowat.) Quand Alexander Campbell est admis au Barreau, en 1843, il pratique le droit à titre de partenaire de John A. Macdonald. Ce partenariat est interrompu en 1849, lorsque les deux hommes se tournent vers la politique.

Outre la politique, Alexander Campbell est doyen de la Faculté de droit du Collège Queen’s (maintenant l’Université Queen’s), et ses intérêts commerciaux incluent diverses compagnies ferroviaires, banques et sociétés minières.

Carrière politique

La carrière politique d’Alexander Campbell commence au conseil municipal de Kingston, où il représente le quartier Victoria de 1850 à 1852 et de nouveau en 1864.

Il représente une force à ne pas négliger dans la politique de Kingston. En 1858, il quitte la scène municipale pour la politique provinciale lorsqu’il est élu avec une forte majorité au conseil législatif de la Province du Canada, pour le district de Cataraqui. En 1861, John A. Macdonald lui demande de se joindre à son cabinet, mais il refuse à moins que d’autres membres de la vieille garde torie soient également invités. John A. Macdonald n’accède pas à cette demande. Alexander Campbell sera plus tard président du Conseil pendant environ quatre mois, en 1863.

En 1864, quand Adam Johnston Fergusson Blair échoue à former un gouvernement, le gouverneur général Lord Monck demande à Alexander Campbell de le faire, mais il y échoue également. Cet échec contribuera à empêcher Alexander Campbell de devenir un chef politique de premier plan, mais il demeure membre du Conseil législatif. De 1864 à 1867, il occupe le poste de Commissaire du domaine.

Comme administrateur, Alexander Campbell est consciencieux, légaliste et frugal, mais il dédaigne la politique populiste. Jamais considéré comme une menace au leadership de John A. Macdonald, il représente plutôt le lieutenant politique idéal : utile, fiable et compétent. Il dirige la plupart des campagnes électorales de John A. Macdonald, surtout après que celui-ci est devenu premier ministre.

Confédération

Alexander Campbell participe à la Conférence de Charlottetown et à la Conférence de Québec en tant que membre de la Grande Coalition (1864-1867). Il est donc un des Pères de la Confédération.

Alexander Campbell est très conscient des changements qui s’opèrent durant la période précédant la Confédération, particulièrement la montée de l’agitation aux États-Unis et la transformation de la relation entre l’Amérique du Nord britannique et la Grande-Bretagne. Il voit les conférences comme des occasions d’influencer l’opinion dans le pays tout en étudiant les options pour l’avenir. Il est un fervent partisan de la Confédération, qu’il défend à l’Assemblée législative.

Voir aussi L'Ontario et la Confédération.

Carrière après la Confédération

Après être entré au Sénat, en 1867, Alexander Campbell ne se présente plus aux élections. Il est membre du premier cabinet de sir John A. Macdonald en tant que ministre des Postes. Il occupe une série de postes ministériels : ministre des Postes (1867-1873, 1879-1880, 1880-1881, 1885-1887), ministre de l’Intérieur (1873), receveur général (1878-1879), ministre de la Milice et de la Défense (1880) et ministre de la Justice (1881-1885).

En tant que directeur de campagne pour le Parti conservateur en 1872, Alexandre Campbell se retrouve mêlé, sans y être directement impliqué, au scandale du Pacifique, John A. Macdonald ayant accepté des fonds électoraux en échange du contrat de construction du chemin de fer Canadien Pacifique. Appelé à témoigner devant la Commission royale d’enquête sur le scandale, en 1873, Alexandre Campbell plaide l’ignorance. Il s’implique moins dans la gestion du parti après la défaite des conservateurs lors des élections de 1874.

Après que Louis Riel s’est rendu aux autorités canadiennes, en 1885, Alexander Campbell soutient qu’il ne devrait pas être jugé à Winnipeg, mais plutôt « envoyé sous bonne garde à Regina, pour y être jugé […] selon la Loi sur les Territoires du Nord-Ouest ». Cette législation n’accorde pas au défendant le droit d’être jugé par un jury mixte d’anglophones et de francophones. Les communautés francophones étant plus sympathiques à Louis Riel, on peut voir dans ce changement de lieu du procès une manière de garantir une issue favorable pour le gouvernement de John A. Macdonald et de s’assurer que Louis Riel soit exécuté.

Alexander Campbell est également chef de l’aile ontarienne du Parti conservateur fédéral des années 1860 aux années 1880. Il est leader du gouvernement au Sénat de 1867 à 1873 et de 1878 à 1887 et chef de l’opposition au Sénat de 1873 à 1878. Il est fait chevalier en 1879 et représente le Canada à Londres en 1887 lors de la première Conférence coloniale.

Il quitte le Sénat en 1887 pour devenir le lieutenant-gouverneur de l’Ontario, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort, en 1892.

Postérité

Sir Alexander Campbell demeure connu surtout en tant que membre de la coalition qu’il forme à Kingston avec sir John A. Macdonald et sir Oliver Mowat. Ils constituent ensemble une constellation remarquable dans la politique et l’histoire canadiennes. Malgré leurs divergences d’opinions, ils demeurent intimement associés tout au long de leur carrière politique et de leur vie. Alexander Campbell est reconnu comme le confident et le conseiller du premier ministre, et un infatigable organisateur politique pour le Parti conservateur. Cela fait de lui une figure incontournable des tractations de couloir de la politique de l’époque.