Électronique, industrie de l'



Électronique, industrie de l'

L'industrie canadienne de l'électronique compte plus de 1000 sociétés fabriquant des produits tels que des téléphones perfectionnés, des systèmes informatiques (voir INFORMATIQUE, APPLICATIONS DE L') et des accessoires connexes, des téléviseurs et d'autres équipements de loisir domestique, des satellites de communication (voir SATELLITE, COMMUNICATION PAR) et d'autres systèmes de TÉLÉCOMMUNICATION, des dispositifs de contrôle et de surveillance servant aux industries et à la science.

En 1993, l'industrie canadienne de l'électronique est évaluée à près de 15 milliards de dollars et représente 2 p. 100 du marché mondial. Elle fournit plus de 5 p. 100 des emplois dans le secteur de la fabrication.

À l'échelle mondiale, d'après une étude de la Banque mondiale de 1993, on prévoit que la production de cette industrie atteindra environ 1,3 million de millions de dollars, pour représenter à peu près 4 p. 100 du PIB mondial et 14 p. 100 de la valeur ajoutée en l'an 2000. La valeur ajoutée dans le secteur manufacturier par l'industrie de l'électronique a une croissance annuelle d'environ 6 p. 100, alors qu'elle est de 3,8 p. 100 pour toutes les industries manufacturières.

Impact sur les autres industries

L'industrie de l'électronique est non seulement une des industries à croissance la plus forte, mais elle a un impact important sur les autres industries, car les produits qu'elle fabrique peuvent augmenter la productivité, modifier la structure des coûts et permettre d'envisager de nouveaux produits et services. La compétitivité d'une industrie repose surtout sur sa capacité d'incorporer l'électronique. Celle-ci remplace les pièces mécaniques et électromécaniques dans beaucoup de produits, tels que l'équipement de commutation en télécommunication, les régulateurs de vitesse de moteurs électriques, les systèmes d'allumage d'automobiles et les dispositifs de commande.

Par exemple, l'électronique représente 3 p. 100 du coût d'une automobile en 1988. On estime que ce chiffre va atteindre 13 p. 100 en 1997 et près de 17 p. 100 à la fin du XXe siècle. L'avionique, ou l'électronique appliquée au domaine de l'aviation, représente déjà environ 20 p. 100 du coût d'un avion civil, un pourcentage encore en augmentation. L'électronique permet de concevoir de nouvelles machines-outils et d'améliorer les outils déjà existants. Elle touche ainsi des industries traditionnelles telles que celles du textile et de la transformation des aliments.

Secteurs de l'industrie

L'industrie canadienne de l'électronique se répartit entre trois secteurs principaux : les COMMUNICATIONS et ses composants, 71,5 p. 100 (9,84 milliards de dollars); le matériel de bureautique, 26,5 p. 100 (3,66 milliards de dollars); les produits électroniques de consommation, 2 p. 100 (273 millions de dollars). Le secteur des communications, considéré depuis longtemps comme particulièrement fort au Canada, représente une bien plus petite partie de l'industrie sur le plan mondial qu'au Canada, alors que les secteurs du matériel de bureautique et des produits électroniques de consommation sont plus importants, les ordinateurs composant presque un tiers de l'industrie internationale. Les semiconducteurs, fabriqués au Canada principalement par les fabricants d'appareils de télécommunication pour l'utilisation dans leurs propres produits, constituent un quatrième secteur important de l'industrie sur le plan international.

Alors que l'industrie peut être divisée plus ou moins selon ces grandes lignes, les limites ne sont pas vraiment étanches. En effet, le secteur des communications, par exemple, fabrique des commutateurs utilisés pour faire fonctionner les réseaux téléphoniques qui sont essentiellement des ordinateurs spécialisés. Une grande partie de la production du secteur des semiconducteurs est utilisée dans les ordinateurs, l'équipement de communication et les appareils électroniques grand public. Les contrôleurs et les logiciels mis au point pour les ordinateurs sont utilisés dans l'électronique de grande consommation, alors que les techniques de fabrication en série mises sur pied dans l'industrie électronique sont mises aussi en application dans d'autres secteurs. Fondamentalement, la même technologie de stockage optique est utilisée pour la reproduction vidéo et audio dans l'électronique de grande consommation ainsi que pour le stockage de données informatiques.

