Site archéologique Diggity

 Le site Diggity est fouillé au cours de l'été 1983. Les témoins archéologiques montrent qu'il a été visité à partir du Sylvicole moyen (il y a environ 2000 ans) jusqu'à la période historique. Six foyers sont identifiés, ainsi qu'un trou contenant du matériel historique et préhistorique.

Celt en pierre in situ, site Diggity (avec la permission de Michael Deal)
Récipient de poterie partiellement restauré du site Diggity. Il est décoré avec des motifs pseudo-coquilles de pétoncle (avec la permission de Michael Deal)
Fouille du site Diggity, 1983
(avec la permission de Michael Deal)

Site archéologique Diggity

Le site Diggity est situé à l'extrémité sud-est du lac Spednic, près de l'entrée du lac Palfrey, dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick. Spednic est le plus vaste des 61 lacs se déversant dans la rivière STE-CROIX, qui se jette elle-même dans la baie de PASSAMAQUODDY. Le site Diggity est un petit site autochtone qui couvre une superficie d'environ 400 m2 et date de la période du Sylvicole (de 1000 ans av. J.-C. à 1000 ans ap. J.-C.). Il a également été brièvement utilisé comme camp forestier par la Georgia Pacific Company au milieu du XXe siècle. Le site Diggity a été découvert au cours d'une reconnaissance approfondie de la voie navigable Ste-Croix en 1982, suite à laquelle on a recommandé de le fouiller, ainsi que le site de MUD LAKE STREAM. L'année précédente, la voie navigable de la rivière Ste-Croix avait été désignée aire de loisirs provinciale. La reconnaissance archéologique qui a mené à la découverte du site a été initiée parce qu'on s'attendait à une augmentation des activités humaines sur les lacs et rivières, une fois l'aire de loisirs établie.

Le site Diggity est fouillé au cours de l'été 1983. Les témoins archéologiques montrent qu'il a été visité à partir du Sylvicole moyen (il y a environ 2000 ans) jusqu'à la période historique. Six foyers sont identifiés, ainsi qu'un trou contenant du matériel historique et préhistorique. Une datation au carbone 14 obtenue à partir de l'un des foyers (aménagement No. 3) indique que celui-ci a été utilisé il y a environ 1220 ans. Des tessons de poterie décorée avec trois différents types de motif (pseudo-coquille de pétoncle, dentelé et de tige filetée) sont retrouvés dans le foyer. On croit d'abord que le foyer n'a pas été perturbé, mais la date obtenue par la datation au carbone 14 est considérée trop récente pour justifier la présence de poterie décorée de motifs pseudo-coquilles de pétoncle. Il est néanmoins possible que ces tessons aient été déplacés d'un dépôt sous-jacent lorsque le foyer a été établi.

L'assemblage d'outils de pierre taillée compte quatre styles de pointes de projectile (à pédoncule convergent, à pédoncule évasé, et à encoches baso-latérales et latérales), des forets, des outils de découpage bifaciaux, des grattoirs unifaces, des éclats utilisés, le petit fragment d'un celt (un outil de pierre avec un bord tranchant) et ce qui semble être un ulu (un couteau avec une lame en forme de croissant). L'assemblage comprend également un outil à graver, qui semble être un biface pédonculé datant de la période ARCHAÏQUE qu'on a retouché. Le traitement de la tige et le matériau de cet outil (du chert ou du quartz blanchi) concordent avec les bifaces de l'Archaïque récent du site de Mud Lake Stream. Le fait qu'on n'ait découvert aucun autre objet datant de l'Archaïque au site laisse supposer que cet artefact a été trouvé et réutilisé pendant le Sylvicole.

L'outillage de pierre piquetée et polie comprend deux lames d'herminette et un percuteur. De plus, un fragment de grès fin retiré d'un caillou (ou galet) porte un motif incisé. Celui-ci comprend deux lignes parallèles, chacune décrivant un angle droit et s'étendant sur le bord endommagé du spécimen. Des cailloux incisés tels que celui-ci sont présents sur d'autres sites dans la baie de Passamaquoddy, et plus spécialement au site de Holt's Point.

Des échantillons de sédiments recueillis dans quatre foyers contiennent des restes de plantes et d'animaux carbonisés. Les restes de plantes sont principalement ceux de BAIES comestibles, dont des framboises ou des mûres, des baies de sureau et des cerises de Pennsylvanie. Les restes fauniques, quand a eux, comprennent des ossements calcinés de CASTOR et d'OURS NOIR, ainsi que plusieurs éléments identifiés comme appartenant à un mammifère large ou moyen. La présence de foyers, de pierres noircies et éclatées au feu, de poterie, d'os calcinés et de graines carbonisées démontre que différentes activités domestiques, telles la préparation de nourriture et la cuisson, étaient pratiquées. Les pointes de projectile dénotent la chasse, alors que les grattoirs étaient probablement utilisés pour la préparation des peaux, le travail des os et, en combinaison avec les herminettes, pour le travail du bois.

Contexte régional du site archéologique Diggity

Les témoins archéologiques portent à penser qu'il existait de vastes zones de peuplement aux extrémités opposées du lac Spednic, alors que des campements logistiques de courte durée se trouvaient dans la longue zone entre les deux. Mud Lake Stream est le plus large site à l'extrémité nord du lac, alors que Diggity est reconnu pour être le plus gros des trois sites connus au sud. Les sites dans ces régions contiennent l'éventail complet de la culture matérielle que l'on s'attend normalement à retrouver dans les campements multi saisonniers. Les restes fauniques et botaniques indiquent que ces campements étaient occupés à partir de la fin du printemps jusqu'à l'automne, et la possibilité de leur utilisation hivernale ne peut être écartée. L'absence de trous de poteaux sur les sites de l'intérieur laisse supposer que les poteaux supportant les structures se situaient en surface, comme dans le cas des WIGWAMS historiques, contrairement aux structures semi-souterraines de la région de la baie de Passamaquoddy.

Voir aussiAUTOCHTONES: LES FORÊTS DE L'EST.


En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • Michael Deal and Susan Blair (eds), Prehistoric Archaeology in the Maritime Provinces: Past and Present Research, Council of Maritime Premiers, Fredericton (1991).