Recherche et développement

En 1993, l'industrie canadienne de l'électronique emploie environ 70 200 personnes. Elle est le plus important employeur de scientifiques et de techniciens au Canada et, d'après Statistique Canada, on y effectue en 1995 plus de 27 p. 100 de toute la recherche et développement (R-D) au pays, plus que dans toute autre industrie. En 1995, le total des dépenses en R-D en électronique est d'environ 1,9 milliard de dollars, comprenant le secteur de l'équipement de télécommunication qui représente légèrement plus de la moitié de ces dépenses, soit 1,06 milliard de dollars. L'industrie de l'électronique investit une plus grande proportion de son chiffre d'affaires en R-D que ne le fait réellement n'importe quel autre secteur de l'industrie.

Rythme de l'évolution

Cet accent mis sur la R-D va de pair avec le fait que tout change rapidement dans l'industrie de l'électronique et que les cycles de vie de produits spécifiques sont courts et raccourcissent encore. Le cycle de vie d'un ordinateur personnel, de son arrivée sur le marché à son remplacement par un nouveau modèle, peut être d'un an ou moins puisque certains fabricants lancent régulièrement de nouvelles gammes complètes à intervalles aussi courts que six mois. Les cycles de vie des produits de l'électronique de grande consommation ont été raccourcis à environ un an, alors que ceux des secteurs des instruments de mesure et des microprocesseurs sont évalués à environ trois ans.

L'impact des propres créations de l'industrie électronique sur l'industrie elle-même en est en partie responsable. Par exemple, on utilise de plus en plus des systèmes de conception et d'ingénierie assistées par ordinateur (CIAO) dans la conception de nouveaux dispositifs, ce qui permet de mettre au point et de fabriquer de plus en plus de nouveaux produits complexes plus rapidement et à meilleur coût qu'auparavant.

La plus grande partie de la fabrication canadienne s'effectue en Ontario et au Québec, le plus souvent dans les grandes villes comme Montréal, Ottawa et Toronto, où l'on trouve l'apport technologique nécessaire et les travailleurs qualifiés voulus. Vancouver est le centre principal de l'Ouest.

Télécommunications canadiennes

Le Canada reste réellement un importateur de tous les types de produits électroniques, quoique certaines compagnies canadiennes soient importantes sur le marché international de l'électronique. Il est particulièrement fort dans le secteur des télécommunications, une considération souvent liée à la géographie du pays et à sa faible densité de population, deux éléments qui ont rendu les télécommunications véritablement nécessaires pour les Canadiens. Le Canada est l'un des pays les plus développés en matière d'infrastructures : en 1993, plus de 98 p. 100 des foyers ont le téléphone et 74 p. 100 ont la télévision par câble.

Quelques sociétés canadiennes connaissent du succès à l'étranger dans certains autres domaines. Alors que le Canada est un participant peu important dans la majorité des secteurs du marché international de l'électronique de grande consommation par exemple, ses haut-parleurs audio y jouissent d'une bonne réputation.

En 1992, les exportations canadiennes de produits de l'industrie électronique totalisent 9,9 milliards de dollars, soit une augmentation de 59,9 p. 100 par rapport à 1988. Au cours de la même période, les importations passent de 14,1 à 19,2 milliards de dollars, soit une augmentation de 35,4 p. 100. Malgré un taux de croissance plus élevé des exportations, le déficit commercial dans l'industrie électronique augmente de 8 milliards de dollars en 1988 à 9,3 milliards de dollars en 1992.

Principales sociétés canadiennes

Northern Telecom Limitée, de Mississauga, en Ontario, une société cotée en bourse dont 52 p. 100 des parts appartiennent à ENTREPRISES BELL CANADA INC., est la plus grande société d'électronique et de télécommunication du pays. Elle se spécialise dans la technologie de la téléphonie et de la commutation. En 1995, son chiffre d'affaires dépasse les 13 milliards de dollars et son actif approche les 5,5 milliards de dollars, sans compter que 39 p. 100 de ses ventes se font à l'extérieur du pays. Elle compte 63 715 personnes à son service, ce qui la place parmi les employeurs les plus importants au pays. Sa gamme d'appareils de télécommunication est très vaste.

La filiale de recherche de Northern est Bell-Northern Research Ltd., d'Ottawa. Northern affecte, en 1995, une somme équivalente à presque 15 p. 100 de ses ventes, soit à peu près 2 milliards de dollars, à la R-D (dont une bonne partie à l'extérieur du Canada), comprenant des recherches poussées sur les semiconducteurs (puces de circuits intégrés). Elle se trouve parmi les 10 principaux utilisateurs de semiconducteurs au monde et est l'une des seules sociétés canadiennes à fabriquer des microplaquettes (voir SEMICONDUCTEURS ET TRANSISTORS).

Spar Aérospatiale Limitée, de Toronto, est une autre société importante dans l'industrie canadienne de l'électronique. Fondée en 1968, cette société se livre à la conception, à la mise au point, à la fabrication et à la révision de dispositifs et de produits destinés aux industries de l'aérospatiale, de l'aviation, des communications, de la défense et de la manipulation à distance. En 1995, elle emploie environ 2700 personnes et atteint un chiffre d'affaires de 527,2 millions de dollars. Elle est célèbre pour la mise au point du BRAS SPATIAL CANADIEN, le dispositif de manipulation à distance utilisé dans les navettes spatiales américaines. Spar est aussi un important fournisseur de systèmes de télécommunication par satellite et elle a mis au point une technique de captation à distance de la chaleur destinée à la détection de navires, de missiles et d'avions pour la défense et la navigation.

Mitel Corporation, de Kanata en Ontario, est un fabricant d'appareils de télécommunications et de semiconducteurs d'envergure internationale. En 1995, cette société atteint un chiffre d'affaires de 589 millions de dollars et emploie environ 3600 personnes. Elle consacre près de 7 p. 100 de ses recettes à la R-D. Mitel est aussi l'une des rares sociétés canadiennes à concevoir et à fabriquer des circuits microélectroniques perfectionnés, dont la toute dernière génération de circuits intégrés à très grande échelle (VLSI).

CAE Électronique Ltée, de Montréal, une filiale à part entière de CAE Industries Limited de Toronto, est un important concepteur et fabricant de simulateurs de vol numériques pour les avions civils et militaires (utilisés surtout pour l'entraînement des pilotes). Elle fabrique des simulateurs de salles de commande pour l'entraînement des opérateurs de réacteurs nucléaires, des dispositifs de supervision et d'acquisition de données pour les centrales nucléaires et au mazout, les sous-stations électriques, les oléoducs et les gazoducs. Elle fabrique aussi un système de visualisation et de traitement de l'information pour le CONTRÔLE DE LA CIRCULATION AÉRIENNE et a contribué à la mise au point du BRAS SPATIAL CANADIEN.

L'une des sociétés qui croît le plus rapidement dans ce secteur est Newbridge Network Corporation, dont le siège social se trouve à Ottawa et qui a été fondée en 1986 par Terry Matthews qui avait d'abord fondé Mitel avec Michael Cowpland. En 1995, Newbridge a enregistré un chiffre d'affaires de 800,5 millions de dollars, ce qui représentait une croissance de 45 p. 100 par rapport à l'année précédente, et une augmentation des bénéfices de 19 p. 100, ce qui lui a permis de se placer au 26e rang dans le classement annuel des sociétés canadiennes à croissance la plus rapide du Globe and Mail. Elle conçoit et fabrique de l'équipement de réseau local et de réseau étendu. Elle occupe une place importante dans le marché de l'équipement de réseau pour le mode de transfert asynchrone (MTA), qui peut transmettre des données, la voix et un signal vidéo à haute vitesse et qui est de plus en plus en demande à cause de l'usage croissant d'Internet à l'échelle mondiale et d'autres réseaux.

Impact environnemental

Bien que l'industrie de l'électronique soit généralement considérée comme une industrie propre, à la différence des industries aux cheminées crachant la fumée, qui constituent une grande partie du secteur manufacturier, elle soulève quelques questions en matière d'environnement. Une des questions qui ont retenu l'attention concerne l'utilisation du chlorofluorocarbure (CFC) dans la fabrication des plaquettes de circuit. La majorité des entreprises de l'électronique se sont engagées à ne plus utiliser les CFC, qui représentent une menace pour la couche d'ozone de la planète. Certains autres produits chimiques toxiques et réactifs utilisés par le secteur électronique dans le nettoyage et la fabrication soulèvent des questions sur la pollution. La législation et des programmes correctifs permettent de s'occuper de certains de ces problèmes.

Associations

Parmi les associations commerciales et les sociétés techniques dont les membres font partie du secteur de l'électronique, on trouve l'Association canadienne de technologie de pointe, l'Association des manufacturiers d'équipement électrique et électronique du Canada, l'Association des Industries aérospatiales du Canada, la Société canadienne de génie électrique, l'Association canadienne de la technologie de l'information, l'Association canadienne de l'informatique et l'Institute of Electrical and Electronics Engineers.

Voir aussi INFORMATIQUE, INDUSTRIE DE L'; GÉNIE ÉLECTRIQUE; SATELLITE, COMMUNICATION PAR; TECHNOLOGIE SPATIALE.


Liens externes